Playoffs NBA 2021 : les prédictions du deuxième tour (demi-finales de conférences)

Pour ceux qui ont distraitement suivi le premier tour des séries éliminatoires (Playoffs) de la NBA, voici ce que vous devez savoir :

- Les deux finalistes de 2020, dans la fameuse bulle à Orlando, ont été éliminés d’emblée en 2021. Bien que la qualité de l’adversaire peut être partiellement blâmée autant pour le Heat de Miami que les Lakers de Los Angeles, l’élément fatigue arrive clairement en tête de liste des explications. Les deux équipes n’auront eu que 73 jours de repos entre le dernier match de la finale et le premier de la saison régulière suivante. C’est très peu, presque deux fois moins que lors d’une saison normale. En guise de comparaison, les Raptors en avaient obtenu 131 la saison précédente. Donc moins de repos = plus de fragilité la saison suivante. Plus de fragilité = plus de blessures. Plus de blessures = moins bon classement final. Moins bon classement = adversaire plus coriace au premier tour, etc. Vous avez saisi mon idée je présume.

- La fiche des équipes à l'extérieur lors du premier tour de ces séries éliminatoires : 21 victoires et 22 défaites. Très surprenant. Je comprends que certaines arènes n'ont pas encore le droit d’opérer à pleine capacité. Il n’en demeure pas moins que les fans sont à nouveau omniprésents aux États-Unis et que l’avantage du terrain aurait dû s’avérer plus fort à mes yeux.

- Quelques vétérans se sont illustrés : le trio KD/Kyrie/Harden vient en tête de liste. Kawhi Leonard arrive pas loin derrière. Les deux vedettes qui entrent dans leur apogée n’ont pas déçu non plus : Giannis et Jokic. Mais je retiens surtout le brio frappant d’une prochaine génération de vedettes : Devin Booker, Donovan Mitchell, Luka Doncic et Trae Young. La NBA arrive toujours à faire de la place à la prochaine vague de superstars.

- Non seulement les champions en titre ont-ils fléchi dès le départ, mais il s’agit de la toute première fois en 18 saisons chez les pros que LeBron atteint les séries mais ne franchit pas ensuite une seule ronde. Quel exploit! Sans oublier qu’on aura assurément droit à une finale qui n’impliquera ni LeBron ni Steph Curry. Du jamais vu depuis 2010. C’est ce qu’on appelle une touche de diversité.

- La NBA aime bien la diversité d’ailleurs. Mais elle aime encore plus quand les plus gros marchés d’Amérique sont représentés tard dans les séries éliminatoires. Même son de cloche pour les diffuseurs majeurs comme TNT et ESPN. Ces entités sont donc un peu déçues de l’élimination hâtive des Lakers, des Knicks de New York, du Heat et des Celtics de Boston. Vous me direz que les Nets et les Clippers peuvent encore transporter le fardeau hollywoodien et new-yorkais. Je vous répondrai que ce n’est que partiellement vrai. Le ‘star power’ de Kawhi et Durant aidera. Mais les Nets et les Clips n’ont pas et n’atteindront jamais le niveau d’importance, d’historique et de notoriété locale de leurs rivaux.

- Et restant dans la thématique de nouveauté :

Équipes éliminées au premier tour en 2021 : 19 titres remportés depuis 1980

Équipes encore en vie : un seul titre depuis 1980 (Les Sixers en 1983)

La morale? Il y aura une ville qui célébrera un titre NBA pour la première fois en 2021. Ou du moins la première fois depuis des lunes.

Gardez tous ces faits en tête en lisant mon aperçu du deuxième tour qui suit :  

Conférence Est

(5) Atlanta vs (1) Philadelphie

Les grandes lignes : avant de voir le premier match de la série dimanche après-midi, je prédisais un triomphe des Sixers en sept matchs. Mon opinion n’a pas vraiment changé après le triomphe des Hawks lors du premier duel en Pennsylvanie dimanche, mais disons qu’elle a été ébranlée un peu. Ce collectif d’Atlanta a beau avoir très peu d’expérience des séries, il semble n’avoir peur de rien. Avec Trae Young qui sonne la charge en ce sens. Leur force de frappe et leur profondeur me paraît légèrement supérieure à celle des Sixers. Ceci étant dit, j’ose croire que l’avantage du terrain et l’expérience acquise en séries depuis deux ans aidera Philly à passer au travers. Ce serait catastrophique pour la troupe de Doc Rivers de ne pas atteindre la finale de l’Est après avoir terminé premiers au classement tout en évitant les Nets et les Bucks au deuxième tour. Plus j’avance dans mon texte, et plus je suis inquiet pour les partisans des Sixers à bien y penser. Le bon Doc n’a pas été le meilleur pour s’ajuster en cours de séries depuis quelques saisons et toute la pression sera sur ses/leurs épaules. Ouf!

La vedette de la série : Trae Young -  Il a maintenant une série remportée de plus en poche que le joueur auquel il sera éternellement comparé, soit Doncic. Pas mauvais du tout. Le garde de troisième année a été presque parfait contre les Knicks à ses débuts en carrière en séries éliminatoires. Et il a poursuivi en ce sens lors du match n°1 de deuxième tour avec 35 points et 10 passes décisives sur 23 tirs tentés. Il se rend à la ligne de lancers francs avec régularité, contrôle le tempo du match, peut créer pour lui-même et pour ses acolytes. Bref, il me surprend pour l’instant et je crois que sa créativité pourrait faire basculer l’équilibre face aux 76ers.

Le facteur ‘X’ : Joel Embiid – Sa santé tiendra-t-elle la route lors d’une série éprouvante qui se rendra potentiellement à la limite? Si la réponse est oui, les Hawks et Clint Capela seront à bout de solutions tôt ou tard. Et basé sur son match n°1, avec 39 points, 9 rebonds et 3 blocs en 38 minutes, le constat de départ est positif. Mais vous savez comme moi que rien n’est acquis et que la fragilité arrive en tête du C.V. quand on parle du charismatique pivot camerounais.

Ma prédiction : Sixers en 7... de justesse

(3) Milwaukee vs (2) Brooklyn

Les grandes lignes : La finale avant la finale? Pour moi, il s’agit indiscutablement de la série la plus fascinante et polarisante du deuxième tour. Les Nets ont été établis favoris, mais l’adversaire sera possiblement le plus coriace sur leur route. Encore une fois, j’ai eu le bénéfice d’adapter mon texte selon le déroulement du premier match de la série disputé samedi soir à Brooklyn. Ma prédiction avant le début de la série : Bucks en 6. Audacieux, je sais. Surtout après samedi alors que les Nets ont perdu les services de James Harden lors de la toute première minute du match (à la suite d'une élongation musculaire à la jambe). Et ils ont quand même décroché une victoire plutôt convaincante. Je vais maintenir ma prédiction originale, parce que je suis un homme d’honneur, mais j’avoue qu’il serait maintenant très surprenant de voir les Bucks remporter 4 des 5 prochains affrontements. Ces derniers ont tiré un pitoyable 6 en 30 à 3 points samedi et se replaceront assurément pour la suite. Mais la fluidité offensive et la force de frappe générale des Nets est tout simplement impressionnante.

La vedette de la série : Giannis et KD – Je vais tricher ici en choisissant les deux sur une base ex aequo. Le ‘Greek Freak’ a été de loin le meilleur joueur des siens samedi avec 34 points et 11 rebonds tout en réussissant 67% de ses tirs du périmètre. Les Nets n’ont pas de joueur bâti pour le ralentir, et il devra amener son jeu à un ultime niveau lors des deux prochaines semaines. Il a la chance de faire grimper sa réputation d’une coche en arrachant cette série. Quant à KD, il est assurément de retour à son niveau pré-déchirure de tendon d’Achille. Chapeau à la médecine moderne, car c’est toute la planète NBA qui bénéficie de le voir briller à nouveau sur les parquets. S’il accote la production offensive de Giannis, ça pourrait très bien suffire à faire pencher la série vers les Nets.

Le facteur ‘X’ : Harden et Holiday – Encore une fois, je triche en choisissant deux joueurs. Harden ratera au minimum le deuxième match de la série. Et pariez que ce sera probablement encore plus long, car il s’agit du même malaise musculaire qui a causé son absence pendant 37 jours en fin de saison régulière. S’il arrive à revenir au jeu plus tôt que prévu, ça peut changer bien des choses. Quant à Holiday, il a non seulement été acquis par les Bucks pour son expérience mais pour son brio défensif. C’est l’heure de livrer la marchandise en ralentissant Kyrie. Lourde tâche.

Ma prédiction : Bucks en 6... en le chuchotant

Conférence Ouest

(4) Clippers L.A. vs (1) Utah

Les grandes lignes : La logique a été 100 % respectée en première ronde de l’Ouest avec des victoires des clubs 1-2-3-4. Ça nous offre donc un intrigant Clippers vs Jazz dès mardi soir à Salt Lake City. Le meilleur joueur de la série, il portera le numéro 2 des Clips. Mais la meilleure équipe des joueurs 1 à 8, en matière de chimie et d’expérience en groupe, c’est probablement le Jazz. Faîtes vos jeux messieurs et dames! Les trois meilleurs joueurs de Utah – Mitchell/Conley/Gobert - œuvrent à des positions où l’adversaire est démuni. Et les deux piliers californiens – Kawhi et Paul George – sont des ailiers et créateurs qui embêtent généralement le Jazz défensivement. Il pourrait donc se marquer beaucoup de points en 7 rencontres, car oui je crois que ce duel atteindra la limite. En bout de ligne, j’ai établi un léger avantage au Jazz en raison de leur brio à 3 points et leur avantage prononcé à domicile.

La vedette de la série : Kawhi – Il a été époustouflant face aux Mavericks en première ronde. ‘The Klaw’ a essentiellement arraché la série à lui seul, ponctué par un match n°6 sans lendemain à Dallas vendredi où il a totalisé 46 points en 41 minutes avec 72 % de tirs réussis du périmètre. De quoi rendre les partisans des Raptors nostalgiques, et un peu tristes qu’il ait choisi de quitter l’Ontario vers la Californie en apportant avec lui ses multiples talents (comme dirait LeBron). Reste maintenant à voir si on lui en demande un peu trop. « PG13 a devra en faire encore plus à ses côtés. Et un retour en santé éventuel de Serge Ibaka ferait le plus grand bien.

Le facteur ‘X’ : Mike Conley – Âgé de 33 ans, Conley s’est avéré meilleur que prévu cette saison, et très solide au premier tour face aux Grizzlies (son ancien club). Mais il s’est étiré l’ischio-jambier lors du match n°5 et son statut en vue du premier match mardi n’est encore pas clair. Même si on parle d’une blessure relativement mineure, Conley fait maintenant partie de la fameuse liste des joueurs fragiles et je ne parierais pas nécessairement sur une série où il pourrait briller 30 minutes par soir pendant 7 matchs face aux coriaces Clippers. À suivre.

Ma prédiction : Jazz en 7... du bout des lèvres

(3) Denver vs (2) Phoenix

Les grandes lignes : Deux équipes qui bougent bien le ballon en attaque. Deux équipes qui tirent à haut pourcentage. Deux formations qui peuvent marquer beaucoup de points. Le 4e et dernier duel de la liste s’annonce haut en couleurs. Avec un Jamal Murray en santé, ma prédiction aurait été différente. Mais sans la vedette canadienne, c’est moins évident. Les Suns et les Hawks ont tracé beaucoup de parallèles à mes yeux en première ronde : calmes, confiants, aucune crainte malgré le manque d’expérience... et menés par une jeune vedette en plein essor (Devin Booker). Pour moi, l’avantage du terrain jouera gros en faveur de Phoenix. Et les hommes du désert devraient arriver à se démarquer défensivement contre une équipe pour qui défendre n’est ni une force ni une priorité.

La vedette de la série : Jokic et Booker -  En théorie, personne n’est en mesure de ralentir celui qui sera surement nommé joueur par excellence du circuit cette saison. Mais ce sera tout de même plus intéressant de voir Deandre Ayton tenter sa chance face à Nikola Jokic que le duo Nurkic/Kanter au premier tour. La meilleure façon de s’y prendre pour le jeune pivot? Attaquer le serbe sans relâche en attaque. Tente de l’envoyer en problèmes de fautes et force-le à dépenser le plus d’énergie à l’autre bout du terrain. Quant à Devin Booker, il s’agit d’un des marqueurs les plus prolifiques de la ligue. C’est juste qu’on le voyait très peu à la télévision depuis quelques années. Prenez le temps d’admirer sa fluidité durant cette série. De toute beauté. Vous comprendrez mieux pourquoi les Suns ont une fiche hallucinante de 65-24 depuis le 6 mars 2020.

Le facteur ‘X’ : Chris Paul – CP3 fragile quand arrivent les séries? Pauvre lui. Ça se produit à année après année ou presque et il doit en avoir marre. Il a maintenant 36 ans et les chances d’atteindre sa première finale en carrière s’effritent à chaque saison. Voici une opportunité en or qui se dessine et on lui souhaite de tout cœur que son corps tienne le coup encore six semaines. Parce que si on se fie au premier tour contre les Lakers, c’est inquiétant. Il n’a réussi à rester sur le terrain que 28 minutes par soir, avec des moyennes de 9 points et 8 passes décisives. Je ne sais pas si les Suns peuvent traverser une autre ronde avec un tel rendement de leur général.

Ma prédiction : Suns en 7... avec un peu plus de conviction

Retour à l'accueil