De retour à Boston en tant qu'entraîneur-adjoint, Brian Scalabrine a mis en scène cet "événement" à la facçon dont a été traité le come-back de LeBron James. Une façon amusante de se moquer (un peu) de la star NBA et surtout de faire preuve de pas mal d'autodérision.

 

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Récemment, on a vu LeBron James bouleverser certains fans grâce à une lettre officielle déclarant son retour à Cleveland. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant de voir la première vraie parodie, et elle est sublimement offerte par Brian Scalabrine.


Le White Mamba se disait déjà plus fort que Kobe, intouchable, inarrêtable, et c’est sur ce même registre que le commentateur de ComCast a décidé de passer son été, en envoyant une lettre mémorable à CSNNE hier. La légende vivante nous a donc mis à terre avec une auto-dérision et un touché exceptionnel, on vous donne ci-dessous la traduction… Attention, séquence émotion.

 

Avant que qui que ce soit ne se soucie de l’endroit où je jouais au basket, j’étais un enfant élevé à Enumclaw, dans l’état de Washington. C’est là que je marchais. C’est là que j’ai couru. C’est là que je distribuais les journaux en vélo à six ans. Cet endroit a toujours tenu une place spéciale dans mon coeur. Mais au moment où j’ai signé avec les Celtics, je savais que c’était ma nouvelle maison. La plupart des gens y sont comme moi. Ils travaillent dur, ils jouent dur, et la passion qu’ils ont pour leurs équipes sportives est inimitable dans le monde entier. J’ai eu la même passion pour mon équipe, tout comme les fans. Je suppose que j’étais un peu comme les fans, sauf que j’avais un siège gratuit au bord du terrain et si nous menions de 20 points avec moins de deux minutes à jouer, je rentrais en jeu. Où étais-je – la grande ville américaine de Boston. À Boston, la passion des gens peut être écrasante. Mais elle m’a poussée. Les Celtics n’avaient pas gagné de titre depuis l’époque de Larry Bird dans les années 80, donc je voulais leur donner de l’espoir quand je le pouvais. Je voulais les inspirer quand je le pouvais. Ma relation avec Boston est devenue plus grande que le basket-ball. Je ne le savais pas quand j’ai quitté Boston via le marché il y a quatre ans. Je le sais maintenant.

 

Vous vous rappelez quand j’avais dédaigné les Celtics en signant avec les Chicago Bulls en 2010? En fait, je priais Danny Ainge pour me garder et il m’a souhaité bonne chance. Je me disais : « c’est vraiment difficile. » Je pouvais le sentir. J’ai laissé quelque chose que j’avais passé cinq ans à créer. Je n’ai pas payé le moindre repas depuis 2008. Et si tout cela s’en allait ? Mais si je devais tout revivre une fois de plus, je ferais probablement la même chose en partant. Chicago, pour moi, a toujours été comme l’école d’études supérieures. J’avais toujours considéré l’obtention de mon MBA (Maîtrise en administration des affaires) à l’Université de Northwestern. Ces quatre dernières années ont contribué à renforcer mon CV pour présenter l’individu complet et épanoui que je suis. Je suis un meilleur joueur, un meilleur entraîneur, un meilleur commentateur, et un meilleur Mamba. J’ai beaucoup appris de mon temps passé avec quatre franchises … en fait cinq si l’on compte mon passage en Italie en raison du lock-out. Quel était le but du lock-out au fait ? Je vais toujours penser que ma troisième maison c’est Chicago et Oakland probablement ma quatrième maison… Mais pas genre le centre d’Oakland, plus genre les banlieues. Sans les expériences que j’ai vécues dans ces lieux, je ne serais pas capable de faire ce que je fais aujourd’hui.

 

Je suis allé à Chicago parce qu’il y avait Tibs (Tom Thibodeau) et D-Rose et l’énergie incroyable de Joakim Noah, et c’était ma seule offre d’emploi dans le pays. J’ai adoré devenir un client quotidien à Giordano Pizza, les repas gratuits étaient de retour. J’ai adoré les fans et la création du White Mamba par Stacy King. Chicago était exactement ce dont j’avais besoin et je pensais que nous pourrions faire quelque chose de magique, si nous nous réunissions. Mais nous sommes tombés un peu court. Alors j’ai pris mes talents vers Golden State à la recherche d’un titre et j’ai vraiment cru que nous pourrions faire quelque chose de magique, si nous nous réunissions. Mais ensuite, j’ai été envoyé vers la D-League où nous avons atterri à Hidalgo dans le Texas, sur des vols commerciaux avec aucune première classe et être assis à côté d’un pivot de 2m20 nommé Ognjen Kuzmic. Il n’y avait rien de magique qui se passait là-bas, peu importe les tentatives d’unisson. Et c’est à ce moment-là que je savais qu’il était temps de rentrer à la maison.

 

J’écris ceci parce que je veux saisir l’occasion de pouvoir m’expliquer sans être interrompu… et de recueillir quelques grands journaux basés sur une autre récente signature en NBA … d’une façon similaire. Je ne veux pas que quiconque pense : lui et Mark Jackson ne s’entendait pas… Les Bulls et les Warriors ne pouvaient pas assembler la bonne équipe … Est-ce que quelqu’un se préoccupe vraiment de ce que Brian Scalabrine est en train de faire maintenant? Aucune de ces choses étaient vraies. Et pour mémoire, je n’ai jamais joué pour les Warriors, j’étais juste un entraîneur, les gens ne m’ont pas vu tenir ma palette ? Je ne comprends pas pourquoi les gens ne pouvaient pas affronter la réalité, je tenais une palette, j’étais un vrai coach.

 

Je ferai probablement une conférence de presse, et assurément une fête. Et tout Boston sera invité. Et quand nous aurons terminé, nous aurons encore quelques mois devant nous avant de retourner au travail.

 

Quand j’ai quitté Boston, j’étais en mission. Je cherchais un autre titre. Je voulais faire un nouveau défilé de champion en fin de saison, faire péter d’énormes bouteilles de champagne, et peut-être même participer au podium. Mais Chicago connaissait déjà ce sentiment avec MJ et Oakland aussi dans le baseball avec les Bash Brothers. Comment ces gars ont-ils gagné une seule bague ensemble ? Sérieusement. Les fans des Celtics n’avaient pas eu ce sentiment depuis ma dernière apparition. Mon but est de permettre aux Celtics de remporter plus de titres que toute autre franchise de la NBA, et je ne dormirai pas jusqu’à qu’on y soit arrivé. Hors de question.

 

J’ai toujours cru que je rentrerais à Boston et finirais ma carrière là-bas. Je ne savais pas quand. Après la saison, je suis allé voir 22 Jump Street. Ensuite, j’ai vu They Came Together avec Paul Rudd et Amy Poehler. C’était parfait. Mais j’ai deux filles et un garçon. Nous avons une belle famille. J’ai commencé à imaginer ce que donnerait l’évolution de ma famille du côté de Boston, enfin pas genre le centre-ville, plutôt genre Metro West ou au moins vingt minutes à l’extérieur de la ville. J’ai regardé les autres équipes, mais je n’allais pas laisser Oakland pour n’importe où sauf Boston… ou peut-être Chicago … ou peut-être de Brooklyn … ou peut-être aller à Los Angeles afin de rejoindre Doc (Rivers). Plus le temps passait, plus je me sentais bien. C’est ce qui me rend heureux.

 

La dernière fois que j’étais à Boston, les fans étaient tous sur moi. Ils m’ont dit que je ne savais plus jouer, et ils m’ont mis au défi sur des un-contre-un. Ils ont appelé cela le Scallenge, et j’ai donné à ces fans des fessées façon Beantown.

J’ai pris le ballon, pris leur fierté et leur ai montré ce que le vrai White Mamba était. Ils ont écrit des lettres et m’ont demandé mon autographe. Certains m’ont même invité à leur mariage, c’est devenu un peu bizarre. Même Bill Simmons a voulu me voir revenir depuis un certain temps. J’ai rencontré Bill, face-à-face, d’homme à homme. Nous avons discuté de tout. Pendant la Draft cette année, Bill a brandi soin poing en direct. Tout le monde fait des erreurs. J’ai fait des erreurs aussi – une fois j’ai mal prononcé le nom d’Omer Asik à Chicago. Qui suis-je pour en vouloir?

 

Je ne suis pas un vendeur de titres de champion. Je sais à quel point c’est difficile d’y arriver. Nous ne sommes pas prêts à l’heure actuelle. En aucune façon. Bien sûr, je veux gagner l’année prochaine, mais je suis réaliste. Je suis seulement un commentateur – qu’est-ce que je pourrais faire vraiment? Ce sera un long processus, beaucoup plus long qu’en 2008. Ma patience sera mise à l’épreuve. Je le sais. Je suis dans une situation où l’équipe est jeune, l’entraîneur aussi. Je serai le jeune commentateur de Comcast SportsNet, dans la cabine à côté du légendaire Mike Gorman et j’apprendrai du plus grand analyste du jeu en Tommy Heinsohn. Je sais que j’ai beaucoup à apprendre, mais je me vois comme un champion, et je pense que je peux aider à analyser quelques grands dunks venant de Marcus Smart cette saison. Je pense que je peux élever le jeu de Kelly Olynyk par la quantité de recherches que je fais faire à mes stagiaires avant de commenter des matchs en déplacement. Et je ne peux pas attendre de retrouver Rajon Rondo, l’un de mes coéquipiers préférés. Paul, KG et Ray ne sont certes plus ici, mais Rondo et le White Mamba restent à Boston, au moins pour l’instant.

 

Mais ce n’est pas une question d’effectif ou de franchise. En fait, à y réfléchir à deux fois, c’est vraiment sur ​​la franchise. Que peut-on faire de mieux que les Celtics? Je sens que mon commentaire va ici au-dessus du basket-ball – vous saisissez… mon commentaire… double sens? On appelle ça un jeu de mots. J’ai la responsabilité de montrer l’exemple, sur plusieurs aspects, et je prends cela très au sérieux. Je veux que les enfants de Boston, comme les centaines de enfants des écoles élémentaires qui ont les cheveux roux et aucune chance de faire de la NBA, réalisent qu’il n’y a pas de meilleur endroit pour grandir. Peut-être que certains d’entre eux reviendront à la maison après l’université pour travailler dans une banque. Cela me ferait sourire. Notre communauté, qui a tant lutté. En fait, pas vraiment. Gagner huit championnats depuis l’an 2000 n’est pas vraiment une lutte, et je suppose que les Sox ont remporté le titre l’année dernière. J’aurais dû me douter… où en étais-je ? Ah oui, je veux apporter une autre bague de champion à Boston. Vraiment, je veux juste monter dans un autre défilé de fin de saison et fumer un cigare cubain hors de prix comme un hommage à Red (Auerbach) après avoir accroché la bannière numéro 18.

 

À Boston, rien n’est donné. Rappelez-vous dans le film The Departed quand Francis Costello disait, « Personne ne vous le donne. Vous devez le prendre. » C’était une grande scène et un grand film façon Boston.

 

Je suis prêt à accepter la Scallenge. Boston, je rentre à la maison….

 

Un grand jour dans l’histoire de la NBA.

 

 

Source : CSNNE

 

 

 

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