Il y a 25 ans, Michael Jordan était de retour

« I’m back (Je suis de retour) ».

Michael Jordan n’avait pas besoin d’en dire plus. Cette courte phrase envoyée par télécopieur aux médias américains le 18 mars 1995 avait été accueillie comme un soupir de soulagement. À cette époque, l’amateur de sports américain moyen vivait une profonde crise existentielle...

Le Baseball majeur était au beau milieu d’une grève. La Ligue nationale de hockey se remettait à peine d’un lock-out. Le procès d’O.J. Simpson battait son plein. Et le monde entier apprenait que le mari de Tonya Harding et son garde du corps avaient sauvagement agressé Nancy Kerringan afin d’aider Harding à remporter les Championnats américains de patinage artistique en 1994.

Si Internet avait existé comme nous le connaissons aujourd’hui, Jordan l’aurait probablement fait exploser en gazouillant : « I’m back ». Malheureusement, Twitter n’existait pas encore...

Le retour de Jordan est évidemment un grand moment de l’histoire, puisqu’il avait annoncé – à la surprise générale – sa retraite dix-huit mois plus tôt alors qu’il était au sommet de sa gloire.

Après trois titres de la NBA et de joueur par excellence de la série finale consécutifs, trois titres de joueur par excellence en saison régulière, six sélections sur la première équipe d’étoiles en défense, sept sélections sur la première équipe d’étoile et sept championnats des pointeurs de suite, Jordan avait prétexté une gigantesque perte de motivation pour expliquer cette décision.

Il s’était occupé entre-temps en tentant de devenir baseballeur professionnel, mais l’expérience n’avait pas été particulièrement concluante : faible moyenne de ,202 avec 3 circuits, 51 points produits et 30 buts volés en 127 matchs avec le club-école au niveau AA des White Sox de Chicago.

C’est pourquoi « I’m back » sonnait comme de la douce musique aux oreilles de l’amateur de sports américain moyen. Jordan allait pouvoir reprendre le flambeau qu’il avait lui-même laissé.

Le lendemain, les Bulls rendaient visite aux Pacers de l’Indiana, qui ont eux aussi été frappés par la vague. Près de 350 demandes d’accréditation ont afflué. Même les fans des Pacers qui avaient l’habitude de huer Jordan avant les rencontres se sont levés pour lui rendre hommage!

Sur le parquet, Jordan – qui avait opté pour le n°45 qu’il portait au baseball plutôt que le n°23 qui l’avait précédemment rendu célèbre – retrouvait ses anciens frères d’armes Scottie Pippen et B.J. Armstrong, mais le pivot Bill Cartwright et l’avant Horace Grant n’y étaient déjà plus. Ils avaient notamment été remplacés par Steve Kerr, Toni Kukoc, Pete Myers et Bill Wennington.

De négligés à 40-contre-1, les Bulls étaient instantanément devenus favoris à 5-contre-1 pour gagner le championnat, même s’ils présentaient un dossier inférieur à ,500. C’était ça Jordan...

Les Bulls n’ont peut-être pas raflé les grands honneurs cette saison-là en s’inclinant en demi-finale de Conférence, mais ils l’ont fait lors des trois saisons suivantes avant que Jordan ne décide d’annoncer sa retraite une deuxième fois. Oui, c’était vraiment ça Michael Jordan.

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