Pascal Siakam, le franchise Player des Toronto Raptors

Pascal Siakam, le franchise Player des Toronto Raptors

Quelles étaient vos attentes légitimes ou réalistes en vue de la saison 2019-20 de la NBA en ce qui concerne les Raptors de Toronto? N’hésitez pas à me donner votre perspective en bas de cet article. Je serais curieux de vous lire.

Cyrille NGARIO

En attendant d’obtenir les vôtres, voici mes observations avant le début de la saison. Je m’attendais à voir une équipe très compétitive qui se taillerait ultimement une place en playoffs, quelque part entre le 4e et le 7e rang dans la Conférence Est. Je croyais que Pascal Siakam serait encore meilleur que l’an dernier. Que les vétérans comme Kyle Lowry, Fred Van Vleet, Normal Powell, Marc Gasol et Serge Ibaka seraient solides et fiables, sans être époustouflants. J’espérais qu’un jeune ou deux se lèvent et nous épatent, ne sachant pas vers qui me tourner. J’implorais Nick Nurse de donner une vraie chance au québécois Chris Boucher. Je m’inquiétais d’un manque de profondeur. Et je pressentais que les 29 autres françaises du circuit Silver attendraient de pied ferme soir après soir les champions en titre.

Puis après leurs deux premiers matchs de la saison, mon opinion demeura la même. S’empira légèrement même. La victoire à l’arraché contre les Pelicans, privés de Zion, lors de l’ouverture à domicile fut particulièrement inquiétante, car Nurse n’avait utilisé que huit joueurs en 53 minutes de jeu. Surtaxer Lowry (45 minutes) et Van Vleet (44 minutes) dès le premier de 82 matchs était loin d’être idéal. Avait-il si peu confiance en ses réservistes ?  Puis trois jours plus tard à Boston, scénario semblable dans la défaite. Les soldats se montraient dévoués et battants, mais pas tout à fait assez armés pour le combat contre un des autres prétendants dans la Conférence Est.

C’est alors que s’est entamé un virage fascinant et quelque peu inespéré chez les ontariens. Six victoires en sept matchs, ponctuées par un triomphe de feu à Hollywood contre le duo LeBron/AD qui n’avait pas perdu en 17 jours. Et ce, malgré les absences de deux de leurs piliers sur la touche : Kyle Lowry (pouce) et Serge Ibaka (cheville). C’est à ce moment précis que je me suis souvenu pourquoi ils avaient soulevé le trophée à Toronto en juin dernier. Évidemment, Kawhi était une des raisons majeures, mais ce serait insultant pour tous les autres joueurs, le staff, l’état-major et les fondations solides de l’organisation que de résumer la conquête historique à un seul joueur.

Masai Ujiri a déclaré cet été que les Raptors seraient encore parmi les candidats au titre en 2020. Je le trouvais un peu rêveur, probablement encore en train de surfer sur sa vague de succès et de bonheur. Mais après dix matchs, je commence à voir tranquillement les choses du même œil que lui.

Alors, comment expliquer les performances des 18 derniers jours ?

Pascal Siakam n’a toujours pas démontré les limites de son potentiel. Il s’améliore année après année, match après match, quart après quart. Il attaque le panier avec férocité et efficacité, de la main droite ou gauche. Et, d’abord et avant tout selon moi, il continue d’améliorer son efficacité du périmètre.

À sa première saison complète, il réussissait un tir à trois-points à tous les trois matchs et tirait à 62% sur la ligne de lancer franc. Moyenne de 7 points par soir.

L’an dernier : un tir à trois-points réussi par rencontre et 78% au lancer franc. 17 points par match.

Jusqu’à présent cette saison : deux tirs à trois-points réussis par soir et 85% au lancer franc. 27.2 points, 9.2 rebonds et 3.8 passes décisives pour 21.8 d'évaluation par rencontre. Contre Portland la nuit dernière, l'ailier camerounais a encore frappé fort en signant 36 points, 6 rebonds, 3 passes, une interception et un contre.

Franchement impressionnant.

Le deuxième qui mérite quelques lignes de texte... Fred Van Vleet. Il a réussi à préserver la confiance qui l’a soudainement envahi contre les Bucks et les Warriors en séries l’an dernier. Il joue avec un calme et un panache contagieux. Il réussit de gros tirs et ne recule devant personne. VanVleet n’a jamais affiché une si bonne moyenne de minutes, points, rebonds et passes décisives par rencontre en carrière. En l’absence de Lowry pour mener les troupes, sa présence est plus cruciale que jamais. Il a encore prouvé la nuit dernière sur le parquet de Portland en signant 30 points, 4 rebonds et 7 passes décisives. Il tourne avec une moyenne de 17.1 points, 4.2 rebonds et 7.6 passes décisives pour 15.5 d'évaluation par match.

Et finalement, que dire de l’émergence de Chris Boucher depuis le 8 novembre?  Cinq points et huit rebonds en 14 minutes contre les Pelicans. Quinze points et trois blocs en 24 minutes contre Davis et les Lakers. Puis 13 points, six rebonds et trois tirs de longue distance en 22 minutes face aux Clippers. Il est dynamique et athlétique. Il finit de près et de loin. En l’absence d’Ibaka, il obtient enfin une chance légitime de Nick Nurse de s’affirmer et il semble vouloir la saisir. Chapeau jeune homme!

Et le plus excitant dans tout ça? Siakam, Van Vleet, OG Anunoby, Boucher, Terence Davis, Norman Powell et Matt Thomas ont tous 26 ans ou moins.

Le futur est prometteur et les Raptors font les choses de la bonne manière. En espérant que ça se poursuive !

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