Amadou Fall: "Batum et Diaw sont des héros en Afrique"

Vice-Président NBA Afrique, Amadou Fall évoque le premier match NBA en Afrique. Une rencontre de gala qui se déroule ce samedi à Johannesburg (Afrique du Sud).


Déjà présente sur le continent africain depuis plusieurs années au travers de plusieurs programmes de développement et de promotion, la NBA va plus loin en 2015. Elle organise ce samedi, à l’Ellis Park de Johannesburg, en Afrique du Sud, un match de gala. Une équipe composée de joueurs africains (Luol Deng, Bismack Biyombo, Georgi Dieng…) et d’origine africaine (Boris Diaw, Nicolas Batum, Giannis Antetokounmpo…) affrontera une sélection internationale (Chris Paul, Kenneth Faried, les frères Gasol…) pour cette grande première sur le continent noir. Un «événement historique», comme l’a souligné le Sénégalais Amadou Fall, vice-Président NBA Afrique, dans une interview accordée à notre site.


Pourquoi la NBA a-t-elle décidé d’organiser ce match en Afrique ?
Amadou Fall : Je pense que ce match constitue une étape importante dans notre objectif de développement du basket et de la NBA sur le continent africain, cinq ans après l’ouverture de notre bureau à Johannesburg, en 2010. La NBA était désireuse d’apporter cette expérience authentique aux quatre coins du globe. C’est maintenant au tour de l’Afrique. Ce sera historique. Les supporters de tout le continent attendent cela avec impatience. C’est le cas depuis l’annonce de la tenue de cette rencontre, en août 2014. On a commencé à mener des actions depuis le mois dernier, au Nigeria, en Tanzanie ou au Mozambique. Et partout, l’engouement est le même chez les gens. Ça ne s’est jamais fait. C’est toujours excitant de faire partie d’un évènement historique. D’ailleurs, le match sera retransmis sur tout le continent. Nous sommes heureux que nos fans aient l’opportunité de voir ce match.


D’autant plus que le casting est pour le moins impressionnant…
Absolument. C’est aussi l’occasion de célébrer la diversité de notre Ligue. On a la chance de pouvoir constituer une équipe de douze joueurs africains et d’origine africaine. Il y aura aussi une équipe du reste du monde, avec des Américains, des Européens. C’est un événement qui, je le pense, aura une grande résonance.


Le basket souffre de l’ombre du football sur le continent africain. Ce genre événement pourrait donc contribuer à combler ce retard auprès de la jeunesse…
Oui. Le basket est déjà très populaire en Afrique. C’est le deuxième sport sur le continent. La NBA a d’ailleurs une longue histoire en Afrique, au travers des grandes vedettes qui ont joué en NBA, de Hakeem Olajuwon à Dikembe Mutombo, en passant par Manute Bol et d’autres. Aujourd’hui, on trouve Luol Deng, Serge Ibaka, Georgi Dieng… Et il y a aussi des joueurs comme Nicolas Batum et Boris Diaw qui sont des héros partout sur le continent. Tous les jeunes qui les admirent auront l’occasion de les voir en live.


Peut-on imaginer de voir une NBA avec plus d’Africains à l’avenir ?
Je le crois, oui, notamment grâce à des initiatives comme «Basketball Without Borders», depuis 2003. Il y a également divers programmes NBA Juniors au Nigeria, au Sénégal, en Ouganda ou encore en Afrique du Sud, qui consistent à offrirent aux jeunes, qui aiment beaucoup le basket, l’opportunité de pratiquer ce sport. Et puis on travaille aussi avec les fédérations locales, avec des aides en termes de coaching par exemple. Certains joueurs, comme Luol Deng, qui arrive du Sénégal où il a passé quelques jours, travaillent directement avec les jeunes au travers de camps. Serge Ibaka fait quant à lui son camp à Brazzaville (Congo). Bismark Biyombo, Georgi Dieng et d’autres jeunes joueurs le font aussi et continuent d’inspirer les générations futures. Il n’y a donc aucun doute que le nombre de joueurs africains dans la Ligue va continuer à s'accroître dans le futur.

Le principal défi pour augmenter la popularité du basket en général sur le sol africain reste sans doute celui des infrastructures…
On voit justement une belle opportunité de travailler avec les autorités locales afin de se pencher sur cette question des infrastructures. On a déjà plusieurs partenariats avec de grandes entreprises qui ont permis de construire des terrains, ou de former des entraîneurs au Nigeria ou en Afrique du Sud. Le problème de l’infrastructure se pose autant en termes physique que d’expertise. Bien sûr, il faut des terrains, mais aussi des gens pour enseigner le basket. L’opportunité unique que nous avons en Afrique, c’est justement, au-delà de l’enseignement des fondamentaux du basket, d’utiliser notre sport comme vecteur de développement social. C’est ce que nous faisons à travers «Basketball Without Borders» par exemple. C’est cette composante unique qui va permettre, je pense, aux gouvernements de continuer à travailler avec nous et à bâtir des infrastructures un peu partout en Afrique.


Vous parliez il y a quelques instants du travail avec les fédérations africaines. Quelles sont les relations entre la NBA et la Fiba Afrique sur le continent noir ?
Nous travaillons en étroite collaboration. Nous avons un partenariat avec la Fiba sur le plan mondial. La NBA a un siège au bureau exécutif de la Fiba. Alphonse Bilé et Hamane Niang, qui sont respectivement secrétaire général et président de la Fiba Afrique, sont présents à Johannesburg pour participer, avec nous, à cet évènement historique. Les deux entités sont en parfaite harmonie. On va d’ailleurs continuer à développer des programmes ensemble. On va par exemple travailler pour voir comment on peut contribuer à la promotion de l’AfroBasket (championnat d’Afrique des nations, ndlr). On cherche à multiplier les opérations en Afrique.


La NBA est également un business. Quelles opportunités de développement la Ligue voit-elle dans ce domaine en Afrique ?
C’est vrai, la NBA est une entreprise qui vise à se développer. Mais notre stratégie en Afrique est très claire : il nous faut d’abord commencer par développer le jeu et nous focaliser sur l’aspect humanitaire, qui fait aussi partie de notre ADN. On a déjà touché énormément de jeunes au travers du programme «NBA Cares» ou de «Basketball Without Borders». On a construit des infrastructures, on travaille avec un certain nombre d’associations caritatives locales ou internationales. Le tout afin de développer la jeunesse, d’abord sur le plan humain. Si on parvient à accomplir cette mission, le business suivra forcément par la suite.

BATUM : «NORMAL DE RENDRE UN PEU À NOS PAYS D’ORIGINE»


«Participer à ce match n’a pas été une décision évidente à prendre, a expliqué Nicolas Batum. On n’en a pas beaucoup parlé avec Boris (Diaw). Mais certaines choses sont difficiles à refuser... On a la chance, avec Boris, d’avoir deux cultures. Ça fait des années que l’on donne à l’équipe de France, donc on trouvait normal de rendre un peu à nos pays d’origine pour quelques jours. Un match comme ça, c’est historique. On se devait d’y participer. On le fait avec plaisir, même si il y a quelques contraintes par rapport à l’équipe de France. On a parlé avec la Fédération. Ils ont été tout de suite d’accord et ils ont compris pourquoi on devait le faire. On y va, mais on ne fera pas les fous non plus. Le voyage est long mais il n’y quasiment pas de décalage horaire, donc on ne va pas être perturbé par ça.»

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