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Retour sur le voyage de Nico Batum au Cameroun

Publié par News Basket Bêafrika sur 21 Novembre 2012, 10:15am

Catégories : #AFRIQUE

 

Star de la NBA, Nicolas Batum est l’un des grands espoirs de l’équipe de France de basket depuis certaines années. D’origine camerounaise, le joueur s’investit aussi beaucoup pour l’Afrique. Il a créé l’association Batum Mama pour venir en aide aux mamans africaines.

 

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Nicolas Batum est un homme des airs. Surnommé «Batman», il culmine à 2,03 mètres pour 100kg. Depuis 2008, sous le maillot des Trail Blazers de Portland, ses dunks ravageurs font la joie des basketteurs en herbe.

 

Par dizaines, ses fans collectionnent ses posters stratosphériques sur les murs de leur chambre. De la hauteur, il en prend souvent. C’est d’ailleurs dans le ciel, qu’il passe une grande partie de son temps.

 

Avec 66 matchs concentrés sur quatre mois la saison dernière en raison du lockout de la NBA (conflit entre les propriétaires de clubs et le syndicat des joueurs), le Français a enchaîné les voyages en avion.

 

De Miami à Los Angeles, en passant par Boston ou San Antonio, la vie d’une star des parquets ne connaît pas de temps mort. «On joue quatre à cinq fois par semaine des fois. C’est un rythme fou», explique Nicolas Batum.

 

Sur la terre de ses ancêtres

 

En début de été dernier, il était une nouvelle fois à l’aéroport, mais cette fois-ci pas de voyage américain. C’est pour l’Afrique que le sportif s’est envolé durant quatre jours. Destination, le Cameroun.

 

«Je suis parti faire de l’humanitaire avec l’association Giving Back. On m’a demandé d’être un ambassadeur. Ce sont des sportifs, des artistes, des modèles, tout ce qui touche à la culture africaine.»

 

Au programme de ce séjour marathon, des visites d’orphelinats, une rencontre avec la légende locale, le footballeur Roger Milla, et des interviews avec les médias locaux. Mais entre deux événements officiels, le basketteur en a surtout profité pour renouer avec ses racines camerounaises.

 

Son père, Richard Batum, était originaire d’Eseka, près de Yaoundé, dans le centre du pays. Une figure paternelle partie trop tôt. Basketteur professionnel à Proville dans le Nord-Pas-de-Calais au début des années 90, il meurt d’une crise cardiaque en plein match, alors que Nicolas n’a que deux ans.

 

«Je veux comprendre d’où je viens»

 

Le fils a depuis suivi ses pas sur les parquets, et aujourd’hui il remonte le fil de ses origines.

 

«C’était important pour moi de venir au Cameroun. La dernière fois que j’y suis allé, j’avais 13 ans, se souvient-il. On ne comprend pas vraiment à cet âge là. Je veux comprendre d’où je viens, car je ne suis pas que français, je suis aussi camerounais.»

 

Pendant une journée, dans le village natal de son père, la vedette de la NBA a été accueillie par toute sa famille. Les yeux brillants, le grand gaillard raconte avec émotion ses retrouvailles.

 

«Au début, j’avais peur, mais on m’a très vite accepté. Cela m’a fait du bien de les voir. Ils me suivent aussi. Ils sont très fiers de moi, j’étais assez content de ça. On a été très proches, mais ils étaient un peu énervés car je n’avais pas apporté de maillots. Il faut que je leur en envoie!», plaisante le joueur.

 

 

«Elle devait rester une journée, et elle y a passé sept jours!»

 

Fier de sa double identité, Nicolas Batum n’a pas voulu se contenter de ses visites sur la terre de ses ancêtres.

 

«Quand je suis passé professionnel, je me suis toujours dit qu’il fallait que je rende quelque chose et surtout au continent africain».

 

Il y a deux ans, l’idée de créer une association et de rendre hommage à son père s’impose dans son esprit. Il en discute avec sa mère Sylvie et sa sœur Pauline, mais sans savoir à quoi se consacrer. Ce sont finalement les deux femmes qui ont le déclic lors d’un voyage au Sénégal.

 

«La NBA organise un camp de basket en Afrique tous les ans. Ils invitent souvent des parents de joueurs. Ma mère y était avec ma sœur, et elles ont visité une pouponnière dans la ville de M’Bour. Elle devait rester une journée, et elle y a passé sept jours! Elle a eu du mal à partir. Cela l’a marqué, quand elle a vu des bébés d’à peine quelques heures qui avaient été abandonnés», se souvient le basketteur.

 

Batum Mama

 

Très proche de son fils, sa mère l’appelle immédiatement après ce séjour.

 

«On en a déduit qu’il fallait vraiment aider les jeunes femmes enceintes pour leur donner l’opportunité d’accoucher décemment et de garder leur bébé en leur offrant une formation professionnelle», précise Sylvie Batum.

 

Le joueur donne tout de suite son accord. L’association Batum Mama était née.

 

Depuis, la chef de famille désormais à la retraite se consacre à temps plein à ce travail humanitaire. De tournois de baskets en kermesses sportives, Sylvie Batum parcourt la France. Tee-shirts, bracelets, mugs à l’effigie du sportif, tout est bon pour récolter des fonds. Le but: la construction d’un village autonome au Sénégal pour donner un toit à de jeunes mamans et à leurs bébés.

 

Dès qu’il a un moment de libre, le fils prodige donne aussi de sa personne avec des séances de dédicace ou des ventes aux enchères de ses maillots.

 

«L’association a un impact car c’est le nom Batum. Si c’était Dupont, cela n’aurait pas le même investissement. Plus Nicolas monte en puissance, plus il est apprécié et plus cela déteint sur l’association, constate sa mère. C’est notre bébé à tous les trois, c’est notre histoire de famille.»

 

Visiblement, ce voyage effectué l'été dernier au Cameroun a fait beaucoup de bien à Nocolas Batum qui réalise actuellement un début de saison de feu en NBA, battant deux fois de suite son propre record de carrière après une performance monumentale contre Houston Rockets. Les orignes resteront les origines...

 

 

 

 

 

 

 

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