NEWS BASKET BEAFRIKA

NEWS BASKET BEAFRIKA

Le portail basket de référence à l'international


Cyrille Ngario: "le basket centrafricain n'a plus le niveau continental"

Publié par NBB sur 9 Mars 2015, 10:06am

Catégories : #AFRIQUE

Cyrille Ngario, propriétaire du média News Basket Bêafrika
Cyrille Ngario, propriétaire du média News Basket Bêafrika

Le propriétaire de News Basket Bêafrika, Cyrille Ngario, a reconnu que le basket centrafricain n'est plus en mesure de concurrencer les équipes africaines après avoir délaissé la formation des jeunes talents pouvant assurer la relève.


A l'image des autres disciplines, les clubs ont abandonné la formation pour des raisons financières et matérielles, causant la régression du basket centrafricain tant au niveau des sélections que des clubs, a expliqué Ngario dans un entretien accordé à News Basket Bêafrika.

"Le basketball centrafricain n'a plus le niveau d'antan, la génération qui avait permis un bond à la discipline en se qualifiant pour les Jeux Olympiques de Séoul (1988) a disparu. Malheureusement nous avons oublié la formation pour nous occuper des seniors seulement", a regretté le patron de la NBB.

"Les clubs centrafricains se débattent dans des difficultés financières et matérielles très importantes. Il y a même des équipes qui ne trouvent pas où s'entraîner alors que les clubs de haut niveau s'entraînent 5 à 6 heures par jour", a-t-il souligné.


Les joueurs centrafricains expatriés épinglés par Cyrille Ngario


"Je trouve inadmissible que les joueurs expatriés, que ce soit anciens ou encore en activité ne s'investissent pas dans le basket en Centrafrique. Quel joueur a déjà organisé au moins une fois un camp basket en Centrafrique? Aucun. Comment voulez-vous que ce sport roi puisse se développer dans ce pays, pourtant sacré deux fois champion d'afrique par le passé? Je pense qu'à mon avis, les fauves doivent comprendre qu'ils ont un devoir de citoyen en vers le pays qui les a propulsé. En tant que sportif, c'est dans leur devoir de retourner dans leur pays d'origine pour essayer d'aider les jeunes pour qu'un jour ils deviennent comme eux ou meilleur qu'eux. ça doit être une façon à eux de rendre l'ascenseur à leur pays. Etre sportif, c'est de rendre. Les jeunes ont besoin de s'identifier à des basketteurs centrafricains, mais malheureusement ils peuvent que s'identifier à des stars américaines, qui eux n'oublient jamais d'où ils viennent. Les gens s'étonnent aujourd'hui de voir le Gabon se qualifier à l'Afrobasket 2015 (filles comme garçons), mais quand on voit Géraldine Robert et Stéphane Lasme qui partent tous les été, pour organiser des camps basket au niveau des jeunes, cela n'est pas étonnant que ce sport grandisse dans ce pays. Les jeunes ont besoin de cette proximité, il faut donc aller à leur rencontre afin de leur prodiguer des conseils et de leur dire que eux aussi peuvent réussir avec de la discipline, de la rigueur et beaucoup de travail. Il appartient donc aux fauves de véhiculer les valeurs de partage, de discipline et de la confiance en soi à leurs cadets qui sont en Centrafrique".


"Si les clubs n'investissent pas dans la formation nous n'irons pas loin"


Pour relancer et développer la discipline, Cyrille Ngario a exhorté les anciens joueurs centrafricains et ceux encore en activité à investir davantage dans la formation des jeunes joueurs appelés à l'avenir à renforcer les rangs des différentes sélections nationales.

"Si les fauves expatriés, n'investissent pas dans la formation nous n'irons pas loin. News Basket Bêafrika est en train de faire un travail afin de regrouper au moins chaque été les différentes catégories de jeunes (U12, U14, U16, et U18) pour redynamiser le basketball en Centrafrique, alors que ce travail est logiquement dévolu aux clubs et aux fauves expatriés" et d'ajouter:


"Ce sont les clubs qui ont la charge de la formation des jeunes, alors que la Fédération est censée les prendre en charge au niveau de la sélection".

Pour donner une nouvelle impulsion à la discipline et jouer les premiers rôles sur le niveau continental, News Basket Bêafrika a décidé de consacrer 20% de son budget pour les jeunes catégories.


Ne pas négliger le basket féminin

Ngario est également revenu sur le contrat de partenariat avec l'Euroleague et la NBA indiquant que son média est en contact permanent avec son homologue européen et américain pour établir le plan d'action de l'année 2015.

"L'objectif principal de la Fédération Centrafricaine de Basketball (FCBB) devrait être la formation de nos encadreurs. Il faut envoyer un maximum d'entraîneurs en France pour des stages de formation afin d'acquérir de l'expérience et avoir une idée sur le fonctionnement des clubs professionnels, en sachant que certains anciens fauves comme Aubin Goporo (Florida, USA), Souleymane Asrangue (Houston, USA) et Donatien Laguerre (France) ont déjà reçu leur diplôme d'encadreurs pour ne citer que ceux-là", a souligné Ngario.

Enfin, le propriétaire de NBB a évoqué les difficultés que rencontre le basket féminin, dont le championnat local (Bangui) a été lancé cette saison avec pas plus de 6 équipes alors que la compétition devait débuter au moins avec 10 clubs, mais l'instance du sport et les sponsors y accordent peu d'importance. Il suffit de jeter un coup d'oeil chez nos voisins de la sous région comme le cameroun, la RDC et le Gabon pour se rendre compte du retard accusé par le basket féminin en Centrafrique.

"La Centrafrique a besoin d'un championnat féminin national avec l'objectif d'élever le niveau. Le ministère des Sports doit s'engager à fournir une aide financière aux clubs féminins, et la Fédération doit de son côté convaincre les partenaires et sponsors à s'investir davantage", a poursuivi Ngario.

Le patron de News Basket Bêafrika a prévenu que si la Fédération et les pouvoirs publics ne débloquent pas les aides financières pour ces clubs, cette compétition risque de disparaître dès la saison prochaine.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Articles récents