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C’est une salle d’un autre temps, où les odeurs de frites se mêlent à la sueur. Un guet-apens pour les équipes adverses surtout. Pour décrocher une historique montée en Pro B ce week-end, le BCS comptera aussi sur le soutien des Sept-Arpents.

 

C’est un bloc de béton, posé à côté d’un lotissement et d’une aire de jeux pour enfants. Un rectangle hérité des années soixante-dix – érigé en 1972 pour être tout à fait précis –, qui ne paie pas de mine et abrite une salle de basket de prime abord plutôt austère. « Elle ne ressemble à rien. On dirait une salle stalinienne ! », plaisante Éric Mittelhaeuser, le manager général du BCS. Une fresque glorifiant le sport vient conforter cette impression.

Le samedi soir, l’atmosphère change radicalement. L’endroit s’anime et le bloc de béton devient un chaudron. Un volcan qui vibre, gronde et érupte. L’unique tribune de 550 places se révèle bien souvent trop petite. Les affiches de Coupe de France, contre Dijon, Nanterre, la SIG ou Orléans, pour ne citer qu’elles, ont attiré deux fois plus de monde.

« Comme les cosmonautes, les adversaires en ressortent la tête à l’envers »

 

Cette année, le gymnase des Sept-Arpents a constitué une nouvelle fois une destination particulièrement inhospitalière pour les équipes adverses. Le BCS a ainsi remporté 16 des 17 matches de championnat qu’il y a disputés ! Seul Challans est sorti indemne du traquenard (69-75). « Il y a quelque chose dans cette salle, c’est certain, reprend le vice-président du club, qui prolonge la comparaison avec l’ex-URSS. C’est une centrifugeuse. Comme les cosmonautes, les adversaires en ressortent la tête à l’envers. »

 

 

À Souffel, le public joue pleinement son rôle de sixième homme. Et cela doit aussi beaucoup à la configuration de l’endroit. Ici, les supporters sont au bord du terrain. « On sent le souffle et la sueur du joueur », sourit Éric Mittelhaeuser. C’est l’antre du mâle en quelque sorte.

En ayant gagné le droit d’accueillir le Final Four de NM1 ce week-end, à la faveur de sa 2 e place à l’issue de la saison régulière, le BCS a donc mis un sacré atout dans son jeu. Lors du match retour pour la montée en Nationale 1, en 2010, Garonne avait été étrillé 93-46. « On change d’époque en entrant là-dedans, ajoute le manager général. Jusqu’à la sirène qui rappelle les attaques aériennes… »

 

 

Ce retour vers le passé n’empêche toutefois pas de se projeter sur l’avenir. Si 1,6 million d’euros a déjà été injecté dans la construction de l’extension et la rénovation des vestiaires, l’équipement, tel qu’il se présente aujourd’hui, n’est plus adapté aux exigences du haut niveau, à plus forte raison en cas d’accession en Pro B. Le cahier des charges de la LNB ne fixe, certes, aucune capacité minimale pour l’accueil du public. « En revanche, on se doit d’offrir un peu plus de confort à nos abonnés, comme des places attitrées, pour qu’ils ne soient plus obligés de venir deux heures avant le match afin d’être certains de le voir », reprend Éric Mittelhaeuser.

 

 

Le scénario d’une délocalisation des rencontres à la Rotonde, à Strasbourg, a fait long feu. « Cela posait des problèmes pour les créneaux d’entraînement. Et surtout, on n’était pas dans nos murs. »

La municipalité, de son côté, a commandé, en début d’année, une étude pour la construction d’une enceinte de 1200-1400 places à côté de la nouvelle école maternelle, rue de la Ville. Mais la solution a été abandonnée, faute de pouvoir proposer des stationnements en nombre suffisants. Vers la disparition de la « fumée bleue »

 

Le BCS restera donc dans cette salle qui lui « colle à la peau ». Mais l’endroit bénéficiera d’un sérieux lifting. Une tribune fixe de 250 places se dressera dès cet été derrière l’un des panneaux. Un accord verbal a aussi été trouvé avec les élus pour aménager, d’ici deux ou trois ans au-dessus des vestiaires, un espace de 600 m ², à même d’accueillir un bar, une salle de réunion et un espace VIP, pour un coût de 800 000 euros. « Pour regarder sereinement vers le futur, une nouvelle salle aurait été l’idéal. Mais un aménagement constitue un compromis acceptable », estime le dirigeant souffelois.

 

 

Le chaudron des Sept-Arpents ne s’arrêtera donc pas de bouillir de sitôt. Certaines pratiques, en revanche, n’auront plus cours si le club évolue à l’étage supérieur. Finies les odeurs de frites. Terminés les barbecues et la cuisson de tartes flambées qui ont pu irriter les yeux de certains joueurs. « Parfois, tu vois la fumée bleue au-dessus du parquet », conclut Éric Mittelhaeuser. Ou quand un bloc de béton stalinien abrite une ambiance de salle grecque.

 

 

 

 

 

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