Si certains propriétaires voient leur franchise comme une simple distraction, d’autres en revanche sont prêts à tout pour gagner. Passionnés et connaisseurs, il sont au plus près de leur équipe et participent pleinement aux orientations stratégiques, tant économiques que sportives…

 

Michael Jordan (Charlotte Bobcats) 

 

Né en 1963 ● Achat de la franchise en 2010 pour $175 millions ● Fortune estimée à $400 millions ● Autre(s) franchises possédées : Michael Jordan Motorsports (Superbike)

 

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Sans aucun doute le plus célèbre des propriétaires de toutes les franchises du sport nord-américain, Michael Jordan est un mythe. Plus grand basketteur de tous les temps, six fois champion NBA et cinq fois MVP de la saison, Michael Jordan est un sportif avant tout mais il est doublé d’un businessman avisé. Son entrée dans le monde des affaires date des années 1980 quand il accepte la proposition de Phil Knight et devient l’icône de Nike. Au sein du géant mondial du sportswear, il développe sa propre marque, la Jordan Brand. Il empoche également le pactole pendant sa carrière et reste le basketteur le mieux payé de tous les temps. Depuis 2004, il est le patron de Michael Jordan Motorsports, une écurie du championnat de superbike américain. Mais depuis son départ des parquets, son rêve est de posséder sa propre franchise NBA. Il entre en contact avec plusieurs franchises, dont les Milwaukee Bucks, mais aucun accord ne parvient à être trouvé. Il faudra attendre 2006 pour voir Jordan entrer dans le capital des Charlotte Bobcats, franchise dont il prendra le contrôle total en 2010, devenant le premier ancien joueur de l’histoire à acquérir une franchise dans une ligue majeure. Aujourd’hui, si Michael Jordan est le seul propriétaire à pouvoir donner des conseils techniques à ses joueurs, il doit encore prouver qu’il peut construire une équipe capable de jouer les premiers rôles du championnat NBA. On lui reproche souvent ses erreurs stratégiques comme le fait d’avoir sélectionné Kwame Brown ou encore Adam Morrison à la Draft, deux des plus grandes déceptions de l’histoire. A lui d’inverser la balance…

 

Dan Gilbert (Cleveland Cavaliers) 

 

Né en 1962 ● Achat de la franchise en 2005 pour $375 millions ● Fortune estimée à $800 millions ● Autre(s) franchises possédées : Lake Erie Monsters (AHL), Canton Charge (D-League)

 

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Diplômé de Michigan State University, Dan Gilbert fonde Rock Financial en 1985, une société de courtage en prêt immobiliers. Dès la fin des années 1990, il flaire le bon filon en misant tout sur l’Internet et fait de son entreprise le n°1 online de son secteur d’activité. En 2000, la firme de développement informatique Intuit Inc. rachète Rock Financial pour former une nouvelle entité, Quicken Loans, dont Gilbert reste le CEO. Il touche alors le pactole et devient multimillionnaire. Gilbert est également un investisseur avisé puisqu’il a participé à plusieurs projets à Detroit et Cleveland, comme par exemple les sociétés Fathead, stickers grandeur nature de sportifs à coller sur les murs de sa chambre, ou encore Veritix, système de revente de tickets en ligne. Après un lobby intensif de plusieurs mois, il aura la charge du futur casino de Cleveland, construit en partenariat avec la Caesar’s Corporation. Très populaire dans le nord-est de l’Ohio, il se dit être tenté par une carrière en politique…

 

Dan Gilbert est un propriétaire passionné et ambitieux. Bien sur, il doit les plus belles heures de l’histoire de la franchise à LeBron James, avec une exposition médiatique jamais vue pour un petit marché comme la ville de Cleveland et une participation aux finales en 2007, mais c’est depuis le départ de ce dernier pour Miami que Gilbert est devenu une véritable icone dans le nord-est de l’Ohio, devenant le symbole de la révolte contre le système actuel en NBA. Sa lettre écrite en police « Comic Sans » dans laquelle il s’insurge (le mot est faible) contre le départ de King James, a marqué à jamais les esprits et lui a valu une amende de cent mille dollar. Prêt à tout pour bâtir une équipe compétitive, il n’a pas hésité à débourser dix millions de dollar pour récupérer un Baron Davis vieillissant mais surtout ce qui sera le premier choix de la Draft 2011. Le challenge pour reconstruire les Cavs est grand, mais Gilbert est définitivement l’homme de la situation. En plus des Cavs, Dan Gilbert possède également les Lake Erie Monsters, franchise évoluant en AHL, la principale ligue mineure de hockey.

 

Mark Cuban (Dallas Mavericks) 

 

Né en 1958 ● Achat de la franchise en 2000 pour $285 millions ● Fortune estimée à $2,5 milliards ● Autre(s) franchises possédées : -

 

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Mark Cuban est né à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il part s’installer à Dallas en 1982 où il commence sa carrière comme barman avant d’être embauché par Your Business Software, l’un des premiers magasins d’ordinateur du Texas, en tant que simple vendeur. Licencié après une année au sein de l’entreprise, il décide de lancer son propre business, MicroSolutions, qui assiste les entreprises dans la création de leurs logiciels. Il revend sa création en 1990 à CompuServe pour six millions de dollar. Profitant de la bulle internet, il se lance dans un nouveau défi en créant en 1995 un serveur permettant de diffuser des émissions de radio en direct sur la toile. Son idée est un véritable carton et va faire de lui l’un des premiers milliardaires de la bulle Internet. Il revend donc Broadcast.com à Yahoo en 1999 pour la somme de $5,9 milliards. Depuis, il continue de financer de nouveaux projets. Il lance par exemple Landmark Theatres en 2003, une chaîne d’une soixantaine de cinémas, et apporte ses conseils avisés aux jeunes entrepreneurs en devenir.

 

Cuban rachète les Mavericks en 2000. A cette époque, Dirk Nowitzki est encore un tout jeune homme, et les Mavs sont la risée de la ligue après une décennie calamiteuse. Depuis que Mark Cuban en est devenu le propriétaire, la franchise n’a jamais manqué les playoffs. Il lui aura tout de même fallu attendre juin 2011 pour pouvoir enfin soulever le trophée de champion. Contrairement à beaucoup de ses confrères, Mark Cuban vit et vibre pour son joujou. Il est présent à pratiquement tous les matchs et n’hésite pas à venir soutenir ses joueurs en déplacement. Sa place n’est pas dans une luxury box de l’American Airlines Center, mais au premier rang juste derrière le banc de son équipe. Sanguin, il détient le record du nombre d’amendes reçues par la ligue (treize pour un montant total de $1,6 million). Exaspérant pour certain, propriétaire idéal pour d’autres, Cuban ne laisse personne indifférent. Mais le propriétaire des Mavs ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. Il cherche depuis plusieurs années à racheter une autre franchise. En 2006, il a failli acquérir les Pittsburgh Penguins en NHL, mais la transaction ne sera pas. Son nom a également était mentionné parmi les acheteurs potentiels des Chicago Cubs ou encore des Texas Rangers en MLB. Nul doute que ce n’est qu’une question de temps…

 

Mikhail Prokhorov (Brooklyn Nets) 

 

Né en 1965 ● Achat de la franchise en 2010 pour $365 millions ● Fortune estimée à $18 milliards ● Autre(s) franchises possédées : CSKA Moscou (Russie)

 

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Premier propriétaire non-américain d’une franchise NBA, Mikhail Prokhorov est également le plus fortuné avec un butin de guerre estimé à près de dix-huit milliards de dollar, et est aussi le plus grand, avec une taille de 2,03m. Prokhorov fait fortune après la chute de l’Union Soviétique. Il rachète alors la firme Norilsk Nickel en 1993, société qui deviendra le premier producteur de nickel au monde. Dans le même temps, il prend le contrôle d’ONEXIM Group, entreprise qui gère les mines d’or de la Russie. Si ce sont aux différents minerais que Prokhorov doit sa fortune colossale, il est également présent dans bien d’autres secteurs d’activités. Banques, groupes de média, start-up spécialisées dans la haute technologie ou encore sociétés de construction, le géant russe est partout. Mais d’autres défis l’attendent. Il pense pourquoi pas se lancer en politique…

 

Prokhorov a toujours été un grand amateur de sport. Président de la fédération russe de biathlon, il est également le président du CSKA Moscou (football, hockey et basketball), et est membre du Conseil Suprême du Sport en Russie. Avec le CSKA, il remporte l’Euroleague à quatre reprises et se qualifie pour le Final Four à chaque édition depuis 2003. Il achète les New Jersey Nets en 2010 et devient le premier étranger à posséder une franchise en NBA. Qui aurait pu croire il y a vingt ans seulement qu’un jour un russe serait le propriétaire d’une équipe dans une ligue majeure aux Etats-Unis. Sa mission n’est cependant pas des plus simples. Après avoir assuré la transition entre le New Jersey et Brooklyn, il doit désormais redonner une crédibilité sportive à l’équipe. Avec les nombreux renforts enregistré l’été dernier, on peut déjà affirmer qu’il est sur la bonne voie.

 

La famille Maloof (Sacramento Kings) 

 

Achat de la franchise en 1998 pour $156 millions ● Fortune estimée à $1,2 milliards ● Autre(s) franchises possédées : Sacramento Monarchs jusqu’en 2009 (WNBA)

 

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Chez les Maloof, on fait les affaires en famille. Avec un trésor de guerre d’un milliard de dollar, les Maloof ont de quoi faire vivre tous leurs descendants sur bon nombre de génération. C’est dans les secteurs des média et du divertissement qu’ils ont fait fortune. Les Maloof possèdent par exemple le Palms, hôtel-casino de quatre cents chambres situé à Las Vegas et qui accueille notamment plusieurs shows de télé-réalité de la chaine MTV, mais aussi des sociétés de production télévisuelles et musicales, des strip-clubs et boites de nuit, également à Vegas, ainsi que des parts dans plusieurs marques d’alcool comme Heineken, Coors ou encore Guinness. George Maloof Jr., quarante-sept ans, est la figure centrale de la famille et c’est lui qui a la mission de gérer l’empire.

 

La famille Maloof rachète les Sacramento Kings en 1998 et leurs débuts sont forts prometteurs. Moribonde dans les années 1990, la franchise tient le haut de l’affiche pendant la première moitié des années 2000, sous la houlette de Chris Webber et Peja Stojakovic. Pas de titre, ni même de Finals, mais beaucoup de grands moments pour la franchise, notamment en playoffs. La suite est en revanche beaucoup moins reluisante. Les Kings retrouvent les bas-fonds de la NBA, et la famille Maloof menace de quitter la capitale de la Californie si une nouvelle salle n’est pas construite dans les plus brefs délais. Après plusieurs d’années d’indécision, il semble qu’un accord entre la franchise et la ville de Sacramento ne sera jamais trouvé, et il est fort probable que les Kings cherchent une nouvelle ville hôte dans les prochains mois, comme Anaheim ou Kansas City…

 

 

 

 

 

 

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