Auteur d'un triple-double (32 pts, 10 rbds, 11 pds, 3 ints) et du tir primé qui a permis au Miami Heat de revenir à deux points des San Antonio Spurs à 20 secondes de la fin du quatrième quart-temps, LeBron James avait conscience d'avoir vécu une rencontre exceptionnelle, mardi soir, après la victoire de son équipe en prolongation (103-100) pour arracher un match 7 décisif.
Chris Bosh a déclaré qu'il s'agissait peut-être du meilleur match des finales NBA qu'il ait vu. À quel point ce match était-il exceptionnel selon vous ?
C’était de loin le meilleur match auquel j’ai jamais participé. Il y a eu des hauts et des bas : c’était comme des montagnes russes émotionnelles tout au long du match. Ce qu’on ressent à ce moment-là, c’est quelque chose qu’on ne pourra plus jamais retrouver quand on aura arrêté de jouer au basket. J’ai beaucoup de chance de faire partie de tout ça. Et je suis content de la façon dont on a su puiser en nous pour remporter cette victoire. À un certain moment, il n’était pas évident qu’on réussisse à se reprendre.
Vous avez mis le trois-points pour revenir à -2 puis lorsque Chris Bosh a pris le rebond après votre tir manqué vous avez hurlé et bougé les bras dans tous les sens. Vous vouliez prendre le dernier tir à la place de Ray Allen ?
Si ce n’est pas moi qui prends le tir, je n’ai aucun problème pour que ce soit Ray. Ce type a de l’eau glacée qui lui coule dans les veines. Ray pourrait être à 0 sur 99 aux tirs dans un match, si en fin de quatrième quart-temps il a un tir ouvert, ça rentrera. C’est dire à quel point il croit en lui. Ça tient à la façon dont il se prépare pour chaque match, à sa confiance en lui. Il a déjà fait ce genre de chose. On est content de l’avoir avec nous. Et c’est d’ailleurs pour ce genre de match qu’on a voulu qu’il rejoigne le Heat.
Justement vous vous êtes retrouvé face à Ray Allen par le passé dans ce genre de situation. À quel point était-ce important de le faire venir à Miami et qu'avez-vous fait pour qu'il vous rejoigne ?
J’ai fait énormément pour essayer de le recruter. Je l’ai appelé, je lui ai envoyé des sms. Je savais ce qu’il pouvait apporter à l’équipe. Comme vous l’avez dit, j’ai été dans l’équipe adverse. Je l’ai vu tirer, les pieds au sol, et lever ses doigts ridicules quand ça rentrait. Je ne trouve plus du tout ça ridicule maintenant qu’il est mon coéquipier. J’adore même. Il est énorme. On est tellement content de l’avoir. Il crée tellement pour notre équipe. Et ça compte énormément d’avoir quelqu’un d’aussi dangereux dans notre effectif.
Vous considérez-vous chanceux d'avoir arraché un match 7 avec la possibilité de gagner le titre à la maison ?
Je pense que la chance joue un rôle là-dedans, bien sûr. Mais si on y réfléchit bien, on se décarcasse quand même pour être en position d’avoir cette chance de notre côté. Et en fin de compte, on a un match 7, sur notre terrain, pour gagner le championnat NBA. Donc je me fiche complètement de la façon dont on a joué jusqu’à présent (rires). On pourrait avoir joué les six pires matches de notre vie, on a un match 7 à domicile. Jeudi, on joue pour le gros lot.
Votre équipe était menée de 13 points dans le troisième quart-temps et vous étiez à 3/11 aux tirs. Comment avez-vous fait pour renverser la situation ?
Je luttais pour prendre des tirs, comme le reste de l’équipe. Et à l’entame du quatrième quart-temps, ils avaient 12 points d’avance. Là, en retournant sur le terrain, avant la remise en jeu, je me suis dit qu’il fallait que je donne tout ce que j’avais. Si on doit perdre, je tomberai en ayant utilisé toutes mes cartouches. J’y vais à fond. C’est exactement ce que j’ai fait. J’ai essayé de joué en attaque et en défense avec énormément d’intensité jusqu’à ce que je sois vidé. J’ai regardé Spoelstra quelques fois. Je lui ai dit que j’avais besoin d’un temps-mort pour me reposer. Et je suis retourné sur le terrain pour essayer de créer du jeu. J’essaie juste de faire le nécessaire pour que notre équipe gagne. C’est tout.
Pourquoi est-ce le meilleur match dans lequel vous ayez joué ?
C'est à cause des émotions. Le fait que nous ayons été menés, puis que nous soyons repassés devant. Mais plus que tout, ce que je retiens c'est notre force mentale pour parvenir à la victoire. Et faire partie d'un match comme ça, une fois que la partie est terminée, c'est impossible de revivre les émotions que j'ai vécues, que nous avons vécues, que les fans ont vécues et que les gens ont vécues à la maison. C'est impossible de revivre ça. Je suis juste béni d'avoir pu faire partie d'un moment aussi incroyable.
Que devez-vous faire pour attaquer le match 7 avec la même intensité que lors de ce quatrième quart-temps ?
J'ai l'impression qu'on a plutôt fait du bon boulot ce soir pour attaquer le premier quart-temps avec un sentiment d'urgence. Tim Duncan a été fantastique dans le premier quart-temps. Ils ont mis quelques tirs difficiles, mais nous menions toujours de deux points. C'est le deuxième quart-temps qui nous a vraiment fait mal. On a été battu de 8 points dans cette période et de 4 dans la troisième. Jeudi soir, c'est le dernier match de la saison. Il faut rassembler toute l'énergie qu'on peut encore avoir. Ce ne seront pas les systèmes qui feront la différence. Ils savent ce que nous faisons sur le terrain. Nous savons ce qu'ils font. On connaît leurs joueurs. Ils nous connaissent. Il faudra être capable de les arrêter en défense, de rester prêt mentalement, de ne pas perdre la balle et de mettre quelques tirs. La meilleure équipe sera sacrée jeudi soir.
Propos recueillis à Miami par Romain Brunet