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Ali Traoré saura demain mardi s'il peut réintégrer les Bleus. Après trois semaines de travail de renforcement, le pivot se dit très confiant. Les progrès sont là. Entretien exclusif.

 

 

Salut Ali, comment vas-tu ?

 

Bien. Je vais bien mieux, ça bosse dur ici pour revenir à temps pour les Jeux.

 

Qu’est-ce que c’était cette blessure alors exactement ?

 

Un problème sur un tendon du genou. En fait, il y a deux ans, je m’étais fait une entorse de la cheville et à cause de cette faiblesse, j’ai beaucoup compensé. Et ma jambe droite est devenue plus faible que la gauche. Ce qui fait déjà que j’avais mal, mais en plus, je prenais des risques avec une jambe où je pouvais en gros de ma faire les croisés à tout moment. C’est ce qu’on a détecté lors du stage de l’INSEP, donc là, mon programme, c’est à la fois de soulager le genou mais surtout de remuscler au maximum ma jambe. Il fait beau, j’ai l’océan en face de moi.

 

Ton emploi du temps, c’est quoi alors ?

 

Je fais du 8 heures-17 heures. De la kiné, des massages, de la musculation, beaucoup de cardio, pour ne pas perdre la condition physique et pour que je sois prêt à revenir le mieux possible en équipe de France, et puis donc des exercices spécifiques par rapport aux faiblesses de ma jambe. Par rapport à ma musculature, il y a certains muscles que je ne sollicitais pas trop. A terme, ce travail va me rendre plus tonique, plus athlétique et ça me protégera les genoux.

 

Après cet été, c’est un protocole que tu vas devoir poursuivre ?

 

Oui, il y aura toujours un peu de douleur pendant un petit moment. De toute façon, si je veux revenir en équipe de France, il va falloir gérer cette douleur. Je suis beaucoup mieux qu’avant, mais il va falloir que je vienne avant tous les autres, m’échauffer pendant 30 minutes pour être vraiment prêt. Et ça, ça va durer pendant un petit moment.

 

Te voilà officiellement vieux !

 

Oui, officiellement (Rires). Mais quand la douleur sera partie, je n’aurai plus besoin de faire ça. Mais là, pour jouer de façon efficace, il faudra respecter ce régime serré.

 

Est-ce que tu seras prêt à temps pour réintégrer les Bleus ?

 

A l’heure qu’il est, j’ai bon espoir. On va faire un point demain avec le médecin et on décidera alors de ce qu’on fait. Si mes progrès sont assez concluants, je pense que je pourrais revenir, sinon… Mais je suis confiant, j’ai vraiment bien progressé.

 

Tu as l’air d’y croire…

 

Oui, parce que je vois tous les jours les progrès, ça va vraiment mieux. Des énormes progrès. Les tests effectués montrent ça. Maintenant, il faudra gérer la douleur, mais au moins, ça ne risque pas de péter. C’est le plus important. Je ne suis pas encore mort, je suis encore là !

 

Tu vas manquer un peu de ballon peut être, non ?

 

Oui parce que la forme, ça ira. En plus de la muscu, je fais du cardio tous les jours, et attention ! Du vrai cardio, pas un truc d’escroc, c’est à l’aqua-gym, un truc très intense…

 

L’aqua-gym, c’est le truc de grand-mère, non ?

 

(Rires) Non, non, ce n’est pas de l’aqua gym de grand-mère ! On fait des putains de sauts dans l’eau, du lever de genou, des sprints, c’est bien costaud. Et puis, pour le ballon, j’ai discuté un peu avec le coach, on se connait bien, ça fait trois étés que je suis avec les Bleus, je l’ai eu deux ans en club, donc les systèmes de coach Collet, je connais. Avec moi, ce n’est jamais le basket qui pose problème, ça va vite. Le plus important, c’est de bien revenir physiquement. Et là, je bosse tous les jours.

 

En plus, on n’a pas l’impression que la préparation collective ait vraiment commencée puisqu’il manque pratiquement tout le cinq majeur de l’équipe…

 

Oui, c’est dommage pour l’équipe de France, mais pour moi, ça m’aide un peu. Il manque pas mal de mecs, donc, c’est un bon point pour moi. On va vraiment rentrer dans le vif du sujet avec le stage d’Orléans, donc pour l’instant, je pense que je n’ai rien raté du tout. Rien d’important. Je suis encore dans le timing. Il faut juste que j’ai un avis positif demain mardi et ça peut vite s’enchaîner derrière.

 

Tu as suivi les Bleus jusque-là ?

 

Ouais, j’ai vu tous les matches. J’ai les échos des mecs, j’ai parlé avec eux à Pau. Pour l’instant, c’est vraiment un début de prépa. On n’a pas du tout travaillé la défense, maintenant, je sais comment ça marche. On a un peu de mal à débuter les matches, mais ça c’est normal. Faut qu’on retrouve les automatismes. Ce qui m’a plu, c’est que même sans trop de repères, on a pu installer du jeu. Et puis individuellement, il y a plein de mecs qui ont progressé, ça se voit, comme Fabien Causeur. Le mec a progressé à mort, c’est bon pour l’équipe de France. J’ai bien aimé aussi le petit Rudy Gobert. Il va être très très intéressant pour le futur, je suis content.

 

Tu dois regretter de ne pas avoir été là pour pouvoir le bizuter ?

 

Ahh ! C’est clair ! (Il se marre) Il avait de la chance que je n’ai pas été là, parce que moi, j’ai tellement mangé en 2009 que je me serai mangé sur sa gueule, mais dur ! Mais je pense que Flo Piétrus leur en fait baver un peu. Je lui fais confiance. J’ai vu le moment où ils chantaient, c’était gênant. L’autre truc que j’aime bien aussi cette année, c’est que Nico Batum ne va pas me dépasser au niveau des sélections. On était au coude à coude l’année dernière (51 pour Batum, 48 pour Traoré, ndlr), et là, sans cette petite blessure, j’aurai pu le rattraper. J’aurai récupéré mes trois sélections perdues dans l’éviction de l’été dernier. Cela dit, je lui souhaite le meilleur pour son contrat NBA. J’espère qu’il va aller à Minnesota, c’est une équipe qui monte, ils ont de l’argent, ce serait super pour lui. Ça joue bien en plus avec Rubio, Pekovic, Love, il y a du monde, c’est peut-être l’équipe de l’avenir.

 

 

 

 

 

 

 


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