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Interview: Eugène Pehoua-Pelema donne son point de vue sur la situation en Centrafrique

Publié par NBB sur 15 Janvier 2014, 21:58pm

Catégories : #AFRIQUE

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Dans un entretien accordé à la presse américaine "La Voix de l'Amérique" lundi dernier, l'ancien Fauve et DTN de la sélection nationale centrafricaine de basket-ball, Eugène Pehoua-Pelema a longuement évoqué la situation catastrophique que traverse son pays la République Centrafricaine, deux fois vainqueur du championnat d'afrique (1974 et 1987). Eugène Pehoua-Pelema est membre de l'équipe nationale centrafricaine de 1987 qui avait remporté le 2e titre continental à Tunis avant de participer aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988. Nous vous proposons de lire sa déclaration dans son intégralité:

 

Vincent Makori : Que Pensez-vous de la déclaration de Mr Nguendet concernant la sécurité, êtes-vous encouragé par ses propos, y a-t-il un espoir d’un retour à la sécurité bientôt en RCA

 

Eugène Pehoua-Pelema : Je pense que c’est une bonne décision prise par cette autorité centrafricaine afin de mettre fin aux pillages, aux attaques physiques des personnes mais malheureusement cette personnalité n’est peut-être pas la bonne personne pour passer ce message car il est perçu comme étant un proche de la Séléka. Toutefois c’est un bon début qui doit être encouragé.

 

Vincent Makori : La perception de la crise en RCA est qu’il s’agirait d’un conflit opposant Chrétiens et Musulmans et que le chaos enregistré serait la résultante de la prise de pouvoir par les musulmans. Qu’en pensez-vous?

 

Eugène Pehoua-Pelema : Je crois que cette perception est fausse. Je pense plutôt que le Peuple Centrafricain excédé par la mauvaise gestion de François Bozizé était content de l’arrivée de la Séléka.  Malheureusement dés le lendemain de leur prise de pouvoir c'est-à-dire le 25 mars 2013, les éléments de la Séléka vont démarrer les pillages, les viols et les tueries et cela pendant près d’un an.

 

La population non musulmane excédé par l’horreur qu’elle vivait depuis cette date et dû au fait que la majorité de ces éléments étaient musulmans, a réagi violement. Toutefois ce conflit était devenu musulmans versus non musulmans et ce qui est sûr ce n’est pas un conflit religieux comme certains médias ont voulu le faire paraître, allant jusqu’à parler de quartier chrétien ou de milice chrétienne. Cela n’a jamais été le cas en RCA pays dans lequel les musulmans qui sont depuis des années dans ce pays ont toujours cohabité dans la paix avec les autres communautés.

 

Vincent Makori : Les gens sont à la recherche d’un gouvernement intérimaire pendant qu’ils recherchent des solutions pour le futur de votre pays. Pensez-vous qu’il soit possible d’organiser des élections dans les prochains mois.


Eugène Pehoua-Pelema : Je ne pense pas que cela soit possible, je dirai même que c’est impossible.  Sachez que le Pays a été complètement détruit : l’administration et les forces de défense n’existent plus, la haine est rampante entre les communautés musulmanes et non musulmanes qui s’entretuent.   


 A mon avis je crois qu’il faille mettre en place un groupe de personnes pour conduire la transition qu’on pourra  étendre à 5 ans car nous devons :


⦁ Sécuriser les frontières

⦁ Sécuriser les populations

⦁ Protéger les minorités goulas, roungas et musulmanes perçues comme proches de la Séléka afin d’éviter d’autres violences.

⦁ Il est aussi question de reconstruire l’administration

⦁ Reconstruire les forces de défense (Armée, Police, Gendarmerie)

⦁ De traiter les gens souffrants de syndromes post-traumatiques causés par les atrocités

⦁ De mettre en place un processus vérité et réconciliation

⦁ Et enfin de préparer et organiser des élections


Vincent Makori : La RCA a déjà connu des coups de force dans le passé, quelle est la différence avec le coup d’état de la Séléka.


Eugène Pehoua-Péléma : Quand vous repartez dans le passé, en 1966 Bokassa  a renversé Dacko soit disant pour lutter contre la corruption, en 79 Dacko est revenu grâce aux français, pouvoir qu’il remettra à Kolingba qui perdit le pouvoir lors d’élections remportés par Patassé en 93 qui sera mal réélu en 99 pour être renversé par Bozizé en 2003.  La Séléka a prétendu s’emparer du pouvoir pour des raisons socio-économiques estimant être abandonnée par le pouvoir central. En fait tous ces coups avaient pour objectif de prendre le pouvoir.

 

 

 

 

 

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