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Heat vs Thunder, le grand choc des Finals NBA

Publié par News Basket Bêafrika sur 12 Juin 2012, 18:02pm

Catégories : #NBA

2012 james durant video

 

Quatre mois de saison régulière et un mois et demi de playoffs pour en arriver là, au bouquet final. David Stern peut se frotter les mains en avance, on a droit cette année à une finale idéale, entre deux équipes très spectaculaires, possédant chacune une méga-star à même de faire la différence avec des joueurs affamés et une légende à écrire. Deux franchises dont on entendra parler pendant encore de nombreuses années. Le Thunder aura l'avantage du terrain dans cette finale qui s'ouvre dès ce soir à 3 heures du matin, pour, on l'espère, une longue bataille en sept manches.

 

 

Oklahoma City Thunder (12 victoires/3 défaites en playoffs)

 

Un parcours idyllique jusque-là. Aucune défaite au premier tour, une au second tour et deux en finale de conférence. Si la logique implacable est respectée, la route du titre est ouverte pour le Thunder. Un miracle quand on songe où en était le club il y a seulement trois ans. Comme quoi, avec un peu d'imagination, on peut choisir les bons joueurs à la draft et monter des effectifs capables de tutoyer les sommets en très peu de temps. Mais il serait injuste de mettre la réussite du Thunder sur le compte de l'évidence.

 

Après avoir remporté seulement 23 matchs en 2009, OKC a connu une progression linéaire avec une première participation aux playoffs en 2010, puis une finale de conférence l'an dernier, pour enfin approcher le Graal de tout près cette année. Kevin Durant, Russell Westbrook, James Harden et Serge Ibaka sont tous quatre issus de la draft et les pièces manquantes du puzzle (Kendrick Perkins, Thabo Sefolosha et Derek Fisher) ajoutés intelligemment.

 

Avec l'avantage du parquet, le Thunder a une chance inouïe de démarrer sa légende. Si on excepte le vieux soldat Fish, tous les autres joueurs sont dans la force de l'âge et peuvent envisager être encore dans la ligue dans 10 ans. Peut-être sommes-nous en train d'assister à la création d'une dynastie. Mais avant de brûler les étapes, le Thunder doit remporter sa première bague depuis son déménagement de Seattle en 2008.

 

 

Miami Heat (12 victoires/6 défaites en playoffs)

 

Un parcours semé d'embûches dans ces playoffs 2012, contrairement à la saison dernière où le Heat n'avait perdu qu'un match dans chaque série. Cette saison, les joueurs de South Beach ont du passer outre la qualité de jeu adverse, mais aussi une blessure majeure, des épreuves qui ont sans aucun doute renforcé l'équipe menée par cet extraterrestre qu'est LeBron James.

 

Miami se qualifie néanmoins pour sa seconde finale de rang et aura évidemment pour objectif de faire mieux que la saison dernière après une défaite cruelle face aux Mavericks. Miami comptera donc sur son expérience de l'an passé comme moteur, avec la quasi-majorité du roster inchangé, et on sait que des premières Finals peuvent être intimidantes. Miami confirme ici son statut de superpuissance de la conférence Est depuis la mise en place de son big three, il y a maintenant deux étés.

 

Le succès aura été immédiat malgré les innombrables critiques qui ne sont pas vraiment atténuées depuis. Miami se bat depuis deux ans avec une étiquette de grand méchant loup de la NBA mais s'attaque cette fois à une équipe qui semble supérieure aux Dallas Mavericks de l'an dernier.

 

 

 

Les stars

 

LeBron James (30.8pts, 9.6rbds et 5.1pds en playoffs)

 

Monumental, magistral, phénoménal, exceptionnel, extraordinaire, on peut lui accoler tous les qualificatifs que l'on veut, cela ne changera pas les faits. LeBron James évolue au-dessus de la stratosphère dans ces playoffs, tuant dans l'œuf tous les débats stériles sur qui est le leader présumé de l'équipe. Ses chiffres sont ébouriffants, et rarement on a vu dans l'histoire de la ligue un joueur capable d'emmener seul son équipe comme il l'a fait quelques fois. Mais tout ceci sera bien vite oublié s'il craque une nouvelle fois au moment de l'emballage final comme la saison dernière. Le moment de vérité pour King James c'est maintenant. Il est temps d'aller chercher cette couronne qui le fuit depuis tant d'années et de faire taire les derniers sceptiques. Mais surtout, il est temps de signer une série finale de qualité, qu'il y ait victoire finale ou non. Pour LeBron James aussi, le changement, c'est maintenant.

 

 

Kevin Durant (27.8pts, 7.9rbds et 4.2pds)

 

L'heure de la consécration définitive semble plus proche que jamais pour le gendre idéal de la NBA. Rien ne vient ternir un bilan sans faute depuis le début de sa carrière. Une production constante, une élégance dans le jeu proprement stupéfiante et une impression de facilité déconcertante. Kevin Durant a tout d'un géant. A seulement 23 ans, il compte déjà 3 titres de meilleur scoreur de la ligue et devient un véritable glouton quand il s'agit d'enfiler les paniers. Son parcours sans faute s'étend également au-delà du terrain où son humilité et sa discrétion tranchent avec le caractère de certains de ses coéquipiers. Mais une fois sur le parquet, il enfile son masque et devient un tueur sanguinaire, prêt à vous exécuter sans aucun remord. Le monde n'est pas encore à ses pieds, mais cela ne saurait tarder.

 

 

 

Les duels

 

Mario Chalmers/Russell Westbrook

 

Une confrontation intrigante devant le profil bien distinct de chacun des protagonistes. On entend depuis deux ans que le poste de meneur est très faible à Miami alors que ce n'est pas tout à fait vrai.

 

Sans faire de bruits, Mario Chalmers s'est imposé comme une valeur sure à la mène du champion de l'Est. Accomplit-il des miracles ? Non. Est-ce ce qu'on est en droit d'attendre de lui ? Est-ce ce qu'on lui demande ? Encore moins. Chalmers se contente du rôle qu'on veut bien lui offrir, qui passe de défenseur à celui de tireur d'élite à 3pts et force est de constater qu'il s'acquitte de sa tâche avec efficacité. On se souvient également qu'il avait été un des seuls role-players à tenir son rôle correctement l'an dernier.

 

Garder Russell Westbrook sera en revanche une autre paire de manches, dans un style très différent d'un Rajon Rondo qu'il laissait souvent à LeBron James. Westbrook évolue pour l'instant sous contrôle. Plus réfléchi dans ses prises de décision, il a conservé ses qualités tout en gommant certains de ses défauts. Il n'en est que plus dangereux individuellement, tout en renforçant la puissance collective du Thunder qui devient injouable lorsque le ballon circule bien. Il est donc en ce sens un baromètre important de son équipe.

 

 

Dwyane Wade/Thabo Sefolosha

 

Voici peut-être le duel qui décidera du sort de la série. Théoriquement, Dwyane Wade fait partie de la crème de la crème, dans les cinq meilleurs joueurs du monde. Mais dans ces playoffs, il alterne le (très) chaud et le (très) froid. Parfois même à l'intérieur d'un match. Son apport reste pourtant vital à son équipe. Électron libre au sein de l'attaque du Heat désormais, il reste un artiste capable d'enflammer un match à tout moment.

 

C'est cette capacité que devra tenter de juguler Thabo Sefolosha, le meilleur défenseur sur l'homme du Thunder sur les postes extérieurs. Comme lors du tour précédent où il a montré que son champ d'action était illimité (Tony Parker a payé le prix fort pour s'en rendre compte), son rendement sera prépondérant.

 

Offensivement, son apport sera forcément plus limité, mais s'il connaît une ou deux soirées comme lors du Game 3 des finales de conférence (19pts), ce sera un bonus formidable pour les hommes de Scott Brooks. Le Suisse détient donc une partie du destin de la série dans ses mains.

 

 

LeBron James/Kevin Durant

 

Le combat des chefs. Le MVP face au meilleur scoreur de la ligue, un duel pas si fréquent en Finale NBA, le dernier datant de 1997. Les deux hommes ne défendront pas constamment l'un sur l'autre, les deux équipes possédant quelques solutions de rechange, mais il sera intéressant de suivre les phases où ce sera le cas.

 

Défensivement, LeBron James possède un avantage certain. Plus fort et plus dur au sol, King James est régulièrement cité chaque année dans les candidats au trophée de meilleur défenseur de l'année. Il peut calmer n'importe quel attaquant au monde avec son physique ajouté à ses qualités de vitesse et de déplacement. Mais Kevin Durant est un défenseur sous-estimé. Il montre un caractère très intéressant quand il convient d'arrêter un grand attaquant, et l'a prouvé face à Kobe Bryant lors de sa demi-finale de conférence.

 

En attaque, LeBron James va essayer de faire courir au maximum Durant. S'il possède un avantage indéniable au niveau physique, il devrait néanmoins souffrir devant la taille des segments de Durant qui pourrait l'empêcher de prendre ses tirs face à lui trop facilement. La solution pour James sera donc de jouer un maximum en pénétration. Durant devra plus user de son son tir extérieur qu'il peut déclencher à une vitesse folle, où qu'il soit sur le parquet.

 

Quoiqu'il en soit, ce duel de superstars au sommet de la ligue s'était fait plutôt rare ces dernières saisons et amène un vent de fraîcheur plus qu'appréciable sur cette Finale.

 

 

Chris Bosh-Udonis Haslem/Serge Ibaka-Kendrick Perkins

 

Erik Spoelstra gardera le secret de sa stratégie dans la raquette jusqu'au bout. Faire démarrer Chris Bosh ? Avec Shane Battier ou avec Udonis Haslem ? Dans tous les cas les duels dans la raquette seront importants.

 

Pour Miami, un objectif principal : ne pas être dominé au rebond. Oklahoma City possède un avantage physique certain et si Perkins et Ibaka ne sont utilisés qu'en point de fixation au poste bas en attaque, ils deviennent dangereux dès qu'ils commencent à devenir trop envahissants au rebond offensif. Il faudra aussi espérer qu'ils ne soient pas trop adroits à mi-distance, surtout pour Ibaka.

 

Pour Oklahoma City, le challenge est simple, contrôler Chris Bosh. Seul joueur intérieur du Heat à vraiment jouer en attaque, le garder à moins de 15pts à chaque match sera déjà un bon pas de fait. Là où la mission se complique, c'est que sa zone de tir est considérablement importante pour des défenseurs qui n'ont guère l'habitude de rester trop loin de leur raquette. On devrait donc revoir le tir à 3pts de Chris Bosh dans cette série. Reste à savoir si OKC pourra le contester.

 

 

Les bancs

 

C'est peut-être bien ici que se situe la bascule de cette série. Et elle porte un nom : James Harden. Le Miami Heat ne possède pas dans sa réserve (si on considère que Chris Bosh retrouvera sa place dans le cinq) un joueur capable d'apporter cette différence, qu'apporte le barbu de l'Oklahoma. Créateur, finisseur et joueur de grand talent tout simplement, Harden apporte cette étincelle notamment en second quart-temps généralement, qui peut changer le cours d'un match.

 

Ajoutons à cela des joueurs de devoir comme Nick Collison, Daequan Cook (8pts en 4min lors de sa seule apparition de la finale de conférence au Game 5 !) et le vieux soldat Derek Fisher, et on obtient un banc plus solide que prévu.

Du côté de Miami, Mike Miller apporte toute son expérience et son tir extérieur et Norris Cole peut jaillir de temps en temps mais sans aucune garantie. Erik Spoelstra pourrait décider de garder Chris Bosh au frais pour renforcer son second cinq, mais rien n'est certain.

 

On devrait en revanche voir plus souvent Joel Anthony dans cette série, le pivot canadien ayant été laissé sur le banc face à Boston, peu armé en intérieurs puissants. Mais face au Thunder, le Heat aura besoin de plus de dureté et de puissance au sol, et c'est là qu'interviendra probablement celui qui s'en était plutôt bien sorti face à Dallas l'an dernier. Dans le même ordre d'idée, Ronny Turiaf pourrait aussi donner quelques minutes sur ce poste. Mais l'avantage du banc est clairement pour le Thunder.

 

 

 

Les facteurs X

 

Shane Battier (5.7pts, 3.2rbds et 1.4pds en playoffs)

 

En grande difficulté avec son tir sur le début des playoffs, Shane Battier retrouve de l'efficacité au meilleur des moments avec un Game 7 de grande valeur pour son équipe face à Boston. Coéquipier modèle, il fait partie de ces joueurs dont on sait pouvoir compter sur eux en toutes circonstances. Il ne faut pas s'attendre à un match à 30pts ou a des explosions statistiques, mais plutôt à un rendement égal en défense comme en attaque. Souvent utilisé en poste quatre désormais, il va devoir user de sa ruse légendaire pour gêner les intérieurs du Thunder, plus costauds que ceux des Celtics. Sa présence est également importante dans le vestiaire malgré son manque d'expérience en playoffs.

 

 

Derek Fisher (6.5pts, 1.6rbds et 1.4pds en playoffs)

 

Et si c'était lui la différence du Thunder cette saison ? Le Fish a tout connu. 5 titres NBA, 6 finales jouées, une caisse de tirs décisifs, en tant que titulaire, en tant que joker venu du banc, il est le sage de cette équipe fougueuse du Thunder. Arrivé en mars après avoir été jeté dehors par les Lakers, il s'est instantanément intégré dans le collectif, offrant quelques coups de patte intéressants et de l'ordre dans la maison quand Westbrook s'égare un peu trop. Assez peu utilisé pendant la saison, il joue plus depuis plusieurs matchs, Scott Brooks appréciant sa présence rassurante dans les moments chauds. Il pourrait marquer un peu plus l'histoire en remportant une 6ème bague. Il rejoindrait alors les Kareem Abdul-Jabbar, Michael Jordan, Scottie Pippen et Bob Cousy, une liste prestigieuse.

 

 

 

Les clefs de la série

 

Pour Oklahoma City

 

- Tenir Dwyane Wade

Si on part du principe que LeBron James sera difficilement contrôlable, Dwyane Wade a connu des playoffs très irréguliers et ne semble pas au maximum de sa forme. De plus, OKC possède un stoppeur de tout premier ordre sur ce poste.

 

- Kevin Durant

KD n'a jamais vraiment montré de faiblesses mentales de toute sa carrière. Il se trouve néanmoins devant LE challenge de sa vie, plus grand encore qu'emmener son équipe en playoffs ou que dominer un championnat du Monde, ce qui n'aura été pour lui qu'une formalité. En affrontant LeBron James, il peut définitivement entrer dans la cour des très grands.

 

- La stabilité de Russell Westbrook

Un baril de poudre. Russell Westbrook a globalement bien tenu son jeu jusque-là, mais n'est jamais très loin de partir en vrille. Le contrôle de son jeu sera très important pour que le Thunder garde sa cohérence collective qui a fait sa force face aux Spurs.

 

- Le rendement offensif des "autres"

Oklahoma City possède à priori un avantage certain quant au banc et aux joueurs de complément. Si les deux big three s'annihilent, le Thunder peut faire la différence par de bonnes sorties offensives comme Perkins, Ibaka ou Sefolosha ont pu le faire face aux Spurs.

 

 

Pour Miami

 

- Le rendement de Chris Bosh

Le Game 7 contre Boston l'a prouvé une fois de plus. Un bon Chris Bosh donne une dimension supplémentaire au Heat, surtout face à une raquette bien remplie. Il peut en plus désengorger la raquette par la versatilité de son jeu et permettre à James et Wade de pouvoir naviguer inside plus facilement.

 

- Production du banc

Face au banc du Thunder qui est très efficace dans ces playoffs, celui de Miami doit avoir du répondant, pour ce qui est un des points faibles de l'équipe. A South Beach, quand le banc va, tout va.

 

- Erik Spoelstra

Le technicien du Heat a l'expérience des Finales et pourrait très bien jouer sa tête sur cette série. Il doit donc prouver qu'il peut être meilleur que son opposant. Il n'est plus temps de faire des tests et de changer son cinq de départ à chaque match comme il l'a fait trop souvent depuis le début des playoffs.

 

- Tenir la raquette et donc le rebond

La vraie faiblesse de Miami se situe là. Ce n'est pas une grosse surprise, mais le Heat va devoir offrir un semblant de résistance aux mammouths d'OKC, sans quoi l'addition pourrait être salée. A ce propos, Joel Anthony et peut-être Ronny Turiaf devraient être plus sollicités que lors de la série face à Boston pour remuer les big men du camp adverse.

 

 

L'avis de la rédaction

 

Aucun doute sur l'identité du favori, il s'appelle Oklahoma City. Dominant lors de chacune de ses séries, le Thunder semble insubmersible et même la machine San Antonio annoncée comme le grand favori de ces playoffs, n'y a pas résisté. On voit donc mal un Heat diminué pouvoir y résister de prime abord.

 

Il convient néanmoins de tempérer ce jugement. Miami semble pouvoir dérégler quelques gros points forts du Thunder. Kevin Durant ? Miami est la seule équipe de la ligue à pouvoir proposer mieux au même poste. De grosses capacités physiques ? Les Three Amigos, même diminués font frémir de ce point de vue-là. Assez pour contrarier les plans du Thunder ? Sans doute. Assez pour les battre 4 fois ? Peut-être pas.

 

Miami semble vouloir déplacer des montagnes cette saison et il serait prématuré de les enterrer si rapidement, avant même les premiers dribbles. Qui sait si le jeune Thunder ne va pas subir la pression de l'événement, surtout à domicile. Cependant, cette équipe semble posséder trop d'armes pour lâcher face à un ensemble qui ne compte réellement que trois grosses menaces. Le Thunder devrait donc, selon toute vraisemblance pouvoir être en mesure d'assumer son statut de nouveau poids lourd de la ligue.

 

Pronostic : Oklahoma City 4-2 Miami

 

 

 

 

 

 

 

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