Tony Parker honoré par les Spurs de San Antonio au cours d'une cérémonie

Tony Parker est entré, lundi 11 novembre, dans le panthéon des San Antonio Spurs. Son numéro - le 9 - a été retiré pour toujours de la liste des numéros disponibles pour les joueurs des Spurs et les soirs de match, un maillot avec son nom sera suspendu en l'air dans la salle, aux côtés de neuf autres légendes de la franchise déjà distinguées par le passé. La cérémonie s'est déroulée après la défaite des Spurs face à Memphis (113-109).

Les Spurs venaient de s’incliner contre les Grizzlies (109-113) mais les spectateurs sont restés en masse dans les tribunes de l’AT&T Center de San Antonio. Parce que ce n’était pas une soirée comme les autres pour la franchise texane. C’était une nuit en hommage à Tony Parker. Une légende de l’un des équipes les plus prestigieuses et les plus victorieuses de la NBA. Un futur Hall Of Famer. Le plus grand basketteur français de tous les temps.

Une cérémonie spéciale TP se tenait juste après la rencontre, et c’était évidemment le moment le plus attendu de la soirée. Quelques mois après la retraite officielle du meneur, les Spurs allaient retirer son numéro 9. Une tunique historique qui ne sera plus jamais portée par un joueur des éperons. L’un des plus beaux honneurs réservés à un acteur du championnat nord-américain.

" J’ai claqué tout l’argent dans des vins que tu m’as conseillé"
Le décor a été planté quelques minutes après le buzzer final. Les quatre trophées de champions NBA gagnés par Parker avec les Spurs brillaient au centre du parquet. Pendant que des drapeaux français s’agitaient dans les gradins. Une ambiance bleue, blanc et rouge au cœur du Texas. Le héros du jour est arrivé sous un tonnerre d’applaudissements, son plus jeune fils dans les bras, suivi par sa femme et leur premier garçon.

Tony Parker honoré par les Spurs de San Antonio au cours d'une cérémonie

Comme un symbole, Gregg Popovich a été le premier à prendre la parole après une brève introduction de Sean Elliott, une autre légende à San Antonio. Il a immédiatement fait rire la foule en s’excusant pour les "abus physiques et mentaux" infligés à son ancien poulain dès son arrivée chez les pros en 2001, à 19 ans. "J'ai eu la chance de te voir grandir et de te voir passer du jeune homme à un Hall of Famer. Tu m’as rendu riche. Et j’ai claqué tout l’argent dans des vins que tu m’as conseillé. (…) Je te remercie pour tout ce que tu as fait pour cette organisation. Je t’aime."

Boris Diaw, son frère de toujours, camarade depuis l’INSEP jusqu’en équipe de France en passant par les Spurs, a pris le micro dans la foulée, sous l’ovation du public. Il a parlé de l’impact de son ami sur le basket français, en contant les anecdotes du championnat d’Europe espoir gagné en Croatie en 2000 à l’or européen décroché avec les Bleus en 2013. "Il y a eu un avant et un après Tony Parker pour le basket en France."

Tony Parker honoré par les Spurs de San Antonio au cours d'une cérémonie

Quatre titres, MVP des finales
Avant de conclure sur une autre histoire, qui en dit long sur le parcours de son compatriote. "Je suis parti chez Tony pour Noël lors de sa première saison NBA. Nous avons été invités à passer le réveillon chez coach Pop. Puis ils ont disparu au cours de la soirée. Je les ai cherchés et j’ai fini par les trouver en train de regarder des vidéos du match de la veille. Et Pop engueulait Tony. C’est là que j’ai su que Tony était entre de bonnes mains et qu’il aurait une grande carrière."

Et quelle carrière ! Quatre titres, un trophée de MVP des finales (2007), six apparitions au All-Star Game, des milliers de matches joués… Mais surtout des rencontres. Des amitiés qui se sont liées. Avec David Robinson, lui aussi intervenant au cours de la cérémonie : "Tony est la raison pour laquelle j’ai pris ma retraite. J’ai essayé de le suivre lors de nos premiers entraînements et j’ai compris qu’il était temps que je m’en aille." Bien sûr Tim Duncan et Manu Ginobili étaient là. Ses partenaires de toujours. Ceux avec qui il a formé le trio le plus victorieux de l’Histoire de la NBA.

Il ne pouvait pas y avoir une nuit spéciale Parker sans leur présence. "Je n’aurais jamais cru que ce gamin deviendrait le meneur avec qui j’ai joué toute ma carrière", lançait Duncan. "Et je ne l’échangerai contre aucun autre meneur." Ginobili a aussi rendu un vibrant hommage à son coéquipier et ami : "Quand je suis arrivé en NBA, j’avais un coéquipier qui me pensait incapable et un coach qui estimait que j’étais une cause perdue", lançait l’Argentin en faisant référence à Duncan et Popovich, hilares. "Mais j’avais un meneur qui croyait en moi."

Tony Parker honoré par les Spurs de San Antonio au cours d'une cérémonie

Une vidéo retraçant la carrière de TP était ensuite projetée sur l’écran géant de la salle. On y voyait un Parker enfant jouer avec ses frères. Mais aussi évidemment des images de ses nombreux exploits avec les Spurs. Une manière de se replonger dans tant de souvenirs et de grands moments… C’est donc un homme ému qui s’est levé pour enfin prendre la parole. Et cette fois-ci, c’est lui qui a rendu les hommages. A Bruce Bowen, l’allier qui lui servait de grand frère quand "Tim Duncan ne [lui] parlait pas." A David Robinson. R.C. Buford, le GM sans qui l’histoire n’aurait jamais été la même.

" Tu as été comme un deuxième père pour moi"
Elle n’aurait peut-être même pas commencée ! Parce que Parker a été catastrophique lors de son premier test avec les Spurs avant la draft. "J’ai été tellement chanceux que tu dises à Pop de me donner une deuxième chance après mon workout catastrophique", notait l’intéressé. A Boris Diaw, évidemment, sans qui "il n’y aurait pas de Tony Parker. Je t’aime." Puis à Gregg Popovich. "Tu as été comme un deuxième père pour moi. Je me souviens quand tu m’as parlé dans l’avion après mon quatrième match en NBA. Tu m’as annoncé que je serai titulaire au prochain match. Je me suis dit : ‘Quoi je vais être titulaire ? T’en a parlé avec Tim ? Il est d’accord avec ça ?’ Tu m’as appris tellement de choses. Je te serai éternellement reconnaissant." Touché par les mots, Popovich avait les yeux qui brillent. Comme sans doute de nombreux fans dans la salle ou devant leurs écrans.

Enfin, il a remercié Duncan et Ginobili, ses "frères", avec qui il "irait à la guerre". Ces gars-là voulaient juste jouer et gagner des titres ensemble. Ils ont forgé une amitié qui restera gravée à vie. Pour conclure, Tony Parker a rendu hommage à plusieurs de ses coéquipiers, juste avant que son maillot soit dévoilé au plafond du AT&T Center. 

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