Le basket marche sur la tête. À quinze jours, du terme de la saison, on s'interroge sur les qualifications européennes. Invraisemblable !
Vous aimez le basket, vous voulez savoir quels seront les clubs français qui disputeront les coupes européennes. Dans quelles compétitions ? Vous attendrez un peu !
On sait quand même que le champion de France participera à l'Euroligue (les matches se disputeront le vendredi), le finaliste devait être inscrit au tour préliminaire. Jusqu'à hier... où la Turkish Airlines Euroleague, via son site Internet, a indiqué que la France pourrait bien avoir le droit à deux tickets pour le tour principal en 2012-2013. Un pour le futur Champion de France Pro A, un pour le finaliste bien évidemment.
Le meilleur des demi-finalistes des playoffs intégrerait l'Eurocoupe. « Mais on ne sait pas à l'heure actuelle s'il y aura deux ou trois clubs français en Eurocoupe comme l'an dernier », précise Jean-Pierre Goisbault, le président de l'Union des clubs professionnels qui s'arrache les cheveux. L'Uleb envisageait de passer de 32 à 64 clubs. Dossier en attente. C'est la bouteille à l'encre pour rester poli. La Fiba Europe dont le secrétaire général n'est plus aux commandes et qui organise l'Eurochallenge (32 clubs ?) qui passionne si peu les foules, est actuellement aux abonnés absents. La Ligue et la FFBB essaient d'y voir plus clair dans ce maelström. Sans succès.
Une pétaudière dont la première victime pourrait être Gravelines. Malgré l'une des plus belles saisons jamais réalisée par un club en Pro A (27 victoires, 3 défaites), du jamais vu depuis Pau en 2003, le BCM n'est pas a priori qualifié pour l'Europe.
Les règlements, qui ne sont pas toujours les meilleurs amis de l'éthique sportive, ne prévoient en effet rien pour le premier de la saison régulière éliminé dès les quarts de finale de playoffs. « C'est honteux, honteux ! Un bilan comme le nôtre, et à l'heure qu'il est, on n'est même pas sûrs d'être européens, on n'a rien », fulminait, mardi soir, Hervé Beddelem. L'Eurochallenge fera-t-il une petite place aux Nordistes ? On attendra pour savoir.
Quid de la lisibilité dont le basket a tant besoin ? « Dans aucun sport professionnel, on ne voit une pareille incertitude, je ne suis pas loin d'un sentiment de colère », note Jean-Pierre Goisbault.
On patientera donc pour savoir à quelle sauce Le Mans et Cholet seront définitivement accommodés même si on peut penser que l'Eurocoupe accueillera une, voire les deux formations en fonction des résultats.
Pour le reste, toutes les options sont ouvertes en espérant que les « grands » décideurs du basket européen sortent rapidement de leur sieste prolongée. Une torpeur coupable et inadmissible lorsqu'on gère un sport professionnel.
Source: Alain MOIRE (Ouest de France)