Nigéria : la légende Shola Shomala exhorte les femmes à coacher

LAGOS (Nigeria) - Le Nigeria, vainqueur des deux dernières éditions du FIBA Women's AfroBasket, suscite passablement d'admiration grâce à ses bons résultats aux niveaux continental et mondial.

Un nom revient souvent quand les récents succès sont évoqués : Shola Ogunade Shomala, capitaine de l'équipe sacrée championne d'Afrique pour la toute 1re fois en 2003.

Désormais assistante-coach en sélection nationale, Shomala se souvient : "C'est une expérience que je n'oublierai jamais. Je suis privilégiée d'avoir participé à ce chapitre de notre histoire. Le Nigeria avait cette année-là une formation très disciplinée et concentrée. J'en garde un souvenir impérissable."

Malgré ses remarquables prestations durant le tournoi continental de 2003, Shola Ogunade Shomala n'avait pas fait partie de l'effectif qui avait représenté l'Afrique aux JO d'Athènes en 2004.

Sam Vincent avait coaché le Nigeria aux JO d'Athènes en 2004

Sam Vincent avait coaché le Nigeria aux JO d'Athènes en 2004

En vraie leader, elle commente : "Parfois, nous n'avons pas ce que nous voulons, les choses ne se passent pas toujours comme on l'espère. J'étais déçue, mais en même temps ravie des performances de mes coéquipières."

Assistante du coach Otis Hughley, Shomala dit avec fierté que sa mission ne sera pas accomplie tant que davantage de femmes ne relèvent le défi de coacher en Afrique.

"Après l'expérience de 2004, je me suis dit que le mieux à faire était de m'impliquer à ma manière pour le développement du basket. Je ressentais le besoin d'aider à motiver les basketteuses et de partager mes connaissances avec elles, afin qu'elles puissent réaliser leurs rêves," note-t-elle.

"J'ai alors suivi des cours et j'ai été ensuite nommée assistante du coach du club nigérian de First Bank, qui est en fait l'équipe dans laquelle j'ai évolué sous les ordres de Ganiyu Otenigbagbe et d'Adewumi Aderemi."

Shola Ogunade Shomala (N° 4) lors des Jeux africains de 2003 à Abuja

Shola Ogunade Shomala (N° 4) lors des Jeux africains de 2003 à Abuja

Alors engagée avec First Bank, Shomala a pris part aux modules 1 et 2 de la FIBA, obtenant par la suite sa licence de coach FIBA.

Son baptême du feu en équipe nationale allait arriver en 2005, lorsque le Nigeria avait accueilli le FIBA Women's AfroBasket. 

S'exprimant sur son choix de coacher, Shomala dit se passionner pour ce rôle : "C'est ce que j'aime et j'éprouve énormément de plaisir à le faire. Je travaille plus avec les enfants, car j'estime que leur carrière doit être construite sur des bases solides."

Selon elle, le plus grand défi des femmes désireuses de devenir coachs est de trouver des plateformes adéquates pour se développer et acquérir de l'expérience.

Comme coach du club local de First Deepwater, Shomala a fait le plein de confiance en 2017, son équipe finissant au second rang du championnat national.

"Cela m'a conforté dans l'idée que les femmes peuvent avoir du succès tant sur le terrain que sur le banc de touche. Ça a renforcé ma conviction que nous pouvons faire une différence."

Aujourd'hui, Shomala fait partie du cercle plutôt exclusif des femmes ayant remporté le FIBA Women's AfroBasket à la fois comme joueuse et comme coach.

Shomala célébrant la qualification des D'Tigresses pour les JO deTokyo 2021

Shomala célébrant la qualification des D'Tigresses pour les JO deTokyo 2021

Elle admet être très fière de cet accomplissement et elle tient à remercier la direction de la fédération nigériane de basketball (NBBF).

"J'apprécie que ma fédération nationale, dirigée par Musa Kida, m'ait donné cette occasion de servir ainsi mon pays. Je suis reconnaissante envers toutes les personnes qui se sont engagées pour que tout se passe au mieux. La préparation de la sélection féminine était bien meilleure que d'habitude. Les joueuses étaient déterminées et motivées à aller conquérir le monde. Les résultats ont été le fruit de tout notre bon travail collectif," souligne-t-elle.

"Cela a été un privilège de collaborer avec Coach Otis Hughley. Il a joué un rôle prépondérant. Coach Otis est quelqu'un qui veut que tu sois toujours impliquée sur le terrain. Il est ouvert aux remarques et à la discussion. Il veut que tu apprennes, tout comme il a lui-même envie d'apprendre. En plus de mon implication technique, je joue un peu un rôle de maman."

Au vu de tous ses succès, on pourrait considérer que Shomala a déjà réalisé son rêve. Elle n'est pas du même avis : "Je ne dirais que je suis en train de vivre mon rêve, car celui-ci n'est pas juste un objectif personnel. Je veux qu'il y ait davantage de coachs féminines au Nigeria et en Afrique.

"Je me réjouis de voir des femmes, dans le futur, coacher à tous les niveaux d'âge, en clubs et en sélections nationales. Elles doivent toutefois comprendre que cela ne se fera pas tout seul, qu'il leur faudra travailler extrêmement dur avant de se voir confier de telles responsabilités. Malheureusement, beaucoup d'anciennes joueuses passionnées par le coaching sont limitées à cause de blessures."

Même si la plupart des internationales vivent à l'étranger, Shomala est elle restée au pays. Elle loue leur engagement, qui leur a permis de conquérir deux sacres continentaux consécutifs, en 2017 au Mali et en 2019 au Sénégal.

Nigéria : la légende Shola Shomala exhorte les femmes à coacher

"Nos filles sont cultivées et disciplinées, la communication est ainsi simple et il est agréable de travailler ensemble. Tout le monde comprend son rôle et celui des autres."

Concernant les succès actuels de son équipe nationale, Shomala avancent qu'ils sont le fruit de la discipline et d'une bonne préparation.

"Le fait que nous régnons depuis plusieurs années au sommet de la hiérarchie continentale signifie que nous faisons quelque chose de juste. Durant mes années de joueuse, notre plus grand défi était la préparation. Les joueuses ne se retrouvaient qu'une semaine avant les compétitions, ce qui ne facilitait pas les choses," explique-t-elle.

L'équipe nationale du Nigeria s'est illustrée en prenant la 8e place de la Coupe du Monde Féminine FIBA 2018 et elle participera une seconde fois à des JO, l'an prochain au Japon. Shomala estime que ce report est l'occasion de préparer encore mieux la sélection en vue de la tâche qui l'attend.

"Cela nous donne davantage de temps pour la planification et la préparation. À cause du confinement, de nombreuses joueuses ont été limitées, mais elles ont travaillé dur individuellement. Elles sont toutes conscientes des enjeux. Elles se sont beaucoup investies pour rester en forme. J'ai confiance en cette équipe et je suis convaincue que nous allons à nouveau surprendre le monde."

Source : FIBA

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