Les Warriors peuvent-ils vraiment renouer cette saison avec le trophée Larry O'Brien ?

Les Golden State Warriors et Stephen Curry rêvent de retrouver les sommets de la ligue après une saison de transition complètement ratée. Au final, ils devront sans doute se contenter d'une place dans le ventre mou de la Conférence Ouest.

Les mots de Klay Thompson, posés sur clavier puis postés sur Instagram, pincent le cœur. Quelques heures avant le coup d’envoi de la nouvelle saison NBA, il sortait de son silence pour la première fois depuis sa déchirure du tendon d’Achille plusieurs semaines auparavant. "Mon esprit est à Brooklyn [où les Warriors affrontaient les Nets en ouverture du championnat], en train de faire ma sieste d’avant match. Malheureusement, la réalité est bien différente. Je souffre tous les jours de ne pas pouvoir partir à la conquête du titre avec mes frères. Il y a un grand vide en moi", confiait l’arrière All-Star. Il va manquer à ses coéquipiers. D’ailleurs, son absence s’est fait sentir dès le premier match, conclu par une lourde défaite contre la formation de Kevin Durant (99-125).

Cela ne devait pas se passer comme ça. Pas cette saison. Les Warriors sortent à peine d’un exercice cauchemar. Une année de transition déjà sans Thompson, victime d’une terrible blessure au genou lors des finales 2019, et presque sans son compère Stephen Curry (5 matches, fracture de la main). Mais dans leur malheur naissait la promesse de revenir plus forts en 2021. Au complet et renforcés par le deuxième choix de la draft. Steve Kerr et ses joueurs cadres, cinq fois finalistes et trois fois champions entre 2015 et 2019, rêvaient de retrouver les sommets.

CURRY, SUPERSTAR ESSEULÉE PARMI LES JEUNES JOUEURS
Ils se veulent revanchards. Mais la réalité du terrain semblait bien différente à l’occasion de cette première rencontre au Barclay Center. Il est bien trop tôt, bien sûr, pour vraiment jauger cette équipe. Mais elle est évidemment bien moins fringante sans son sniper. Sans son camarade, son "Splash Bro", Curry n’a tout simplement pas le même impact. Le double-MVP n’est pas James Harden. Il ne peut pas juste prendre les commandes de n’importe quelle formation, jouer trente isolations chaque soir, trente pick-and-rolls, compiler les triple-doubles et se qualifier pour les playoffs.

C’est un basketteur phénoménal mais qui a besoin d’être entouré d’autres bons éléments pour briller et surtout les sublimer. Sans Thompson, et sans Draymond Green lors du premier match, il se retrouve à la tête d’une escouade de jeunes joueurs pas tout à fait prêts pour se mêler à la lutte avec les cadors de la Conférence Ouest. Alors attention, les Warriors ne manquent pas de talents. Curry est une superstar. Green une référence dans son rôle. Andrew Wiggins un ancien premier choix de draft (2014). Kelly Oubre Jr reste sur une très belle saison avec Phoenix. Eric Paschall a brillé dans un contexte particulier lors de sa première année dans la ligue à Golden State l’an dernier. Kent Bazemore, Brad Wannamaker ou Kevin Looney ont tous de l’expérience.

Une base suffisamment solide pour éviter le ridicule de la saison passée, quand Golden State n’avait gagné que 15 matches sur 65, terminant ainsi avec le plus mauvais bilan de la NBA. Ils feront forcément mieux en 2021. Mais jusqu’à quel point ? Parce que l’absence de Klay Thompson promeut Andrew Wiggins au rang de co-star des Californiens. Un rôle qui ne lui correspond pas du tout, contrairement à ce qui était espéré au début de sa carrière. Le Canadien peut alterner le très bon et le catastrophique. Avec souvent des prestations entre les deux. Un personnage énigmatique, plus à l’aise quand il évolue dans l’ombre d’au moins deux joueurs plus forts que lui. D’ailleurs, les Wolves ont joué les playoffs la seule année où Wiggins pouvait compter sur Jimmy Butler et Karl-Anthony Towns pour le porter.

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Sa première sortie cette saison illustre parfaitement les doutes que certains émettent à son sujet : il a terminé avec 4 sur 16 aux tirs en ratant un bon nombre de paniers ouverts. Tout en prenant des courants d’air en défense. Il n’est pas le seul à blâmer. Ses coéquipiers manquaient eux aussi à l’appel, et notamment de ce côté du parquet. "Je pensais que l’on jouerait plus dur", avouait Steve Kerr, déçu. Une première claque qui fait office de piqure de rappel : les Warriors vont en baver certains soirs. Ils seront en grande partie dépendants des performances extraordinaire de Stephen Curry. 

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