Jusqu’ici, la jeunesse d’OKC avait toujours été une force, mais face au Heat en finale, cela pourrait bien s’inverser.
Durant son parcours exceptionnel cette saison, le Thunder a toujours pu compter sur un élément décisif : sa confiance inébranlable. Même mené 2-0 face à la meilleure équipe de toute la ligue en finale de Conférence, OKC n’a jamais semblé douter de sa capacité à se mettre en route pour finalement s’imposer. Et jusqu’ici, ça a toujours payé. Mais en finale, face à une équipe du Heat plus déterminée que jamais et à un LeBron James en mission, cette confiance pourrait-elle commencer à vaciller ?
C’est à la fois la force et la faiblesse quand on a un groupe aussi jeune et talentueux que celui-ci. Avec la fougue des jeunes années, rien ne lui semble impossible ou insurmontable, mais en cas de blocage, qui sait comment cette équipe peut réagir ? C’est d’ailleurs toute la question qui se pose actuellement, alors que le Thunder se retrouve mené 2-1 dans une série que la franchise aurait tout aussi bien pu mener 3-0. Car après être passé à une possession d’une prolongation potentielle dans le Game 2, après avoir pourtant joué l’un de ses pires baskets de l’année, OKC avait une nouvelle occasion de s’imposer face au Heat hier en menant de 10 points en fin de troisième quart-temps.
Et c’est justement dans ces situations qu’OKC a fait preuve de naïveté. Lors de la « dernière » possession du Game 2, même si Kevin Durant a eu le sentiment que LeBron faisait faute sur lui avec son coude, il aurait dû savoir ou du moins pressentir qu’à ce stade du match et dans une finale les arbitres ne prendraient pas la responsabilité de siffler un contact aussi peu clair. Même chose hier soir, à plus 10 au score, on ne peut pas se permettre de faire des fautes sur un shooteur à trois-points… sur deux possessions consécutives ! Plus déterminant encore, pour gagner, impossible de rendre, soi-même, 5 ballons dans le quatrième quart-temps.
« Ce n’étaient même pas des pertes de balles forcées par la défense », râlait Kendrick Perkins après la défaite.
« C’était des turnovers bêtes de notre part. »
Il faut dire que le Thunder essaie de réaliser quelque chose d’inédit : remporter un titre sans avoir la moindre expérience de phase finale ou presque. A part Kendrick Perkins (expérimenté mais qui a peu le ballon) et Derek Fisher, aucun joueur majeur de l’équipe n’a jamais joué à ce niveau. La seule expérience comparable pour Kevin Durant et Russell Westbrook, est probablement le Championnat du Monde qu’ils ont disputé ensemble mais où la Turquie avait rapidement baissé les bras en finale.
En face en revanche, c’est la troisième finale NBA pour Dwyane Wade, LeBron James et Udonis Haslem, et même un joueur comme Shane Battier, qui découvre ce stade en NBA, a déjà eu l’occasion de jouer deux finales NCAA et d’en remporter une (en 2001 avec Duke).
« La ligue a beau mettre en avant les nouvelles stars et les jeunes talents en devenir, les équipes qui ont remporté des titres ces dernières années ont toujours été celles qui avaient des vétérans et des mecs expérimentés », confesse même Fisher.
« Nous sommes en train d’essayer de changer ça. »
Pour cela, il faut parvenir à apprendre plus vite de ses erreurs. Comme ne pas commencer aussi mal des matches deux fois de suite, comme c’était le cas dans les games 1 et 2, et ne pas croire qu’on peut gaspiller autant de ballons tout au long du match et s’en sortir quand même grâce à la simple volonté ou à un Kevin Durant extraordinaire. Après avoir établi des records de scoring lors des derniers quart-temps des premiers matches, KD est redevenu humain hier en loupant 4 de ses 6 tirs, en perdant deux ballons et en loupant ses deux seuls lancers francs.
« Il faut qu’on s’assure qu’on sait que nous sommes en finales et qu’on fasse attention au ballon, possession après possession », martelait Perk avec raison.
Car c’est vrai que, sur le papier, OKC est passé tout près de pouvoir gagner chacun des trois premiers matches de cette finale, mais le résultat montre que c’est bien Miami qui, jusqu’ici, a mieux su gérer les choses. Et en finale, c’est souvent ce qui fait la différence… finale.