En saison, Strasbourg a dominé Nanterre à domicile (87-68) comme à l’extérieur (79-69). Mais les compteurs sont remis à zéro pour cette finale au meilleur des cinq manches, une modification en LNB après huit champions sacrés à Bercy. Analyse des duels.
Les meneurs
Strasbourg impressionne notamment par sa sérénité, sa capacité à garder la tête froide dans les moments importants. Or à ce niveau, l’importance de sa doublette de meneurs est primordiale : Louis Campbell et Aymeric Jeanneau, voilà un duo qui regorge d’expérience et de sang-froid. Tous deux sont de vrais patrons, qui pensent à la passe avant le tir, mais qui savent prendre leurs responsabilités dans les moments importants.
L’Américain est de plus un chien de garde référencé tandis que le Français fournit également sa dose d’efforts de ce côté du terrain. Ils devront d’ailleurs mettre une forte pression sur leurs vis-à-vis, car à Nanterre, les meneurs sont des dangers permanents. Chris Warren, tout en vitesse, est capable de dégainer à tout moment, et Trenton Meacham, dans un style moins vif, plus en dribbles et feintes, est également un spécialiste du tir à longue distance. Si les deux Américains, régulièrement alignés ensemble sur le parquet, prennent feu, alors Nanterre devient quasiment irrésistible.
Les arrières-ailiers
Dans la demi-finale contre Chalon, il a livré deux parties remarquables, et ce des deux côtés du terrain. Il, c’est David Lighty. En défense, l’ailier américain de Nanterre resta bien collé aux basques de Blake Schilb, et fut irrésistible offensivement. Il a cumulé contre l’Élan 52 points à 8/11 à trois-points, 17 rebonds, 8 passes, 16 fautes provoquées pour 67 d’évaluation en 81 minutes ! Outre l’ancien de Cantu, la JSF dispose au poste 3 d’un autre spécimen redoutable en défense, celui qui est surnommé «La sangsue», à savoir Marc Judith. En rotations au poste 2, Xavier Corosine, double vainqueur du concours à trois-points, amène son adresse et Jérémy Nzeulie sa densité physique.
Quant à la SIG, elle ne dispose pas d’un go-to-player extérieur comme Lighty, mais de plus d’armes avec l’expérimenté Jeff Greer, le sniper John Shurna, le duo de jeunes Français Axel Toupane-Hugo Invernizzi. Le dernier arrivé, Jason Siggers, pigiste médical de Gerald Fitch, s’est parfaitement acclimaté et pourrait tenir le rôle du facteur X dans cette série.
Les intérieurs
La raquette : voilà, a priori, là où Strasbourg part avec un grand avantage, haut de plus de 2,10 m. La SIG peut se targuer d’aligner trois pivots de très grande taille, Alexis Ajinça et Romain Duport (2,15 m) plus Nicolas De Jong (2,10 m), là où les pivots franciliens culminent à 2,04 m pour Juan Palacios et 2,00 m pour Johan Passave-Ducteil.
En saison, Ajinça, 2e à l’élection du titre de MVP français derrière Edwin Jackson, a causé bien des ravages dans la raquette de la JSF : 14 points, 10 rebonds et 2 contres en 23 minutes à l’aller, 23 points, 7 rebonds et 1 contre en 27 minutes au retour. Il détient peut-être la clé de cette série.
Au poste 4, Nanterre est affaibli, ayant perdu Chris Oliver sur blessure depuis le premier match des playoffs. Pour ne pas casser sa dynamique, le club n’a pas fait appel à un pigiste médical, et intégré l’espoir Jerry Boutsiele. Stephen Brun, shooteur référencé, est donc le seul ailier-fort de l’équipe. Lui l’ancien de Nancy trouvera face à lui un autre ancien Cougar, Ricardo Greer, la véritable plaque tournante de la SIG. Trois pivots à 2,10 m, un ancien MVP du championnat, et ça ne suffit pas ? Il ne faut pas oublier l'international centrafricain Maxime Zianveni, véritable soldat, capable de rendre de précieux services, notamment en défense. Le mur alsacien est prêt, les Franciliens sauront-ils le contourner ?