10974696.jpg

 

La nouvelle est à peine digérée. James Harden est parti à Houston en compagnie de Cole Aldrich, Daequon Cook et Lazar Hayward. En retour le Thunder reçoit Kevin Martin, Jeremy Lamb et deux premiers tours de draft. Le troisième maillon du trident formé avec Kevin Durant et Russell Westbrook sera donc manquant. Alors que beaucoup, imaginaient que l’équipe d’Oklahoma City pouvait largement rivaliser avec les Lakers pour accéder aux finales NBA, qu’en est-il exactement aujourd’hui ?

 

James Harden c’est d’abord le meilleur 6e homme de la saison dernière. Malgré un temps de jeu de 31,4 minutes, c’est bien du banc que le barbu sortait en relais de Thabo Sefolosha, pour scorer en moyenne 16,8 points par match. Littéralement capable de prendre feu, comme lors de 4e quart-temps du match 4 contre les Mavericks, Harden fut un chaînon essentiel dans l’accession récente du Thunder en finales NBA.

 

 

 

Harden jouait donc le rôle du joker à merveille. Très adroit au shoot (49,1% de réussite dont 39% à 3-points), le barbu était aussi capable de parfaitement voir le jeu et s’intégrait parfaitement dans ce collectif d’Oklahoma City. Preuve de son rôle prépondérant dans l’équipe le Thunder affichait la saison dernière,  un ratio de +9,1 point d’avance pris sur ses adversaires quand il était sur le parquet, contre seulement en 1,4 lorsqu’il était sur le banc.

 

Son impact sur la défense était en effet, lui aussi très important. Capable de garder des meneurs comme des arrières, il était, lorsqu’il était sur le terrain le premier rempart de la défense du Thunder, devant le deuxième rideau Ibaka/Perkins. Alors qu’il semblait avoir pu renforcer ses liens d’amitié avec Durant et Westbrook cet été à Londres, le voici maintenant parti pour des raisons financières. En récupérant Kevin Martin, Jeremy Lamb et deux premiers tours de draft en échange, les dirigeants du Thunder ont-ils vraiment limité la casse ou au contraire, ont-ils encore une fois monté un trade très intelligent ? Analyse.

 

Kevin Martin a 29 ans. Drafté en 26e position de la draft 2004 par les Kings, il s’est vu très vite propulsé en tant que franchise player de l’équipe de Sacramento, avant d’être transféré à Houston. Ses qualités offensives n’étaient alors plus à prouver, la preuve avec ce jour où il a scoré 50 points dans une défaite des Kings après 3 prolongations face aux Warriors, peu avant son départ pour l’équipe texanne. A nouveau, dans un rôle de leader offensif de l’équipe des Rockets, il a montré qu’il était capable de très gros cartons, notamment lors de la saison 2010-11, ou sa moyenne de points s’élevait à 23,4 unités par match. Malgré un talent indéniable au scoring, Martin n’a pourtant jamais pu montrer qu’il était un véritable leader.

 

En effet, depuis l’arrivée de l’arrière scoreur, les Rockets n’ont jamais dépassé les 43 victoires et ne se sont jamais qualifiés en playoffs, toujours bien placés, mais incapables de franchir le cap, la faute à un niveau trop relevé au sein de la conférence Ouest. De plus, ayant manqué un tiers des rencontres de la saison passée, le joueur a semble-t-il subi les conséquences du lock-out, et ses stats offensives se sont vues fondre (17,1 points par match). Bien trop irrégulier, et avec une adresse au shoot insuffisante (41,3 %), il n’était plus forcément bien vu à Houston. BasketAmericain.com avait d’ailleurs déjà annoncé dans sa preview des Rockets il y a plus d’un mois, qu’il devrait être la principale monnaie d’échange de l’équipe texanne en cas de trade.

 

 

Clairement moins bon que James Harden défensivement, moins jeune et sûrement plus croqueur que lui, comment pourra-t-il s’intégrer à cette équipe du Thunder ?

 

Pour commencer, il est clair que Kevin Martin aura beaucoup moins de pression sur les épaules. N’ayant plus à endosser la responsabilité d’être un franchise player, il pourra ainsi mieux choisir ses shoots. Personne ne lui demandera de marquer 25 points chaque soir, Durant et Westbrook étant d’abord là pour ça. Au contraire, il attirera sûrement moins les défenses sur lui qu’à Houston, et pourrait profiter des pénétrations de ses deux coéquipiers pour profiter des positions libres à l’extérieur et endosser le rôle de sniper à 3 points. Même si sa moyenne de points n’augmentera sûrement pas considérablement par rapport à sa dernière saison en demi-teinte, il serait bien probable de voir son pourcentage au shoot lui, progresser.

 

Ensuite, on ne voit pas pourquoi le starting five du Thunder changerait. Scott Brooks avait en effet l’habitude de titulariser Thabo Sefolosha pour ses qualités défensives, afin d’apporter plus d’agressivité de ce côté-là dès le début du match. Kevin Martin étant clairement un moins bon défenseur que l’arrière suisse, le transfert d’Harden ne devrait pas altérer les plans de coach Brooks. Le rôle de facteur X sortant du banc pourrait de plus, être taillé pour Martin. Justement très complémentaire à Sefolosha, qui devrait ainsi voir son rôle prendre encore plus de valeur, l’entraîneur du Thunder pourra continuer à alterner entre un gros défenseur et un joker offensif en fonction des besoins de l’équipe.

 

Enfin, si l’on prend en compte l’âge des deux principaux concernés par ce trade, le Thunder est clairement perdant. Mais… Attendez… N’ont-ils pas justement récupéré Jeremy Lamb et 2 futurs premiers tours de draft dans cette affaire ? Ces derniers, comme le dit Sam Prest, pourront aider le Thunder à garder une équipe compétitive sur la durée.

 

Jeremy Lamb lui, même s’il a parfois déçu à UConn, est un vrai joueur de basket. Capable de sentir le jeu, le rookie drafté au 12e choix de la dernière draft, n’a que 20 ans. Déjà réputé comme un excellent shooteur, il a tourné à 6,2 points en 16,5 minutes en pré-saison. Comparé justement à Kevin Martin (dans le meilleur des cas) par le sitre référence DraftExpress, Lamb pourrait tout à fait prendre le relais de ce dernier d’ici deux ou trois ans si son âge devenait un problème dans les années à venir. Relativement athlétique, meilleur défenseur et plein de potentiel, le pari pourrait être payant assez vite pour le Thunder.

 

 

Au final, le trade paraît encore une fois très intelligent du côté du GM Presti et de ses ouailles. Même s’il prend forcément un risque, et qu’il ne sait pas encore aujourd’hui si le niveau de son équipe égalera celui de l’an passé, il semblait difficile d’obtenir meilleure contre-partie pour James Harden.

 

Il s’évite ainsi le risque de perdre Harden à la fin de la saison prochaine sans rien recevoir en échange, et garde des finances saines au sein de sa franchise. Sam Presti écarte aussi tout éventuel danger de ressentir les effets néfastes d’une « situation Harden », plombant le moral de l’équipe à la fois dans les vestiaires et sur le terrain, à l’image du Melodrama ou du Dwightmare, connus par les Nuggets et le Magic lors des deux saisons précédentes.

 

Le Thunder atteindra-t-il à nouveau la finale NBA cette année ? Pas sûr. Ils perdent clairement certaines facettes du jeu d’Harden comme la capacité à poter le ballon et de jouer en pénétration, que Kevin Martin ne semble pas avoir. Cependant, Sam Presti a sûrement fait le meilleur compromis possible pour allier les bons résultats, aussi bien dans le présent que dans le futur.

 

 

 

Retour Ă  l'accueil