Sur la photo, le coach Rodney Koizo avec l'équipe espoir d'OCK au Maroc
Nous avons eu le plaisir d'avoir un entretien avec Rodney Koizo dit "Kito" résident actuellement à Marrakech au Maroc qui a bien voulu répondre à nos différentes questions sur l'avenir du basket-ball Centrafricain mais aussi sur sa reconversion après sa belle carrière avec le club Centrafricain de l'ASOPT.
NBB: Bonjour Rodney Koizo, veuillez vous présenter à tous nos lecteurs...
Rodney Koizo: "Je suis Gilles Rodney Koizo Mbeabouamet, connu sous le nom Sergent katanga Alias kito, ancien basketteur de l'équipe ASOPT en République Centrafricaine.
NBB: Après votre belle carrière avec l'équipe de l'ASOPT, vous avez pris la décision d'en mettre un terme. Qui est-ce qui vous a emmené au Maroc? Et que faites vous en ce moment dans ce Royaume?
Rodney Koizo: "Après une belle carrière avec l'équipe ASOPT, j'avais pris la décision de mettre un terme à ma carrière de basketteur pour des raisons personnelles ensuite je suis venu au Maroc dans l'objectif de finir mon cursus universitaire. En dehors de celui-ci, j'ai intégré une équipe de basket-ball de deuxième division dont je suis un membre du comité et en parallèle le coach de la catégorie espoir. Cette équipe s'appelle OCK (Olympique Club de Khouribga)".
NBB: En tant qu' ancien joueur d'ASOPT, quel souvenir gardes-tu de cette belle époque?
Rodney Koizo: "Étant un ancien joueur de l'équipe ASOPT, j'ai gardé beaucoup de souvenirs de cette époque, si je me rappelle bien, on a remporté trois titres de championnat national ce qui nous avait permis de participer au championnat d'afrique des clubs à Libreville au Gabon en 2001 avec Guy Mbongo, Hassan Abdoul, Tintin Larma, Mayélé Célestin, pipo kossangué, Mbèssè, Davi kpossa etc... voilà l'un des souvenirs marquants de cette époque".
NBB: Tu es de la génération dorée, celle du défunt Stéphane Larma, qui a longtemps fait vibrer la République Centrafricaine après les générations mémorables des années 70 et 80. A votre avis, qui est-ce qui n'a pas fonctionné pour cette belle génération dont tu fais partie?
Rodney Koizo: "Le défunt Stéphane Larma est l'un des joueurs envers qui j'ai beaucoup d'estime et de respect . C'était un joueur très calme avec un saut exceptionnel. Il faisait partie d'une belle génération qui avait une forte conviction de jouer sans attendre quelques en retour. Comme tous ceux de sa génération, il jouait le basket avec son coeur. Par contre concernant notre génération, ce qui n'a pas marché est le fait que les jeunes de cette époque prenaient le basket comme une simple distraction donc aucune ambition, ils jouent comme ils veulent sans donné de l'importance au travail, un manque du sérieux, d'autres ont privilégiés leurs études, d'autres rêvaient d'aller en France, États Unis etc...Donc du coup on sent qu'il n'y avait pas de réelle motivation en eux pour atteindre leurs objectifs mais il ya aussi des exceptions à l'image de Romain SATO qui est au sommet du basket-ball mondial. Voilà mon avis".
NBB: Quel regard portes-tu sur l'avenir de basket-ball Centrafricain à l'heure actuelle?
Rodney Koizo: "J'ai un regard panoramique sur l'avenir du basket-ball centrafricain, quotidiennement, je réfléchis sur ça. C'est un réel souci. Le concept sur l'avenir du basket-ball centrafricain est une notion qui me préoccupe à l'heure actuelle, qui doit préoccuper tout le monde sans exception étant donné que l'avenir se construit dès à présent et à bas âge avec une vision de créer des mouvements, de l'ambiance dans le cadre de l'école basket, camp basket etc...Par exemple, comme le basket "MAKARA" à l'époque, des petits trucs comme ça qui créent une motivation aux jeunes d'incruster le milieu de basket. Si ce n''est pas le cas, alors notre basket-ball tombera en désuétude".
NBB: Le basket-ball Centrafricain attend beaucoup de la part de ces anciens internationaux une réelle implication pour donner un nouveau souffle à ce sport roi. Qu'en penses-tu?
Rodney Koizo: "Effectivement je suis tout à fait d'accord avec toi que le basket ball centrafricain attend beaucoup de choses de la part des anciens internationaux, non seulement les internationaux mais aussi les anciens basketteurs en général y compris les fans du basket-ball centrafricain. Cela peut donner un nouveau souffle à ce sport roi en République Centrafricaine.
En dépit de tout ce que j'ai constaté dans chaque fédération, se trouve toujours des internationaux, des anciens basketteurs voir même ceux qui n'ont jamais joué au basket, ils faisaient partie de ce bureau mais pour donner un nouveau souffle à ce sport tout le monde doit être en commun accord que ça soit la fédération, la ligue et les membres bienfaiteurs de basket-ball de faire une table rase du passé, retrousser les manches, mettre la main dans la boue et travailler à bon escient.
C'est ainsi que de loin ou de près, l'on a constaté beaucoup d'interventions et de gestes de la part des internationaux, le cas de Mr Anicet Lavodrama à la FIBA, il nous a facilité beaucoup de tâches sans pour autant que les gens sont au courant, Mr Fred Goporo, il rentre chaque année en vacance à Bangui, il organise des camps de basket et c'est sanctionné par des attestions, des médailles etc"...
NBB: Quel projet as-tu pour la jeunesse Centrafricaine qui est sans doute l'avenir de ce sport combien important dans ce pays situé au coeur du continent africain?
Rodney Koizo: "J'ai beaucoup de projets pour la jeunesse centrafricaine qui est sans doute l'avenir de ce sport. Beaucoup de gens ont des projets. Mais la seule question qui se pose, c'est l'aboutissement de ce projet et la concrétisation. Etant un jeune issu de ce milieu de basket, j'ai un grand projet d'avenir pour la jeunesse centrafricaine dans le cadre de basket-ball comme je vous ai dis dans mes réponses précédentes, je suis entraîneur d'une équipe de deuxième division de la catégorie espoir, j'ai eu à discuter avec le président de cette équipe en lui suggérant tous mes projets et il a prit acte de cela donc je ne voulais pas en dire plus sur ça, pour ne pas que l'on me prend pour un menteur d'ici demain".
NBB: Quel conseil particulier veux-tu donné à tes anciens partenaires de l'ASOPT y compris tous ceux de ta génération?
Rodney Koizo: "Le conseil particulier que j'ai à donner à mes anciens partenaires et anciens joueurs de l'équipe ASOPT, c'est de ne pas abandonné cette équipe. De continuer à soutenir ce club financièrement et moralement comme ils ont toujours l'habitude de le faire chaque année et surtout notre Président Embola Isidore qui n'a jamais baissé les bras pour cette équipe, il est toujours derrière les joueurs pour les motiver. Comme nous avons un sponsor potentiel comme la SOCATEL c'est aussi un plus pour ce club.
En ce qui concerne, ceux de ma génération, beaucoup ont abandonné le milieu du basket-ball au profit de leur vie professionnelle donc je leur demande de se rallier et de s'approcher de leur ancien club pour remonter le moral des jeunes qui ont des talents inexploités faute de l'expérience, ils ont besoin de nous tous".
NBB: Enfin, un dernier mot à tout le public qui ne cesse pas de demander vos nouvelles...
Rodney Koizo: "Un dernier mot à l'attention de tout le public centrafricain qui ne cesse pas de demander mes nouvelles, je suis encore au Maroc pour une année . Ensuite un dernier mot pour les basketteurs centrafricains: si la République Centrafricaine vous a donné un jour la chance à travers la formation, l'instruction, le stage etc et que vous arrivez à vous en sortir un aujourd'hui il faut penser à ce pays, en mettant en place des écoles de basket, organiser des camps de basket etc pour les autres, penser aux démunis pour essayer de leur venir en aide à travers la création des écoles de basket de façon à ce que tous ensemble on puisse avancer. Je vous remercie"