Tombeurs de Nancy, le champion de France sortant, puis de sa bête noire, Cholet, en demi-finale, les Manceaux ne doutent plus de rien en débarquant à Bercy. Surtout pas d’eux-mêmes.
On a à peu près tout dit, et tout entendu, à propos du Mans cette saison. Que l’équipe de JD Jackson possédait sans aucun doute un des effectifs les plus talentueux du championnat. Qu’elle tenait avec la paire Rochestie – Batista sûrement ce qui se fait de mieux en matière d’axe meneur de jeu – pivot. Mais qu’elle manquait, a contrario, par trop de dureté, de caractère, pour survivre en playoffs dans une série en trois matches face à des équipes comme Gravelines, Cholet ou Nancy.
C’était avant que les Manceaux ne fassent mentir les mauvaises langues en éliminant coup sur coup, Nancy en quarts de finale, puis Cholet, en demie. Les deux fois en trois manches.
Une réponse cinglante aux critiques qu’a longtemps focalisées le MSB cette saison. Jusqu’à ce match catastrophe à Antarès (64-89) en ouverture des playoffs face à Nancy. Paradoxalement le match fondateur pour un groupe qui, adossé au mur, a trouvé les ressources nécessaires pour se remobiliser et aller l’emporter au match retour en Lorraine.
Un caractère bien trempé
« C’est un faux pas qui nous a faits du bien, confirmait après coup le coach sarthois dans les colonnes de notre confrère « Basket News ». Ce premier match, on n’était encore pas rentrés dans les playoffs et on a pris leur intensité en pleine tronche […] Mais qu’on arrête de me parler de caractère, de ceci ou de cela… Le caractère, ça ne s’acquiert pas en trois jours. Tu l’as ou tu ne l’as pas. Mais je ne vois pas pourquoi, sous prétexte que l’on a beaucoup de talent, on n’aurait pas de caractère » se défend l’ancien ailier prodigue de l’ES Prissé-Mâcon 1998-99, courroucé du faux procès qu’on a trop longtemps fait à son équipe cette saison.
C’est en effet en défendant le plomb que J.P. Batista et ses coéquipiers, deuxième attaque du championnat derrière Chalon, sont allés chercher leur qualification pour Bercy.
Eux qui avaient pris l’habitude de concéder plus de 78 points (seulement 11 e défense avec 78,6 pts de moyenne encaissés par match) à leurs adversaires en saison régulière, ont abaissé la réussite de Cholet à 72 pts lors de leur série victorieuse face aux champions de France 2010.
Sommerville le symbole
Symbole de cet état d’esprit solidaire et conquérant, un Marcellus Sommerville, investi de nouvelles responsabilités depuis son arrivée dans la Sarthe. Passé par deux fois par l’Elan, lors des playoffs 2007 puis en 2009 avant son remplacement par Taj Gray, l’ailier US s’est imposé comme le leader d’un MSB qui entend bien capitaliser sur ses succès sur Nancy puis Cholet pour aller décrocher cet après-midi (17 h) un cinquième titre de champion de France.
« Marcellus, poursuit JD Jackson est pour beaucoup dans la solidarité de ce groupe. C’est le vétéran. Il a la parole et le savoir-faire. Il est capable d’être un leader ».
L’ancien Choletais sera à n’en pas douter un des hommes à suivre de cette finale. Au même titre qu’un certain Alex Acker. Très discret depuis le début de ces playoffs (9,5 points de moyenne), l’arrière US du MSB sera un peu le baromètre des chances chalonnaises. Car si l’Elan parvient à limiter son son rendement et son influence sur le collectif manceau, le trophée ne sera certainement pas loin.