Romain SATO avec le Red Star Dongo Club en 1995 au Tournoi de la Cote d'Ivoire

Comme à l'image du championnat de Bangui, le Red Star Dongo Club va mal

 

Dans les ann√©es 70, 80 et 90, le Red Star √©tait l'une des meilleures √©quipes du continent africain, voir la plus populaire de la R√©publique Centrafricaine gr√Ęce en partie √† ses belles performances ainsi que sa grande rivalit√© avec le Hit Tresor. Cette rivalit√© nous fait penser √† ce jour √† la rivalit√© entre les deux clubs ath√®niens, le Panathinaikos et l'Olympiacos ou encore √† celle qui existe entre les Boston Celtics et les Los Angeles Lakers en NBA pour la simple raison que l'engouement qui entourait ses confrontations √©tait tr√®s int√©ressante avec de super joueurs sur le parquet.

 

Depuis 8 ans, le club formateur de Maturin Kolega (ancien capitaine emblématique des greens), Romain Sato, Hassan Abdoul, et de Guy Kodjo-Sitchi n'est que l'ombre de lui-même en multipliant les mauvais résultats en raison d'une absence de leadership. Le club de Km 5, communément appelé "5 Kilo" par les banguissois, semble clairement avoir perdu son identité en raison d'un manque de moyen financier, d'une défaillance organisationnelle et d'un manque de structure de formation comme c'est le cas actuellement dans la plupart des clubs centrafricains. Cette saison, en ligue centrafricaine de basket-ball, l'ancien champion d'afrique des clubs ne cesse de s'enfoncer dans le ventre mou du championnat et les feux ne sont plus que jamais au rouge. Le Red Star est l'un des clubs de la République Centrafricaine qui a formé un nombre incalculable de joueurs avec le Hit Tresor et l'ASOPT.

 

Le Hit Tresor qui a √©t√© deux fois champion d'afrique est le club le plus titr√© de la centrafrique et sans doute l'un des plus grands clubs formateurs de l'histoire avec l'ASOPT. Dans ce domaine, la palme d'or va au coach Johny Madozein et √† Eug√®ne Pehoua-Pelema sans oubli√© le d√©funt Alain Latibou. Le constat est simple, depuis le d√©part de l'ancien fauve l√©gendaire Eug√®ne qui est aussi le fils du p√®re fondateur du basket-ball centrafricain le d√©funt Fran√ßois Pehoua, les choses n'√©voluent pas comme auparavant. Cela s'ajoute le contexte du d√©veloppement perp√©tuel du basket-ball et les √©carts qui se creusent entre les autres clubs africains et centrafricains en raison d'un faible niveau de championnat. Si Eug√®ne Pehoua a √©t√© le plus grand promoteur de l'histoire du basket-ball centrafricain aux USA et √† l'√©tranger, il faut aussi admettre que l'ancien meneur l√©gendaire Fred Goporo et Johny Madozein ont r√©alis√© √©galement un travail remarquable au niveau national avec de maigres moyens. Cela a permis de donner la chance √† un nombre incalculable de jeunes joueurs centrafricains de traverser l'outre atlantique sous la houlette d'Eug√®ne Pehoua-Pelema afin de pouvoir b√©n√©ficier d'une meilleure formation. Dans l'ensemble, on tire tout de m√™me un bilan de satisfaction, quand on pense √† la grande carri√®re de Romain Sato qui faut-il le rappeler √©tait loin d'√™tre le plus talentueux de sa g√©n√©ration, mais gr√Ęce √† son travail acharn√©, son professionnalisme et beaucoup d'abn√©gations, il a r√©ussi √† gravir les √©chelons en devenant l'un des meilleurs joueurs africains de l'histoire. La carri√®re de l'ancien fauve Maurice Beyina (officieusement nomm√© meilleur d√©fenseur de la Pro A en 1998) ¬†a √©t√© l'une des preuves de cette satisfaction. R√©gis Koundjia, Ulrich Kossepka, Alban Ludovic Moundy, Christian Siris, Lionel Bomayako, Junior Pehoua, Guy Saragba et les d√©funts (St√©phane Larma et Christian Malibangar alias "Cooper") auraient pu avoir aussi une grande carri√®re comme celle de Sato et Beyina. Mais parmi tous ses joueurs cit√©s ci-dessous, un seul retient le plus notre attention, c'est R√©gis Koundjia.

 

Arrivé à Bangui juste après avoir été drafté en NBA par les Spurs San Antonio en 2004, Sato avait déclaré à propos de Regis Koundjia: "S'il y'a un joueur centrafricain aux USA sur qui je peux compter de voir en NBA, c'est sans doute Régis Koundjia, car il a tout ce qu'il faut pour réussir".

 

Quelques années après, c'est la consternation pour celui qui devrait être drafté probablement dans les dix premières places de la draft NBA 2003 avec les LeBron James, Dwayne Wade, Carmelo Anthony et Chris Bosh. Faut-il le rappeler, Régis Koundjia avait affronté à plusieurs reprises LeBron James en collège, et tout le monde s'attendait de voir l'ancien pensionnaire de BEAC (qui partageait à l'époque la même chambre avec l'actuel pivot brésilien des Washington Wizards Nenê) parmi les meilleurs en NBA. La suite n'était finalement pas glorieuse, alors qu'en Egypte lors de l'Afrobasket 2003, tous les observateurs étaient sous le charme de Régis Koundjia qui avait démontré qu'il était un joueur polyvalent, capable d'évoluer au poste 1, 2, 3, 4 et 5. A la fin on en retiendra qu'une chose, parfois, le talent ne suffise pas pour devenir un meilleur joueur et les jeunes doivent s'en inspirer en privilégiant le travail, le sérieux et l'abnégation s'ils veulent atteindre le sommet.

 

 

 

 

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