une vidéo disculpe Masai Ujiri (Toronto), accusé d'avoir agressé un policier en finale 2019

une vidéo disculpe Masai Ujiri (Toronto), accusé d'avoir agressé un policier en finale 2019

Accusé par un policier de l'avoir violemment bousculé après le match décisif de la finale NBA 2019 entre Toronto et Golden State, le président des opérations basket des Raptors, Masai Ujiri, a porté plainte à son tour après avoir diffusé une vidéo montrant que le policier a initié la confrontation.

La scène avait gâché la nuit de Masai Ujiri, le président des opérations basket des Toronto Raptors qui venaient, le 13 juin 2019, de décrocher leur premier titre NBA sur le parquet des Golden State Warriors. Une altercation avait opposé Ujiri et un shérif adjoint du comté d'Alameda, où se situe l'ancienne salle de la franchise californienne.

Selon le bureau du shérif, le patron des Raptors avait violemment poussé ce policier puis l'avait frappé au visage pour pénétrer sur le parquet et fêter le titre avec ses joueurs. Le shérif adjoint, Alan Strickland, avait choisi de porter plainte contre Ujiri, réclamant 75 000 dollars de dommages et intérêts et arguant d'une « invalidité permanente » à la suite de l'altercation.

Une vidéo diffusée mercredi par l'équipe juridique autour du patron des Raptors jette un tout autre regard sur la scène. L'extrait est tiré de la caméra placée sur l'uniforme d'Alan Strickland et montre Ujiri s'approcher calmement du policier, son accréditation en main pour pénétrer sur le court, avant d'être violemment repoussé à deux reprises par le shérif adjoint. On entend également Ujiri tenter d'expliquer son rôle chez les Raptors sans que Strickland le laisse entrer sur le terrain.

Ujiri porte plainte, la NBA et les Raptors parties civiles
« Cette vidéo démontre tristement le traitement horrible dont j'ai été victime par un policier l'an dernier, alors que mon équipe gagnait son premier titre, a déclaré Ujiri jeudi soir dans un communiqué orné du slogan ''Black Lives Matter''. On m'a rappelé dans ce moment que malgré mon travail et mon succès, certaines personnes, y compris celles qui sont supposées nous protéger, me voit et me verront toujours comme quelqu'un qui ne mérite pas leur respect. Et il n'y a qu'une seule et indiscutable raison à cela : c'est parce que je suis noir. »

Dans le contexte social actuel aux États-Unis, la vidéo a provoqué de nombreuses réactions en NBA. «  Nous avons toujours maintenu que les plaintes contre Masai n'avaient aucun fondement, ont déclaré les Raptors dans un communiqué. Si Masai a le soutien total de la franchise pour combattre cette injustice, nous sommes conscients que tous n'ont pas un soutien et des ressources similaires. »

« Je pense que c'est aussi pour cela que nous sommes dans cette situation, que nous luttons pour la justice sociale et l'égalité, quand vous voyez à quel point les choses peuvent mal tourner », a réagi Fred VanVleet, le meneur des Raptors, après le deuxième succès de Toronto contre Brooklyn mercredi. Selon ESPN, l'ensemble des joueurs de la franchise se sont regroupés pour regarder ensemble la vidéo de l'incident. Celle-ci a également été diffusée sur le plateau du show populaire « Inside the NBA », sur NBA TV, et a été qualifiée « d'effrayante » par l'ancien MVP Charles Barkley, ami d'Ujiri.

Ce dernier a déposé plainte contre Strickland mardi l'accusant d'avoir menti sur sa déposition et d'avoir fait passer le patron des Raptors pour l'agresseur dans cette altercation. La NBA et Toronto se sont portés parties civiles aux côtés d'Ujiri.

Si les avocats du shérif adjoint n'ont pas encore réagi, le bureau du shérif d'Alameda a selon la chaîne canadienne CP24 maintenu la version initiale de l'événement décrite par Strickland, malgré la vidéo diffusée.

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