La photo de famille de l'Elan béarnais, vainqueur de la coupe Korac 1983-84. • © Elan Béarnais

La photo de famille de l'Elan béarnais, vainqueur de la coupe Korac 1983-84. • © Elan Béarnais

Ce 15 mars, la messe du journal de 20 heures s'ouvre sur un nouveau braquage du Gang des Postiches. Grimés, masqués, ces malfaiteurs se jouent de la police et muliplient les casses dans les banques depuis plusieurs mois.

Quelques heures plus tard, c'est une autre forme de braquage, totalement inoffensif celui-ci, que va réaliser Orthez dans la capitale en remportant son premier grand titre.

Comme à la Moutète

Le temps d'une soirée parisienne, la salle  feutrée Pierre de Coubertin, théâtre de cettte finale de la coupe Korac, est un chaudron. Dans les tribunes, quatre mille suppporteurs de l'Elan sont déchaînés. On se croirait à la Moutète, l'une des salles mythiques du sport français.

C'était un marché couvert aux canards et aux volailles la semaine et un terrain de basket le week-end. Une salle où tous les grands d'Europe tomberont dans la deuxième partie des années quatre-vingts.
A Coubertin, une douce folie s'empare de toute la salle.

L'Etoile Rouge a disparu

Est-ce la perspective d'imiter Limoges, le grand rival, vainqueur des deux éditions précédentes ? Ou celle d'inscrire une première ligne au palmarès du club?
Sur le parquet, on ne voit qu'Orthez.

Ultra motivés, les hommes du coach George Fisher ne vont rien laisser au club de ce qui était encore à l'époque la capitale de la Yougoslavie. 
Coubertin, c'est le festival de Cannes de l'Elan. Une représentation magistrale sur la piste aux étoiles.
Le pivot de Belgrade, l'une des grandes forces de l'équipe, Zizic ne comprend pas ce qui lui arrive. Comme ses coéquipiers, il est totalement impuissant.Plus quinze à la mi-temps

Sous les panneaux, "l'Obélix" d'Orthez, Mathieu Bisseni règne. A la baguette, les chefs d'orchestre Freddy Hufnagel et Christian Ortega, les mousquetaires du Béarn, se régalent. Avec la précision de Mc Cullough qui rentre tout ce qu'il veut, l'écart est déjà de quinze points à la mi-temps. 

A la reprise, les hommes de Belgrade reprennent  un tout petit peu espoir, en revenant à neuf points. Mais cela ne va pas durer. Sous la pression défensive orthézienne, ils multiplient les fautes et les pertes de balle. Le score enfle et l'Etoile Rouge fait une indigestion de sauce béarnaise.Vainqueur par K.O 
Devant un public debout et qui fête déjà ses héros, l'Elan mène de trente points à trois minutes de la sirène. Les joueurs se congratulent, le coach américain fait entrer en jeu les gamins de l'effectif formés au club pour qu'ils participent eux-aussi au triomple. Au milieu, Bisseni dribble à genoux, tel un matador s'amusant d'un taureau.

Au coup de sifflet final, une immense clameur monte dans Coubertin.

Orthez, vainqueur 97-73, gagne la coupe d'Europe. Son seul trophée européen.

La troisième mi-temps commence, où là-aussi les Orthéziens et leur "d'Artagnan" Freddy Hufnagel sont rarement battus. Elle sera folle à l'image de ce club qui ne sera jamais comme les autres. Orthez, plus qu'une équipe, une marque.
Son histoire est en marche.

 La France, l'Europe...
Deux ans après, Orthez obtient le premier de ses neuf titres de champion de France. Le club dirigé par l'emblématique Pierre Seillant gravit toutes les marches.

Et accumule les performances incroyables. 
De 1978 à 2008, l'Elan Béarnais, devenu ensuite Pau-Orthez après son déménagement au Palais des Sports en 1991, va participer à toutes les campagnes européennes pendant trente ans, sans interruption. Record absolu tous pays confondus sur le Vieux Continent. Tout a commencé un soir de mars 1984 à Paris...

Un match à revoir ci-dessous 

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