Enes Kanter s'attaque frontalement au gouvernement turc dans une longue tribune

Opposant déclaré au président Recep Tayyip Erdogan, et traqué par les autorités turques, le basketteur des Boston Celtics Enes Kanter a publié une longue tribune dans laquelle il s’attaque frontalement au chef d’Etat, et promet de continuer son combat malgré les menaces.
 
Son histoire est digne d’un film, dont on ne connait pas encore la fin. Pour avoir dénoncé par le passé les abus du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, et pour avoir publiquement soutenu le prédicateur Fethullah Gülen, présenté comme l’initiateur de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, le basketteur Enes Kanter est depuis plus de trois ans désormais dans le viseur des autorités turques. Un mandat d’arrêt a ainsi été émis à son encontre pour appartenance à une "organisation terroriste", son passeport a été confisqué, son père a été temporairement emprisonné, et le joueur des Boston Celtics, en NBA, assure faire l’objet de fréquentes menaces de mort.

Pourtant, depuis les Etats-Unis, Kanter compte bien poursuivre sa lutte. Dans une tribune publiée il y a quelques jours dans les colonnes du Boston Globe, et relayée mardi soir par l’intéressé, le pivot attaque de nouveau, et frontalement, le président Erdogan. S’il n’évoque pas l’actuel conflit avec les Kurdes dans le nord de la Syrie, Kanter reproche en revanche à celui qu’il a déjà comparé à "Hitler" d’avoir fait de son pays de naissance une dictature.

"Etre séparé de ma famille et de mes amis a eu un impact énorme sur moi, mais rien de bon ne vient facilement"

"Les pressions constantes exercées par les consulats turcs à travers les États-Unis, ainsi que le harcèlement omniprésent et continu du gouvernement en Turquie, n'ont jusqu'à présent pas réussi à étouffer ma dissidence. Comme ils augmentent la pression, je lève la voix, écrit-il. Je ne serai pas découragé. Ils perdent leur temps."

Et le basketteur de poursuivre son plaidoyer. "Comment puis-je rester silencieux? Des dizaines de milliers de personnes - y compris des enseignants, des médecins, des membres des corps judiciaire et militaire, des avocats, des bureaucrates, des journalistes et des militants - sont emprisonnées depuis des années simplement parce qu’ils ne sont pas des adeptes assidus d’Erdogan, regrette-t-il. Des centaines de bébés grandissent en prison avec leurs mères. […] Dès que je quitte le terrain, ces questions me viennent à l’esprit: que puis-je faire pour les innocents en Turquie qui souffrent? Est-ce que j'en fais assez? Comment puis-je sensibiliser? »

Aussi, Kanter promet d’utiliser son exposition médiatique ces prochains mois "pour promouvoir le respect des droits de l'homme, la démocratie et la liberté individuelle", et de ne rien lâcher. "Je languirais en prison si j'étais en Turquie, conclut-il. Etre séparé de ma famille et de mes amis a eu un impact énorme sur moi. Mais rien de bon ne vient facilement."

Enes Kanter s'attaque frontalement au gouvernement turc dans une longue tribune

"Etre séparé de ma famille et de mes amis a eu un impact énorme sur moi, mais rien de bon ne vient facilement"

"Les pressions constantes exercées par les consulats turcs à travers les États-Unis, ainsi que le harcèlement omniprésent et continu du gouvernement en Turquie, n'ont jusqu'à présent pas réussi à étouffer ma dissidence. Comme ils augmentent la pression, je lève la voix, écrit-il. Je ne serai pas découragé. Ils perdent leur temps."

Et le basketteur de poursuivre son plaidoyer. "Comment puis-je rester silencieux? Des dizaines de milliers de personnes - y compris des enseignants, des médecins, des membres des corps judiciaire et militaire, des avocats, des bureaucrates, des journalistes et des militants - sont emprisonnées depuis des années simplement parce qu’ils ne sont pas des adeptes assidus d’Erdogan, regrette-t-il. Des centaines de bébés grandissent en prison avec leurs mères. […] Dès que je quitte le terrain, ces questions me viennent à l’esprit: que puis-je faire pour les innocents en Turquie qui souffrent? Est-ce que j'en fais assez? Comment puis-je sensibiliser? »

Aussi, Kanter promet d’utiliser son exposition médiatique ces prochains mois "pour promouvoir le respect des droits de l'homme, la démocratie et la liberté individuelle", et de ne rien lâcher. "Je languirais en prison si j'étais en Turquie, conclut-il. Etre séparé de ma famille et de mes amis a eu un impact énorme sur moi. Mais rien de bon ne vient facilement."

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