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Soyons clair. Même si l'Espagne n'a pas tout donné - notamment au vue du coaching de Scariolo qui a largement ouvert son banc, préservé ses joueurs majeurs et gardé secrète l'association des deux Gasol - la nette victoire à Barcelone du Team USA renforce son statut de grand favori. Ce n'est pas un hasard si depuis que Coach K a repris la sélection, son bilan est de 54v-1d. La sélection américaine n'est pas théoriquement imbattable, maintenant, la France - ou une autre équipe au cours du tournoi - sera-t-elle capable de remplir toutes les conditions pour terminer devant au score ?

 

En attendant, voici un petit guide pratique de ce qu'il faut faire. Une recette assez simple sur le papier. Mais pratiquement impossible à mettre en oeuvre.

 

1- Ne pas perdre la balle

 

Les Américains font la différence en transition et sur contre attaque. C'est leur principale force. Le premier rideau défensif, extrêmement aggressif sur le porteur de balle et les extérieurs génère chez l'adversaire un grand nombre d'approximations et de déchets. Et quand ils jouent small ball, les défenseurs intérieurs des Etats-Unis contestent un maximum la passe au poste, ce qui augmente également le risque de turnover. En retour, ces erreurs se payent au prix fort. Contre l'Espagne, les Américains ont réussi 13/14 aux tirs dans ces situations-là (dont 4/4 à 3-pts). Autant se tirer une balle dans le pied. Les Argentins (défaits 86-80) n'en avaient perdu que 13. Un bon chiffre. Autre conséquence, la faute "FIBA" pour arrêter la contre-attaque n'a jamais été aussi précieuse que contre cette formation.

 

2- Proposer de la zone par intermittence

 

Impossible de faire 40 minutes de zone face aux Américains. Au bout d'un moment, ils vont s'adapter et se familiariser. Et puis, face à de formidables avaleurs d'espace comme James, Durant ou Westbrook, les lignes finirons forcément par éclater. En revanche, là où la zone devient intéressante, c'est quand elle débarque à l'improviste et repart comme elle est arrivée. Guérilla style ! Mais il faut une sacré concentration et une belle rigueur pour réussir ça. L'objectif est de perturber sur de courtes séquences l'attaque américaine. La forcer à réfléchir, à sortir de la spontanéité qui fait sa force. Contre l'Espagne, le Team USA a shooté à 4/12 contre la défense de zone, soit 25,0% contre 47,8% sur individuelle. Et avec pratiquement deux fois plus de balles perdues à la minute. Il s'agit donc d'un outil pas inintéressant.

 

3- Livrer la bataille du rebond

 

Le meilleur moyen d'arrêter la déferlante de courses US est de contrarier son rebond. Les Américains ne sont pas très grands et une présence dans leur raquette doit permettre de perturber leurs relances. Attention toutefois de ne pas se livrer trop et à soigner aussi le repli. Mais il est indispensable que les intérieurs se jettent dans le combat avec toute l'intensité nécessaire. De l'autre côté du terrain, les cinq joueurs adverses doivent absolument bloquer leur joueurs au rebond défensif. Avec des meneurs comme Westbrook ou Williams, la pression athlétique est très importante et il faut tenir coûte que coûte. Avec des munitions supplémentaires pour LeBron et Durant, la partie est finie. Le Brésil, honorablement défait 80-69, avait dominé ce secteur du jeu 38 à 30. Ce n'est donc pas impossible.

 

4- Exécuter le pick'n'roll

 

C'est comme ça que les Grecs de Papaloukas avaient battu les Américains en 2006. En proposant une démonstration de jeu à deux avec écran dans l'axe. Il s'agit de leur dernière défaite. Alors, évidemment, tout le monde ne possède pas la classe du maestro héllène dans l'exercice, mais on parle de battre la meilleure équipe du monde, pas d'une promenade de santé. Une fois essuyé l'agressivité défensive des Amériains, ce qui n'est pas à la portée du premier venu, le positionnement des joueurs de l'oncle Sam sur la défense du pick'n'roll n'est pas excellente. Notamment s'il y a des déplacements autour de ce jeu à deux. Les rotations ne sont pas très en place et il y a de quoi exploiter des faiblesses, soit directement dans la raquette comme l'a fait Ibaka, soit à l'opposé. L'Espagne a shooté à 73% contre le Team USA sur les situations de pick'n'roll.

 

5- Provoquer des fautes

 

Il est clair que les Américains ont encore un peu de mal avec l'arbitrage hors-NBA. Il faut en profiter. Notamment sur les intérieurs et Tyson Chandler, le seul grand pivot du groupe qui montre une propension folle à enfreindre le règlement, même très loin du cercle. Au final, je ne suis pas persuadé que l'équipe américaine soit moins forte sans Chandler tellement elle est performante en cavalerie légère, mais son retour au banc ouvre quand même des perspectives sur le jeu dos au panier. Encore faut-il compter dans ses rangs un joueur capable de faire payer les Américains dans ce domaine-là. L'autre intérêt des fautes provoquées, c'est éventuellement de se retrouver sur la ligne des lancers à la fin des quarts temps. Pas négligeable quand il est difficile de marquer des paniers. L'Argentine par exemple en a shooté 29 mais n'en a réussi que 19. Dans une défaite de six points seulement (86-80), c'est rageant.

 

6- Prier qu'ils soient maladroits

 

Le Team USA shoote beaucoup à trois-points. Il aurait tord de se priver avec les talents offensifs qui composent le groupe. Quand ça tombe dedans, comme contre l'Espagne (13/23), c'est pratiquement mort. Maintenant, l'adresse étant fluctuante, le jour où les stars NBA ne voient pas les cercles comme des basines (13/34 contre l'Argentine, dont 7/11 pour Durant et surtout un mauvais 6/24 contre le Brésil), l'affaire devient plus abordable. Maintenant, contre l'Espagne, la défense de la Roja n'a pas été impeccable. Les Américains ont pris 17 tirs primés parfaitement ouverts (pour 10 réussites). On peut attendre un miracle, mais tout faire pour le provoquer, c'est mieux.

 

En bonus, le classement de Fran Fraschilla, qui commentait le match hier sur ESPN et qui officie aussi sur le site, des équipes les plus à même de perturber la sélection à la bannière étoilée : 1 Espagne, évidemment, 2 Brésil pour sa force intérieure, 3 Argentine pour son expérience et le talent de son cinq, 4 France, même si le journaliste n'y croit pas trop. Viennent enfin la Russie et la Lituanie.

 

 

 

 

Via Thomas Berjoan (NewsBasket.net

 

 

 

 

 

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