La Serbie était passé tout près de réaliser la nuit dernière ce qui aurait été le plus grand exploit des Jeux Olympiques contre l'équipe américaine. Menés de 18 points en début du match (23-5), les Serbes ont réussi à revenir dans la partie avant de pousser les Américains dans leur dernier retranchement avant de s'incliner à 5 secondes du son de la sirène (97-94). La Serbie a impressionné par sa qualité de jeu très collectif et a reçu beaucoup d'éloges. De leurs côtés, les Américains ont montré voir même confirmé (après l'Australie) qu'ils ne sont vraiment pas du tout à l'aise quand l'adversaire se met à bouger la balle.
Et à juste titre, l'une des clés de la performance des Serbes était qu'ils ont jamais été intimidés par leurs adversaires. "Ils sont tout simplement des joueurs. Si vous pensez à qui ils sont, tu ne vas pas être bon», a déclaré Nikola Jokic. Le pivot des Denver Nuggets, auteur d'une excellente prestation avec 25 points et 6 rebonds.
"Nous nous sommes réchauffés après avoir raté notre début de match. Et ensuite, nous avons montré que nous pouvons jouer contre eux, a ajouté Miroslav Raduljica, le pivot de Milan. Il avait donné beaucoup de mal aux joueurs de Team USA avec ses 18 points, avant qu'il quitte ses partenaires en raison de cinq fautes.
Il a continué en disant que "je pense que certains de nos actions les agaçait. Peut-être qu'ils nous ont un peu sous-estimé. J'ai l'impression qu'ils étaient parfois en colère à ce sujet ".
La Serbie a excellé en attaque avec un certain jeu de passes notamment très efficace. "Nous aimons quand nous jouons comme ça. Et je pense qu'il est beau de nous voir jouer comme ça aussi »
Le match
Dans une Carioca Arena 1 transformée en fin de match en salle Pionir sous l’impulsion de quelques chauds supporters serbes mais surtout d’une majorité de spectateurs brésiliens ravis d’une fin de match à suspense, les Etats-Unis ont eu très chaud dans le dernier quart-temps face aux hommes de Sasha Djordjevic, revenus à 3 points. Malheureusement pour la Serbie, l’ultime tentative à longue distance de Bogdanovic a touché le cercle, privant son équipe d’une prolongation qui aurait récompensé les belles séquences collectives orchestrées par Teodosic.
Comme souvent quand elle entre dans le monde FIBA, Team USA s’en est sortie par ses qualités individuelles, la vitesse et la puissance plus que par l’intelligence tactique. Est-ce par défaut de concentration ou manque d’envie que les partenaires de Kevin Durant se sont fait de telles frayeurs, après une première période globalement maîtrisée ? Le futur joueur des Warriors fut assez moyen, laissant Kyrie Irving réussir plusieurs actions de classe.
Au fil des minutes, la science du jeu serbe et les embarras américains sur demi-terrain ramenèrent du suspense à ce match, remake de la finale de la Coupe du monde 2014 en Espagne. Avec une palette presque infinie, Teodosic fit plusieurs fois rugir de plaisir la Carioca Arena 1, mais ses partenaires manquèrent donc d’un brin de sang-froid dans le money-time, comme Bogdanovic on l’a dit mais aussi Jokic juste auparavant, sur une brique du plus mauvais effet.