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Le 1er février 2014, 30 ans jour pour jour après sa prise de fonction en tant que commissaire de la NBA, David Stern quittera son poste. A 15 mois de son départ, revenons sur la carrière de celui considéré comme le plus grand commissaire de l’histoire du sport.

 

Tous les fans de NBA se souviennent de 1984 comme l’année de la draft d’une promotion rookie extraordinaire emmenée par un certain Michael Jordan. Et si des joueurs comme Magic et Larry Bird étaient déjà présents, la ligue, elle, était au plus mal. Perçue comme un sport « noir », la NBA possédait une image désastreuse forçant les médias à retransmettre les matchs des finales en différé, en deuxième voir troisième partie de soirée, alors que d’autres sports comme le baseball jouissait d’une popularité sans partage. L’aspect financier n’était guère plus glorieux et Stern comprit rapidement qu’il fallait agir vite pour sauver la NBA de la faillite.

 

Sa réaction fût magistrale.

 

Derrière une stratégie marketing qui placera la NBA sur le devant de la scène, Stern va réussir à complètement inverser la tendance. Son accord donné à la participation de la Dream Team aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 changera à jamais la dimension de la ligue. En sachant utiliser la notoriété de ses plus grandes stars, David Stern permit à la NBA d’acquérir un rayonnement international faisant de la ligue un des – sinon le – championnat le plus populaire au monde. La NBA sera en effet la première ligue à s’exporter chaque année à l’international, en Europe dans un premier temps, à l’aide d’opération séduction montrant la supériorité de ses joueurs. McDonald’s Championship, NBA Europe Live Tour et désormais China Games, la NBA est présente sur tous les fronts.

 

Cette ouverture a également vu l’arrivée des meilleurs joueurs non américains dans la ligue et donc de constamment susciter l’intérêt des fans à travers la planète. L’autorisation de la défense de zone, et du recours à la vidéo accompagnés d’une concertation régulière avec les instances internationales du basket font de la NBA la ligue la plus à même de suivre les évolutions de son sport et de son temps. La communication en est un des exemples les plus marquants tant la NBA maitrise les réseaux sociaux à la perfection.

 

Aujourd’hui la NBA n’est plus une ligue comme une autre. C’est une machine, un business rodé devenu une aubaine pour tous ses acteurs et partenaires. Et si il est certain que David Stern a su profiter des Magic, Bird, Jordan, Kobe et maintenant des LeBron et Durant pour porter ses idées, la réciproque se vérifie également. Ils ont trouvé en Stern le commissaire idéal pour les porter aux rangs de stars mondiales.

 

Durant ces presque trois décennies tout n’a pourtant pas été rose.

 

Certains n’hésitent pas à le dépeindre comme un tyran prêt à tout pour imposer ses convictions et protéger le contrôle quasi total qu’il avait sur la ligue. Adrian Wojnarowski qualifie même l’annonce de sa future retraite comme un coup de maitre qui va lui permettre de sortir au sommet alors que ces dernières saisons ont été riches en rebondissements. Le scandale Tim Donaghy, mais surtout le lock out de la saison dernière ont montré un David Stern en difficulté même si il a su gérer ces situations avec sa fermeté habituelle. Le transfert avorté de Chris Paul ou sa déclaration sur les Jeux Olympiques cet été restent néanmoins des zones d’ombre, ou de lumière, sur ses méthodes parfois controversées. Son autorité disputée, Stern a surement réalisé qu’il était temps pour lui de passer le relais.

 

Mais avant d’entamer sa tournée d’adieu, le patron de la NBA doit encore régler quelques dossiers. Le principal semble être de ramener une franchise à Seattle tout en rassurant les fans de Sacramento sur l’avenir des Kings… Les quinze mois à venir s’annoncent donc agités mais on peut lui faire confiance pour ne rien laisser dérégler une sortie qui se veut triomphante.

 

 

 

 

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