Les Lakers, la peur du lendemain

Les Lakers entreront dans une nouvelle ère mercredi après leur dernier match de la saison 2015-2016, contre Utah : la célèbre franchise californienne va perdre sa mégavedette Kobe Bryant qui va prendre sa retraite à 37 ans et laisser un vide difficile, voire impossible, à combler.

Pendant vingt saisons, et même si ses blessures à répétition ont gâché la fin de son règne, Bryant a fait la pluie et le beau temps à Los Angeles et dans la NBA : il a offert aux Lakers cinq titres et élargi la popularité de la franchise aux célèbres maillots jaunes à travers le monde.

Mais jeudi matin, au lendemain des adieux de Bryant au Staples Center, ses dirigeants se retrouveront devant une équipe à reconstruire totalement après les trois pires saisons de son histoire, sans qualification en séries.

Ils doivent d'abord trouver un successeur à leur emblématique no 24 : avec 55 millions de dollars disponibles, dont 25 économisés pour le seul salaire de Bryant, la deuxième franchise la plus prospère et la plus titrée de NBA a des arguments de poids pour séduire un ou deux joueurs de concession, ceux qui deviennent le visage d'une équipe.

L'exemple Golden State

La fine gâchette d'Oklahoma City Kevin Durant arrive en fin de contrat avec le Thunder et a le profil idéal, mais le joueur par excellence de la saison 2013-2014 veut remporter le titre NBA, plutôt que de s'atteler à la reconstruction des Lakers qui devrait prendre plusieurs saisons.

Les propriétaires des Lakers, la famille Buss, dépassée par les événements depuis le décès du patriarche Jerry en 2013, ne peuvent sans doute pas faire l'économie d'une révolution interne qui devrait coûter leur poste au directeur général Mitch Kupchak et à Byron Scott, l'entraîneur depuis juillet 2014 qui a dû sa survie cette saison à sa proximité avec Bryant.

Comme Phil Jackson, l'entraîneur qui leur a offert leurs cinq derniers titres NBA et qui partage la vie de la présidente Jeanie Buss, tente de relancer les Knicks de New York, les Lakers pourraient suivre l'exemple de Golden State : les Warriors dominent la NBA depuis qu'ils ont confié, en juillet 2014, leur équipe à un ancien joueur et entraîneur débutant, Steve Kerr.

Leur cible serait Luke Walton, passé par les Lakers et l'un des adjoints de Kerr qui a conduit Golden State à 39 victoires en 43 matchs pendant la première partie de la saison en l'absence de son patron, convalescent après deux opérations du dos.

Comme en 1991

Mais si les Lakers devaient choisir Walton ou encore Scott Brooks, libre depuis son départ d'Oklahoma City où il a disputé, et perdu, la finale 2012, ils n'ont aucune garantie d'imiter rapidement Golden State.

Ils ont bien quelques pépites dans leur effectif, comme Julius Randle, 21 ans, D'Angelo Russell, 20 ans, Jordan Clarkson, 23 ans, et Larry Nance, 23 ans, mais aucun ne semble avoir l'étoffe d'un Stephen Curry, le meilleur joueur actuel de la NBA qui enchaîne les paniers à trois points à un rythme effréné.

Plus grave, la jeune garde des Lakers a montré durant la saison 2015-2016 un inquiétant manque de maturité, comme lorsque Russell a publié sur les réseaux sociaux une vidéo compromettante pour l'un de ses coéquipiers.

« Il n'y a pas eu du passage de flambeau, cela se mérite, ce genre de choses doit se passer naturellement », a regretté Bryant qui espérait devenir le mentor de son successeur.

Les Lakers se sont déjà trouvés dans une situation similaire : il leur a fallu patienter cinq ans pour se remettre des départs à la retraite, en 1991, de Kareem Abdul-Jabbar et Magic Johnson. Leur sauveur, un prodige quasi inconnu du grand public, s'appelait Kobe Bryant.

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