L'Angola, la fin brutale d'un règne sans partage au sommet du basket africain ?

Présent au sommet du basket-ball africain depuis plusieurs décennies dans les années 80 à 2000, remportant son dernier AfroBasket en 2013 à Abidjan en Côte d'Ivoire, l'Angola ne fait plus peur à personne. Du moins, les Palancas Negras sont en fin de cycle, mais il ne faut surtout pas commettre l'erreur de les enterrer définitivement encore moins de si tôt. 

L'Angola a lui seul, c'est onze titres de champion d'Afrique, un palmarès inégalé qui en fait de lui l'équipe la plus titrée du continent africain et l'une des équipes au monde ayant pris part à de nombreuses compétitions à l'échelle mondiale, c'est à dire le championnat du monde et les Jeux Olympiques. Mais voilà, depuis son tout dernier sacre continental et sa dernière apparition à la Coupe du monde FIBA 2014 en Espagne, l'Angola a vraiment du mal à s'affirmer. Fini le temps où les Palancas Negras faisaient trembler toute l'Afrique de basket-ball. Les résultats de l'équipe ne sont plus brillants comme ce fut cas auparavant. Les victoires sont remportées difficilement, sans aisance et parfois même sur des prestations étriquées depuis 2015.

La fin d'un règne ?

Bien entendu, on est en droit de se poser la question compte tenu des derniers résultats plus qu'alarmants de l'équipe nationale angolaise depuis les qualifications jusqu'à l'Afrobasket 2021 qui se déroule en ce moment à Kigali au Rwanda. Ce qui inquiète le plus aujourd'hui, ce n'est pas uniquement les deux défaites concédées coup sur coup contre le Cap-Vert et le Rwanda. C'est le manque de réaction d'une équipe devenue trop prévisible pour les autres nations africaines. Comme certains pays africains présents au sommet continental dans les années 70 et 80 mais qui n'ont pas pensé à innover sur un nouvel élan, restants ainsi bloqués à l'époque de la Guerre froide et du scandale de Watergate, l'Angola est entrain de subir le même déclin. Malgré une domination sans partage au sommet du basket-ball africain, l'Angola, ne disposant en réalité que d'un petit réservoir de talents, a su profiter pleinement du manque de programme ambitieux et du manque de sérieux de nombreux pays participants à l'Afrobasket pour asseoir sa suprématie. Au fil des années, de nombreux pays se réveillent et travaillent avec beaucoup de sérieux sur un programme ambitieux à long terme. C'est le cas de la Tunisie, de l'Égypte et aujourd'hui du Rwanda sans oublier l'avènement des pays comme le Cap-Vert, le Sud-Soudan, le Kenya et l'Ouganda dont il ne faudra plus négliger. D'autres pays comme le Sénégal, le Nigéria et la Côte d'Ivoire sont restés dans le Top 8 africain sans pour autant reprendre le flambeau. Depuis la domination angolaise, aucune autre équipe ne parvient à gagner dans la continuité, même si cela pourrait changer avec la Tunisie. 

Un nouveau programme pour exister 

Avec cet éveil de conscience dans d'autres pays, l'Angola n'a pas su s'adapter. L'une des raisons est l'absence de véritable réservoir de talents comme c'est le cas ailleurs. En plus de ça, vient s'ajouter une guerre de leadership au sein de la Fédération Angolaise de Basketball qui paralyse la gestion des équipes nationales, tant chez jeunes ainsi que les seniors. On prend les mêmes et on recommence. Sauf que Carlos Morais, Eduardo Mingas et Leonel Paulo n'ont plus leurs jambes de 20 ans. À côté de ça, les jeunes talents du pays évoluant aux États-Unis comme Bruno Fernando qui vient d'être envoyé aux Boston Celtics dans un trade et Silvio De Sousa qui a changé d'université cet été après avoir quitté Kansas, ont du mal à s'adhérer au projet de la Fédération angolaise. Et pourtant, l'avenir de l'équipe devrait être encore plus belle avec ces deux talents, en plus d'autres jeunes talents présents à l'Afrobasket de cette année comme Jilson Bango.

Sur le papier, il y a certainement beaucoup de travail à faire mais l'Angola n'est pas encore fini, loin de là. Ce serait une erreur épouvantable pour les autres équipes d'enterrer de si tôt les Palancas Negras qui à mon avis vont renaître de leurs cendres si la Fédération décide de régler ses querelles internes et surtout de revoir sa formation. Il est impossible d'exister actuellement sur la scène africaine ou mondiale en s'appuyant exclusivement sur la ligne arrière. Il faut former des grands hommes mobiles pour proposer un nouveau défi aux autres équipes qui ne cassent de progresser vers l'excellence. 

La Tunisie a compris que la génération de Salah Mejri, Radhouane Slimane et Makram Ben Romdhane n'est pas éternel et qu'il est nécessaire d'injecter à chaque sortie internationale du sang neuf pour rester au sommet encore les prochaines années. L'Égypte a montré l'exemple en étant l'un des pays les plus réguliers dans le dernier carré de l'AfroBasket. Cette présence parmi l'élite africaine est liée à un vrai programme de formation. Les Égyptiens ont su s'adapter au basket-ball moderne au fil des années et malgré l'absence de nombreux joueurs cadres, les pharaons trouvent toujours le moyen de rester au moins dans le Top 8 continental. D'ailleurs, l'Égypte est actuellement le seul pays qui donne du fil à retordre au programme malien chez les équipes de catégorie jeune. Là où l'Angola semble avoir cédé du terrain ces dernières années depuis la révélation de la génération de Silvio De Sousa, Bruno Fernando et autres.

L'Angola possède encore de jeunes talents sur qui le pays peut compter pour les quatre ou huit prochaines années, mais pas plus. Il faut repenser tout son programme et revoir sa formation pour reprendre sa couronne de roi d'Afrique perdue depuis 2015. Rien n'est encore impossible pour un pays qui dispose de vrais moyens financiers, encore faudra t-il que les autorités du pays prennent leurs responsabilités pour permettre aux Palancas Negras reprendre le flambeau. Comme toute reconstruction, ce n'est jamais facile, mais l'Angola est condamné aujourd'hui à le faire pour exister, sinon le pays sera l'ombre de lui-même d'ici 2028.

Une analyse de Cyrille Ngario, News Basket Beafrika 

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