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C’est en 1946 que l’aventure NBA a démarré, 55 ans après l’invention du basketball par le Dr Naismith. Au fil des années, la ligue est devenue mondialement connue et ses vedettes sont aussi riches et adulées que les stars d’Hollywood. Les matchs sont diffusés dans plus de 200 pays et le All Star Game est le cinquième événement sportif le plus médiatique du monde. La NBA a également acquis le statut d’une entreprise pesant plusieurs milliards de dollars dotée d’un redoutable marketing. La légende du basket Made in NBA s’est forgée au fil des années derrière des joueurs qui ont su faire rêver des générations entières : George Mikan, le premier « Big Man » de l’histoire, Russell et ses onze bagues de champion, Chamberlain, l’homme de tous les records, Magic, l’inventeur du showtime et tant d’autres… Et bien sûr Michael Jordan, le plus grand, devenu le sportif le plus adulé de la planète dans les années 1990. 

 

Nous sommes en 1946. La guerre est terminée depuis un an à peine. Un groupe d’homme se réunit, en majorité des propriétaires de salles dans quelques grandes villes américaines. L’initiateur de cette rencontre est celui du Madison Square Garden de New York. Ces propriétaires doivent pour l’heure se contenter de remplir leurs salles par des matchs de hockey et de boxe. Ces matchs sont trop peu nombreux pour remplir les salles pendant toute une année, et il faut songer à créer un événement capable de compléter le calendrier. De plus, dans le contexte de l’après-guerre, la population américaine a besoin de divertissement, de spectacle. C’est ainsi que le 6 juin 1946 à l’hôtel Commodore de New York est signé l’acte de naissance de ce qui va devenir la plus fantastique machine à spectacle et dollars de l’histoire du sport. Le premier commisioner sera Maurice Podoloff, président d’une ligue de hockey, l’AHL.

 

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Onze villes vont accueillir une équipe, essentiellement sur la côte est : New York, Chicago, Boston, Providence, Toronto, Cleveland, St Louis, Washington, Detroit, Pittsburgh et Philadelphie.

 

Le problème principal qui va se poser à la Basketball Association of America est que le nombre de ligues de basket créées depuis les années 1930 est énorme. Une ligue regroupe notamment les meilleurs joueurs du pays, la National Basketball League, basée surtout sur la côte ouest. Cette ligue est déjà bien implantée en 1946. La BAA a pour elle les dollars et les salles, mais manque de joueurs de talent et d’expérience. C’est ce manque de joueurs de qualité qui va guider la politique de la BAA, puis de la future NBA : recruter les meilleurs universitaires pour créer un championnat alliant la rapidité et l’enthousiasme propre aux matchs de college, le tout dans un univers professionnel. Autre point important, l’établissement du calendrier, axé autour des playoffs, phase finale du championnat.

 

Le premier match de l’histoire se dispute à Toronto. Les Huskies accueillent les Knickerbockers de New York. La place est gratuite pour toute personne mesurant plus de 2,03 mètres, soit la taille du plus grand joueur des Huskies, le pivot George Nostrand. Joe Fulks des Warriors de Philadelphie, arrivé tout droit de Kentucky, termine meilleur marqueur avec 23,2 points de moyenne, soit sept de plus que son dauphin, Bob Feerick de Washington.

 

Les Washington Capitols, coachés par un jeune entraineur nommé Red Auerbach, ont dominé la saison régulière de soixante matchs en remportant quarante-neuf rencontres et en ne s’inclinant qu’à onze reprises. Les Capitols se feront éliminer en demi-finale par les Chicago Stags. La finale oppose donc les Stags aux Warriors. Ces derniers remportent le titre en 5 manches (4-1) et deviennent les premiers champions de l’histoire de la ligue. La presse a contribué au développement de la ligue, les journaux, les radios et la télévision diffusant quelques matchs. Les joueurs des Warriors ont empoché 2000 $ pour leur victoire, ce qui représente la moitié de ce qu’ils avaient touché pendant la saison.

 

Depuis la création de la ligue, tout le monde parle d’un certain George Mikan, terreur des Chicago American Gears en NBL qui lui ont offert à l’époque le plus gros salaire de tous les temps, 12000 $ par an. Il décide toutefois de changer d’équipe et rejoint les Minneapolis Lakers, autre équipe de la NBL. Les medias et le public sont ébahis devant ce pivot qui domine la ligue à lui tout seul, ce qui constitue un véritable frein au développement de la BAA, qui rêve d’accueillir le meilleur joueur du monde.

 

La saison passe, en 1947-48, de soixante à quarante-huit rencontres. Quatre équipes quittent la ligue – Toronto, Detroit, Cleveland et Pittsburgh. Une équipe s’ajoute aux sept restantes, les Baltimore Bullets, et à la surprise générale, c’est cette nouvelle équipe qui va remporter le titre. Max Zaslofsky des Chicago Stags et Joe Fulks sont les meilleurs marqueurs. Baltimore va s’imposer au terme des Finals sur le score de 4 à 2 face à Philadelphie.

 

En 1948, la véritable aventure NBA débute : tout d’abord avec l’arrivée de George Mikan au sein de la ligue, ensuite avec l’arrivée de quatre équipes – Indianapolis, Rochester, Fort Wayne et Minneapolis – qui quittent la NBL pour rejoindre la BAA.

 

C’est ainsi que la dynastie Lakers commence. Déjà champion NBL l’année passée, Mikan explose tout sur son passage. Il remportera le titre de meilleur scoreur avec 28,3 points de moyenne et les Lakers battent Washington en finale (4-2). Mikan, bien que blessé gravement au bras lors du Match 4 continuera à jouer avec une prothèse sans que son niveau en soit affecté.

 

Dès la saison suivante, la NBL ne peut plus suivre la cadence sportive, économique et politique imposée par la BAA. Les six dernières franchises rejoignent la BAA pour former la National Basketball Association, la NBA. Mikan sera une nouvelle fois meilleur marqueur (27,4 points). Malgré une difficile organisation des playoffs, Minneapolis remporte son deuxième titre consécutif.

 

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La NBA n’a pas su gérer l’arrivée des nouvelles franchises NBL. De dix-sept, le nombre d’équipes passe à onze en 1950. Les Rochester Royals, l’autre équipe dominante de la ligue empoche le titre, le seul de leur histoire à l’issue d’une finale mouvementée face aux Knicks de New York. Victoire 4 à 3 acquise par Bob Davies et ses coéquipiers.

 

Cette saison n’a constitué qu’un intermède dans la dynastie Lakers et un an plus tard Mikan remporte un troisième titre de champion en battant les Knicks en finale. Arizin devient le meilleur scoreur de la ligue. Mikan domine tellement que les dirigeants ont reculé la ligne des lancers francs de 2m à 3,65m mais rien n’y fait. Le géant est trop fort.

 

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Une équipe jusqu’alors restée dans l’ombre commence à faire parler d’elle, les Boston Celtics. Cette équipe est incontestablement celle qui produit le plus beau jeu. Bob Cousy, meneur des Celtics incarne ce style de jeu léché dicté par le tout jeune entraîneur Red Auerbach, 34 ans.

 

En 1952-53, les dirigeants souhaitent faire évoluer le jeu. Les matchs sont plutôt soporifiques car les équipes ferment le jeu dès qu’elles mènent au score. La barre des cent points constitue un sommet presque inaccessible. Le problème ne sera résolu que deux ans plus tard. Minneapolis continue sa domination et bat les Knicks en finale. Après une défaite lors du premier match, les Lakers remportent les trois matchs disputés à New York.

 

Le spectacle n’est pourtant plus au rendez-vous et les spectateurs sont assommés devant des matchs inintéressants. Lors d’un match des playoffs 1953 opposant Boston à Syracuse, 106 fautes personnelles sont commises et 128 lancers francs sont tirés.

 

La saison 1953-54 va marquer la fin de l’ère Lakers avec leur cinquième titre en six ans. Mikan joue beaucoup moins mais se réserve pour les playoffs. Le 7 mars 1954 lors du match Minneaoplis – Milwaukee, le panier fut placé à 3m66 du sol afin de déstabiliser le géant des Lakers. Alors que les shooteurs sont complètement déréglés, Mikan survole une nouvelle fois les débats. A l’âge de trente ans, il tire sa révérence afin de s’occuper de ses proches. Il restera comme le premier « Big Man » de la NBA et comme son premier joueur de légende.

 

 

Durant l’intersaison 1954, Danny Biasone, propriétaire des Syracuse Nationals fait une proposition aux dirigeants : limiter la durée de possession du ballon en attaque. L’idée séduit tout le monde et fut mise en place dès le début de la saison. Lors du match d’ouverture, Rochester bat Boston 98 à 95 soit un des plus gros scores depuis la création de la ligue. La moyenne de points marqués passe de 79,5 à 93,1. Les Celtics deviennent la première équipe à tourner à plus de 100 points par match. Cette règle a tout simplement sauvé la NBA. Les Syracuse Nationals remportent le titre, emmenés par leur leader Dolph Schayes.

 

L’année suivante, ce sont les Philadelphia Warriors qui remportent le titre avec deux joueurs de grand talent, Neil Johnston et Paul Arizin. A eux deux, ils remportent tous les titres de meilleur scoreur de 1951 à 1957.

 

 

 

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