Golden State-Cleveland : un air de déjà-vu, une ère jamais vue

Jamais auparavant en NBA et très rarement dans le sport professionnel nord-américain, les deux mêmes équipes se sont affrontées trois années de suite pour le titre suprême, mais Golden State et Cleveland réécrivent l'histoire et n'ont sans doute pas fini.

Comme en 2015 et 2016, la finale NBA opposera à partir de jeudi Golden State et Cleveland.

Les Warriors ont remporté le titre 2015 (4-2) et les Cavaliers ont pris leur revanche un an plus tard après un incroyable et historique retour (4-3). La finale 2017 est donc la « belle » et va donner l'ascendant à Stephen Curry et à ses coéquipiers ou à LeBron James et compagnie.

« Quand on analysera plus tard cette période, on verra qu'il y avait deux superbes équipes en concurrence pour le titre et qui faisaient tout pour se retrouver en finale », a résumé « King James », le roi auto-proclamé de Cleveland et de la NBA.

Même les Celtics et les Lakers, les deux franchises de la NBA les plus titrées de l'histoire, n'ont jamais réussi à se retrouver avec une telle assiduité dans les années 1960 et 1980 quand elles écrasaient pourtant la concurrence.

Une telle domination simultanée de deux équipes n'a que trois précédents dans les autres grands championnats nord-américains et tous datent d'une autre époque du sport professionnel.

Collision dynastique

Les Yankees de New York ont ainsi disputé les Séries mondiales trois fois de suite contre leurs voisins des Giants, avant leur déménagement à San Francisco, en 1921, 1922 et 1923.

En football américain, le titre s'est joué entre 1952 et 1954 entre Cleveland et Detroit, deux équipes retombées depuis dans le plus grand anonymat.

Dans les années 1950 encore, dans la LNH alors composée de six équipes, Detroit et Montréal se sont défiés trois années de suite (1954, 1955, 1956) pour la Coupe Stanley.

L'épisode 3 du duel Golden State-Cleveland consacre donc, à une époque où la concurrence et les budgets n'ont jamais aussi élevés, la collision inédite de deux dynasties flamboyantes.

L'une est dirigée par l'un des meilleurs joueurs de l'histoire, LeBron James, qui va disputer à 32 ans sa septième finale NBA consécutive!

Le no 23 de Cleveland est le premier joueur de l'histoire à disputer quatre finales avec deux équipes différentes, Cleveland, son équipe de 2003 à 2010 et depuis 2014 (2007, 2015, 2016, 2017), et Miami (2011, 2012, 2013, 2014).

Une seule défaite en séries

Mais Cleveland n'est pas l'équipe du seul « King James » : pour décrocher son quatrième titre NBA, après 2012, 2013 et 2016, il peut s'appuyer sur Kyrie Irving, déterminant lors de la finale 2016, et sur Kevin Love, qui réalise sa meilleure saison depuis son arrivée à Cleveland.

Golden State aussi a plusieurs phénomènes dans son effectif : Stephen Curry, redoutable machine à enquiller les tirs à trois points, Kevin Durant, arrivé l'été dernier, ou encore Draymond Green.

Si ses stars n'exercent pas la même fascination que LeBron James et n'ont pas son charisme et/ou ego, Golden State s'en accommode bien, car les Warriors sont l'équipe d'un credo insufflé par son entraîneur depuis 2014 Steve Kerr : « Strength in numbers », ou le collectif comme force.

Résultat, ils sont arrivés en finale sans perdre un seul match de séries. Cleveland n'a concédé de son côté qu'une défaite, jamais deux finalistes n'avaient été aussi expéditifs.

« Cela annonce une finale serrée, d'autant que les deux équipes sont encore plus fortes qu'il y a un an », note Kerr.

Et il n'y a aucune raison, vu l'état de la concurrence, que ce duel au sommet ne se prolonge pas en 2018 et même au-delà.

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