Le MVP des Finales NBA jusqu’ici, c’est bien Draymond Green

«Draymond Green est le MVP des Finales sur les deux premiers matches.» L’analyse est signée Magic Johnson, sur Twitter. Elle est frappée du sceau du bon sens. L’intéressé avait déjà brillé en défense et terminé avec 16 points, 11 rebonds, 7 passes décisives, 4 interceptions et 1 contre en 40 minutes jeudi dernier, lors de la première manche (victoire de Golden State, 104-89). Dimanche soir, c’est un festival offensif qu’il a proposé au public de l’Oracle Arena, avec 28 points en 34 minutes, dont 9 lors du 20-2 qui a permis à Golden State de prendre les commandes au score dans le deuxième quart-temps. Egalement auteur de 7 rebonds, 5 «assists» et 1 interception, le tout en contribuant largement à l’effort défensifs du club californien, l’intéressé a converti 5 de ses 8 tirs primés (11/20 au total). Dont un triple en sortie de dribble, «à la Curry». Sur le banc à ce moment-là, Stephen Curry s’écroulait sur sa chaise, la tête entre les mains et un large sourire aux lèvres, abasourdi par la réussite insolente de son coéquipier, sur un nuage.


Les Cavs l’ont laissé ouvert, Green leur a fait payer le prix
Steve Kerr a bien fait de lui envoyer un texto à la veille du match pour lui demander de prendre ses responsabilités en attaque : «Le coach m’a dit que ça pouvait être une grande série pour moi, de prendre mes shoots quand l’opportunité se présente», a glissé Green après la rencontre, sur ABC, ne manquant pas de rendre hommage aux Cavaliers, qui sont «trop bons» pour imaginer que les Warriors ont définitivement trouvé la clé. Lesquels Warriors restent tout de même sur sept victoires consécutives face aux Cavs, en comptant les Finales 2015 et 2016, ainsi que les confrontations directes en saison régulière. Le tout avec moins de 40% de réussite aux tirs en moyenne pour les joueurs de l’Ohio dans ces sept rencontres ! Cleveland qui a, bien souvent, fait le choix de laisser Green ouvert lors du deuxième match de la série, focalisant leur attention sur Stephen Curry et Klay Thompson, respectivement auteur de 18 et 17 points.


" Tout est parti de notre défense, mais on devra faire mieux offensivement parlant à Cleveland "
Steve Kerr


«On a beaucoup d’excellents défenseurs», souligne Green. Ça s’est vu dimanche soir, avec au final 35,4% aux tirs (5/23 à 3 pts) et 18 pertes de balle pour Cleveland. «La défense, c’est ce qui fait la différence pour nous, martèle Curry. Quand on fait des stops, qu’on prend des rebonds et qu’on est en mesure de pousser le ballon en transition, d’utiliser notre vitesse et nos qualités d’organisation à tous les postes, c’est là qu’on est à notre meilleur niveau. On ne peut pas le faire sans réaliser des stops. Et on a fait du bon travail en les perturbant, en les forçant à prendre des shoots difficiles.» Même son de cloche du côté de Steve Kerr : «Tout est parti de notre défense, mais on devra faire mieux offensivement parlant à Cleveland». Les Dubs ayant shooté à 54,3% (15/33 à 3 pts), avec 26 passes sur 44 paniers, mais 21 pertes de balle.
Green peut réciter de tête les 34 joueurs sélectionnés avant lui à la Draft 2012

Mais comme l’a dit Magic, au-delà des prouesses défensives des Warriors dimanche et du carton du banc jeudi dernier, le MVP des Finales NBA jusqu’ici, c’est bien Draymond Green : «Il fait un peu de tout pour nous, savoure Steve Kerr. C’est toujours l’un de nos joueurs les plus importants et il a réalisé un sacré match.» Et dire que Green n’avait été choisi qu’en début de deuxième tour lors de la Draft 2012, à sa sortie de la fac de Michigan State. Un camouflet pour l’intéressé, qui a récemment démontré qu’il connait, par cœur, les noms des 34 joueurs appelés avant lui… Symbole de l’état d’esprit du garçon, qui dérape parfois, mais qui est le leader de cœur de cette équipe de Golden State, un compétiteur né et un guerrier des parquets. Un ailier de 2m01 reconverti ailier fort, qui joue bien souvent en tant que pivot dans le petit cinq de Steve Kerr à Golden State. Un joueur doté d’une qualité de passe extraordinaire et qui a délivré plus de passes décisives que bien des meneurs de jeu tout au long de la saison régulière (7,4 pds/match, 7e de la NBA).


Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, on est bien obligé de reconnaître sa valeur

Que ressent le double MVP Curry quand il voit ses partenaires faire le show depuis le banc ? «C’est la raison pour laquelle nous en sommes-là et qui fait que nous avons gagné l’an dernier : chaque soir, c’est un nouveau joueur qui a un impact, vous ne savez jamais d’où ça va venir d’un match à l’autre, a-t-il expliqué, à chaud, sur ABC. On doit rester concentré et j’espère qu’on va décrocher deux victoires de plus.» Dimanche, c’était donc au tour de Draymond Green de briller un peu plus que les autres, lui qui n’a pas ressenti une once de doute quand son équipe était menée 1-3 contre OKC. C’est du moins ce qu’il avait dit devant les médias à ce moment-là, promettant une qualification des Dubs. Confiant, arrogant, parfois agaçant, Green, on l’aime ou on le déteste. Mais on est bien obligé de reconnaître sa valeur et son impact.
«La seule chose qu’on ait réussie à faire jusqu’ici, c’est de défendre l’avantage du terrain. Au final, c’est comme si on n’avait gagné qu’un match», assure Draymond Green, 26 ans. Un peu plus que cela en fait : sur 28 précédents, les équipes menant 2-0 après les deux premiers matches des Finales ont été sacrées 25 fois, contre trois retournements de situation (Lakers en 1969, 76ers en 1977 et Mavericks en 2006).

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