Game 7. Le summum du sport professionnel américain avec le superbowl. Les deux mots qui donnent des frissons avant même qu’un seul des joueurs ait commencé à fouler le parquet. Spurs et Heat étaient à 48 minutes du rêve. Les texans devaient effacer de leur esprit une fin de match 6 cauchemardesque alors que les floridiens devaient se reconcenctrer sur la tâche devant eux : vaincre une équipe au coeur de champion, à terre, mais pas abattue.
La tension se fait sentir en début de rencontre. Les mains tremblent, la peau est moite et les balles perdues se multiplient. Le Heat en commet 3 dans les 3 premières minutes, manque quelques tirs faciles et se retrouve rapidement mené 4-11 sur un tir primé de Manu Ginobili. L’argentin, qui semble en jambe, écope aussitôt de sa deuxième faute et doit sortir.
San Antonio ne profite pourtant guère de ce début de match laborieux des floridiens. Kawhi Leonard manque un tir totalement ouvert dans le corner, Garry Neal prend un tir forcé à mi-distance puis se fait poster par Dwyane Wade. Ces deux belles mécaniques bien huilées que sont Spurs et Heat semblent avoir pris un sacré coup de vieux depuis mardi soir.
En sortie de temps-mort, Miami va infliger un cinglant 8-0 aux Spurs pour passer devant après un quart-temps (18-16). Shane Battier envoie deux minutes à 3 points et la méthode « entourer James de shooters » face aux remplaçants des Spurs fonctionne une nouvelle fois pour Erik Spoelstra.
Le deuxième quart-temps démarre et les deux minutes de pause n’ont pas refroidi Shane Battier qui enchaine avec un troisième missile d’entrée de jeu. Il faut la rentrée de Parker et une plus grande implication offensive de sa part pour remettre les Spurs dans le droit chemin. Il score 4 points puis sert Tim Duncan qui s’en va inscrire un and-one pour provoquer la troisième faute de Chris Bosh (27-27). C’est le moment que Spoelstra choisit pour intégrer son cinq « fétiche » avec seul James et Haslem à plus de 2m02. La balle circule mieux et les tirs s’ouvrent. James donnent 6 points d’avance aux siens (33-27). San Antonio s’en sort même très bien sur une prière de Garry Neal dans la foulée (33-30).
San Antonio finit encore une mi-temps d’une meilleure façon que le Heat et prend deux points d’avance sur des lancers de Parker. L’aggressivité de Ginobili est la différence majeure par rapport au match 6. En face, Dwyane Wade (14 points en première mi-temps) est sans supplice à mis distance et d’un jumper redonne l’avantage à Miami en rentrant au vestiare (46-44).
Le troisième quart-temps reprend sur des bases de « mano-à-mano » infernal où aucune des deux formations ne veut lâcher l’autre. James se retrouve encore seul à 3 points pour son troisième primé du soir. Kawhi Leonard lui répond du tac-o-tac en marquant les 6 premiers points texans de la période (52-54). Le LeBron James show peut alors commencer. Non, pas de post-up ni de pénétrations à outrance mais un festival à 3 points. Trois d’affilé dans le ce quart-temps (28 points après 3 quart-temps). Les Spurs doivent réagir et le font une nouvelle fois. Manu Ginobili, définitivement dans un meilleur soir que mardi, met un tir de funambule en réponse à un nouveau primé de Shane Battier (4/4) pour donner l’avantage aux Spurs. Malheureusement pour la bande à Popovich, Mario Chalmers profite es 4secondes restantes pour inscrire un tir à 10 mètres avec la planche qui va faire très, très mal au moral (72-71).
Dès les premières secondes du quatrième quart-temps on sent les deux équipes au bord de la rupture physique. Les Spurs sont au bord du précipice en ce début de money-time, Popovich le sent bien et fait immédiatement rentrer Parker et Duncan après à peine deux minutes de jeu. Miami continue à dérouler son jeu en attaque et James est intraitable à mi-distance, enquillant tir après tir. Il finira la partie avec 37 points et 12 rebonds. Les Spurs auront tout tenté sur lui : prise à deux, boîte, aide plus importante à l’opposé, rien n’y fait. Sur une contre-attaque, James sert Battier pour un tir à 3 points qui semble être le dagger du match (+6 heat). Les Spurs réagissent aussitôt avec un and-one de Duncan, puis Kawhi Leonard les ramène même à 2 longueurs avec une minute à jouer et rate la balle pour passer devant dans la foulée.
Après un nouveau raté du Heat, Duncan prend l’avantage du matchup sur Shane Battier au poste bas pour finalement raté un tir qu’il a rentré des milliers de fois dans sa carrière. San Antonio ne s’en remettra pas. James score une nouvelle fois fois à mi-distance pour donner 4 points d’avance aux siens (92-88). Manu Ginobili, obligé de prendre ses responsabilités du fait de la faiblesse physique de Parker (0 tir dans le quatrième quart-temps); perd la balle et ce même LeBron James inscrit les deux lancers-francs de la victoire.
Le temps s’écoule, les Spurs voient sans doute les images du match 6 défiler devant leurs yeux. Kawhi Leonard, immense encore hier soir (19 points, 16 rebonds), repense à son lancer-franc raté, Tim Duncan (24 points, 12 rebonds) frappe le parquet de rage d’avoir manqué son hook en fin de match, Parker à son ischio-jambier qui l’aura trahi et Manu Ginobili à ses 12 ballons perdus en 2 rencontres.
Miami est allé le chercher, LeBron James est élu MVP après une nouvelle année historique. 5 joueurs auront inscrit des points pour le Heat et Chris Bosh sera resté scotcher à 0 point. Il faut des joueurs d’exception pour surmonter une telle adversité et Miami est largement armé dans ce domaine.
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