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Afrobasket 2013: Michael Mokongo sort de son silence

Publié par News Basket Bêafrika sur 9 Septembre 2013, 22:55pm

Catégories : #AFRIQUE

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Une semaine après la 27ème édition du Championnat d'Afrique qui s'est déroulée à Abidjan en Côte d'Ivoire, News Basket Bêafrika a le plaisir de rencontrer le meneur international centrafricain Michael Mokongo qui a accepté de livrer ses sentiments concernant la participation des fauves de Bas-Oubangui. Interrogé sur la question concernant le bilan de l'équipe nationale centrafricaine, la réponse de Mike Mokongo est cinglante.

 

Voici la teneur de cet entrtien:

 

 

Cyrille: Mike Bonjour,

 

Mike: Bonjour Cyrille

 

Cyrille:  Michael Mokongo, tu es l'un des joueurs cadres de la sélection centrafricaine avec laquelle tu viens de prendre part à l'Afrobasket 2013. Quel bilan fais-tu de ce grand rendez-vous continental?

 

Mike: "Tout d'abord je tiens à féliciter tous mes coéquipiers , le staff technique , les dirigeants et toutes les personnes qui ont permis que nous puissions  participer à cette Coupe d'Afrique malgré toutes les péripéties, parce que la non participation de la RCA aurait été une honte nationale et surtout des sanctions monstrueuses qui allaient empêcher notre pays de participer aux prochaines CAN et aussi des frais que notre pays devraient payer. Mais il ne faut pas se mentir, ce fut une déception historique dûe a un manque d'organisation et de projet basket pour la RCA parce que si ma mémoire est bonne, notre pays a toujours figuré dans les 5 à 6 meilleures nations depuis ces dernières années avant de terminer à la 13eme place. Il faut se poser les vraies questions dans un but objectif : quelle est la politique de notre basket-ball? Pourquoi ces dernières années se faire sortir en quart de finale? L'assurance des joueurs dont il faut toujours se battre pour l'avoir alors que ce sont des choses qui sont normales. L'état est il prêt a donner les moyens pour pouvoir promouvoir notre basket-ball? Ou faut-il trouver d'autres sponsors? Investir sur le plan de vue locale  en commencant par les équipes des U13 et U14? Former des entraineurs capables de gèrer un groupe ? Des infrastructures au niveau du pays (plus de terrains adéquats couverts ou semi couverts de basket et de ballons dans les écoles et les villes)? Un meilleur niveau de championnat local? Assurer le suivi des joueurs et pas attendre tout les 2 ans pour les contacter? Un vrai DTN qui rassemble et qui fait le relais entre la fédération et les joueurs. Organiser des visites pour assurer le suivi des joueurs susceptibles d'intégrer l'équipe nationale? Des dirigeants qui doivent être là pour faire en sorte que l'équipe nationale puissent bien marcher et non pour leurs propres intérêts? Voila toutes les questions que nous devons nous poser. Prenez l'exemple sur l'Angola et pour finir le basketball est devenu un sport intellectuel, précis, il faut savoir structurer tout cela et pour ça il faut que toutes personnes réunies puissent avoir le même but de ramener Yassitoungou à Bangui".

 

Cyrille: Sur le plan personnel, tu as répondu présent lors de cette compétition et tes statistiques parlent d'eux-même: 12.5 points, 5 passes décisives et 2.5 rebonds de moyenne. C'est déjà une grande statisfaction pour toi?

 

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Mike: "Personnellement je suis assez satisfait de ce que j'ai pu faire, même si je sais que j'aurais pu mieux faire parce que je me suis préparé pour cette compétition. Mais il faut reconnaitre qu'il y'avait  beaucoup de problèmes internes qui n'ont pas facilité les choses et j'ai privilégie l'intérêt du groupe et de notre pays" . 

 

Cyrille: En 2009, tu étais absent pour cause de blessure et la RCA a terminé 6e au classement général à Tripoli. Deux ans plus tard à Madagascar, tu as aidé la Centrafrique à garder cette sixième place. Cette année, tu nous a confié il y'a quelques mois ton envie de disputer les demi-finales de cet Afrobasket 2013. Malheureusement c'est une 13e place, le pire bilan de l'histoire du basket centrafricain au championnat d'afrique. Qui est-ce qui n'a pas fonctionné?

 

Mike:. "Je reconnais qu'en tant que compétiteur je suis très deçu de ce mauvais bilan dû a beaucoup de paramètres  que nous avons négligé et ce que je trouve dommage, l'équipe alignée à Abidjan n'était pas suffisamment compétitive pour rivaliser avec les  autres meilleures nations sans manquer du respect à aucun joueur mais c'est la réalité, on a cruellement manqué une bonne organisation autour ce grand événement  et un staff technique expérimenté capable de gèrer les matchs de haut niveau avec la bonne stratégie, la bonne approche des matchs, un travail de scouting  détaillé vis a vis de nos adversaires et des systèmes de jeu adaptés aux joueurs et comprendre nos points forts et points faibles en attaque et en défense afin de pouvoir exploiter tout cela et par dessus toute la communication; Et c'est vraiment dommage, parce que l'Afrobasket progresse bien et toutes les équipes se renforcent, beaucoup de gens s'intéressent à cette compétition  mais malheureusement c'est pas notre cas" .

 

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Cyrille: Revenons un peu sur votre match contre le Mozambique. Vous avez mené de 17 points, ensuite vous perdez la rencontre dans le money-time sur erreur de coaching. En tant que leader naturel et expérimenté de l'équipe, quel était ton rôle à ce moment précis du match?

 

Mike: "Concernant ce match on n'a tous notre part de responsabilité même s'il y a des erreurs qui ont été plus flagrantes que d'autres. J'ai essayé de remobiliser l'équipe et surtout de prendre mes responsabilités, par moment ça marche et d'autres non, c'est le sport".

 

Cyrille: On sait que tu es un leader de caractère qui n'aime jamais perdre. Après les trois défaites lors de la phase de poule, as-tu eu l'occasion de parler personnellement avec le DTN "entraîneur en chef" Fred Goporo pour rectifier le tir avant les huitièmes de finale?

 

Mike: "Oui bien sur que j'ai essayé à plusieurs reprises mais je dois reconnaître que la communication était difficile avec Fred (Goporo) même si je respecte son travail. C'est à lui que revient les dernières décisions, mais le bilan parle de lui même aussi". 

 

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Cyrille: Quelle ambiance y'avait t-elle au sein de l'équipe durant cette compétition?

 

Mike: "Franchement personnellement j'ai essayé de faire abstraction de beaucoup de choses et me concentrer sur la compétition, mais je dirais que dans l'ensemble ce fut moyen, mais avec beaucoup de solidarité de tous les supporteurs des Fauves, beaucoup d'engouement autour de ce sport roi et d'ailleurs cela nous a fortifier. C'est pour cela que malgré la limite de notre équipe cette année nous nous sommes battus pour notre pays et c'est évident que les centrafricains aiment le basketball parcequ'ils souhaiteraient que YASSITOUNGOU revienne au bercail autant que nous et je tiens à les remercier au nom de tout mes coéquipiers, staff technique et dirigeants. Je leur dis qu'il faut surtout continuer à nous porter comme ils le font toujours" . 

 

Cyrille: Selon toi, quels sont les responsables de ce fiasco historique?  Et doit-on continué toujours à improviser?

 

Mike: "Fiasco de résultat non, mais plutôt fiasco au niveau de l'organisation et du projet basket pour la RCA , et ce résultat est la conséquence d'une absence de projet et aussi d'identité du basketball centrafricain".

 

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Cyrille: Quand tu as su que beaucoup de tes partenaires qui font aussi partie des meilleurs joueurs centrafricains n'ont pas été sollicité par la DTN, alors que l'effectif des présélectionnés était composé que de quinze joueurs sur le papier, as-tu pris le courage d'échanger avec le DTN à ce sujet? A Abidjan, la Centrafrique est le seul pays a avoir présenté une équipe composée de dix joueurs. Comment expliques-tu cela? Le pays manque t-il des joueurs de basket-ball?

 

Mike: "C'est une question qu'il faudra demander au DTN et aussi poser la question à tous ces joueurs concernés afin qu'on puisse les entendre à ce sujet mais c'est vrai que c'est un peu bizarre et je me demande aussi sur quel critère cette équipe 2013 a été construite?"

 

Cyrille: Avec un tel bilan, on voit mal le DTN rester à son poste. Sachant qu'il est aussi entraîneur-chef de l'équipe. Qu'en penses-tu?

 

Mike: "Ce n'est pas à moi de donner mon avis dessus, mais c'est clair qu'un DTN qui est à la fois l'entraîneur a la responsabilité du bon fonctionnement du groupe, de la cohésion à tout les niveaux, des joueurs sélectionnés, et en matière du sport tu es jugé par ton bilan" .

 

Cyrille: Penses-tu que l'aspect financier est la seule raison de cette débâcle? Si c'est le cas, pourquoi les égyptiens qui ont eu deux semaines seulement de préparation ont pu aller en finale? Surtout avec ce qui se passe dans le pays?

 

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Mike: "Ce n'est pas la seule raison mais cela en est une, et l'argent ne fait pas tout. Il faudrait une bonne cohésion, mais franchement il y avait beaucoup de problèmes à tout les niveaux et dans ma carrière de basketteur, j'ai jamais vu une pareille organisation, c'était incroyable mais vrai".

 

Cyrille: Le prochain championnat d'afrique, c'est dans deux ans. Es-tu optimiste quand à l'avenir de ce sport roi?

 

Mike: "Oui je suis toujours optimiste, mais si on veut déjà mieux faire que les dernières Coupes d'Afriques, il me semble essentiel de prendre en compte les analyses constructives de tout un chacun et de copier aussi ce qui se fait de bien à l'extérieur par exemple l'Angola et de se mettre au travail et chacun dans son domaine doit se regarder dans un miroir et essayer de s'améliorer. En matière deu sport il n'y a pas d'état d'âme parcequ' il faut être souple et accepter les critiques afin de pouvoir avancer."

 

 


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