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Arrivé avec le statut d'outsider du Final 4, le Maccabi Tel-Aviv repart de Milan avec son sixième titre en Euroligue. Comme l'an dernier face à l'Olympiakos, le Real Madrid, favori de la compétition, a manqué le coche lors d'une finale passionnante (98-86 a. p.).

 


Le Maccabi Tel-Aviv remporte sa première Euroligue depuis son doublé en 2004 et 2005.

 

Peut-on décrire une équipe aussi puissante et respectée, aussi riche à l'échelle du basket européen, aussi expérimentée que le Maccabi Tel-Aviv comme un petit poucet ? Oui, quand en face vous avez le Real Madrid, le CSKA Moscou et le FC Barcelone. Et seulement dans ce cas là, ou peu s'en faut. Le Club Nation a réussi à battre le favori du Final 4, le Real Madrid, et l'outsider n°1, le CSKA Moscou. Il ne l'a pas fait largement : il lui a fallu remonter un retard de quinze points en onze minutes pour gagner en demi-finale (68-67), puis disputer une prolongation pour mettre à terre le Real ce dimanche (98-86 a. p.). Pourtant, le retour du Maccabi au sommet de l'Europe avait étonnement quelque chose d'inéluctable, ou presque, à Milan, là où il était déjà venu s'imposer le 16 avril (101-99) pour devenir la seule équipe à sortir des quarts de finale sans l'avantage du terrain. Soutenu par le public de très loin le plus nombreux - une habitude -, le Maccabi avait un supplément d'âme.

 

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A l'image de l'arrière américain Tyrese Rice, un feu follet au passeport.... monténégrin, le Maccabi a progressivement pris la mesure de son adversaire en le dominant mentalement. Tel est le coup de génie de David Blatt, reconnu depuis longtemps comme un grand du coaching, surtout depuis le titre européen de la Russie en 2007, mais à qui il manquait un succès dans la plus prestigieuse des Coupes d'Europe. L'Américano-israélien, annoncé sur le départ au CSKA, a réussi un grand match tactique, oscillant en attaque entre le "tout pour Shortsanitis" (9 points, 3 rebonds, 4 fautes provoquées en... 10 minutes) et le tout extérieur (40% à 3 points) avec le seul Alex Tyus pour jouer le rebond offensif, un secteur où le Maccabi a pris la bagatelle de 19 prises. Résultat, le Real a encaissé 98 points, deux de moins seulement que les 100 marqués l'an dernier par un autre outsider, l'Olympiakos (100-88). Encore une fois, le Real, l'équipe la plus titrée de la "C1" (8) mais qui ne l'a plus été depuis 1995, a déraillé au pire moment.

 

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Pourtant, les Madrilènes avaient su prendre un temps l'ascendant à cheval, entre le premier et le deuxième quart-temps, comptant jusqu'à 11 points d'avance (26-15, 14e) après un 10-0, alors que Pablo Laso s'était offert le luxe de ne pas utiliser le MVP de l'Euroligue, Sergio Rodriguez, durant la première période. Mais ceci sans jamais imposer véritablement sa marque sur le match, sans déployer ce jeu punchy, aéré et en même temps étouffant pour l'adversaire, qui est sa caractéristique. Le Maccabi parvenait à rester dans le coup en ne perdant quasiment aucun ballon (7), un miracle alors que ses extérieurs Rice, Devin Smith et Ricky Hickman multipliaient les prises de risque. D'une grande qualité, le match avait failli basculer une première fois dans le camp du Maccabi à la fin du temps réglementaire (73-69 à 58 secondes de la fin). Le Real avait arraché la prolongation mais il semblait alors évident que le Maccabi avait pris l'ascendant dans les têtes.

 

 

 

 

 

 

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