AfroBasket féminin 2019 : jusqu'où iront les Lady Morans du Kenya ?

NAIROBI (Kenya) - Cela fait 26 ans que le Kenya n'est plus remonté sur le podium du FIBA Women's AfroBasket et comme par coïncidence, c'était lors de l'édition de 1993 à Dakar (Sénégal). 

À l'heure où les 'Lady Morans' sont sur le point de retourner sur la Côte Ouest, elles espèreront pouvoir rééditer ce genre de résultat, qui leur avait ouvert les portes de la qualification pour la Coupe du Monde Féminine FIBA en Australie l'année suivante. 

La dernière apparition du Kenya au FIBA Women's AfroBasket date de 2013 et beaucoup de choses ont changé dans le basket féminin continental depuis, surtout au niveau des équipes nationales.

La domination de l'Angola a laissé la place à celle du Sénégal, qui a rappelé à tout le monde pourquoi il était le pays avec le plus de titres. Et voilà qu'il y a deux ans, le Nigeria est entré dans la danse. Autant dire qu'à l'heure actuelle, une grande diversité s'est instaurée au sommet de la hiérarchie africaine. 

Au vu de la tournure des événements, le Kenya devra lui aussi se redéfinir pour réussir à se faire une place au sein de toutes les équipes expérimentées qui seront engagées à Dakar, en quête de gloire et d'un billet qualificatif pour les prestigieux JO de Tokyo 2020, auxquels les meilleures équipes du monde prendront part. 

FIBA World Ranking :  No. 16 en Afrique (72e au classement mondial)

Objectif : Le Kenya est l'équipe la moins bien classée du continent au FIBA World Ranking (présenté par Nike) parmi celles présentes à Dakar, mais ceci ne constituera pas en soi une raison de manquer d'ambition. Au contraire même, les Kényanes pourront se servir de cela comme d'une belle source de motivation. 

Selon le coach Ronnie Owino, son équipe visera une place dans le top 6. Rien n'est impossible. C'est le genre d'attitude qu'elle a décidé d'adopter au moment d'aborder sa plus grande compétition de ces cinq dernières années. 

Dernier résultat : Le Kenya a perdu en finale des Éliminatoires de la Zone 5 de FIBA Afrique contre l'Égypte (72-90) en juin à Kampala. 

En demi-finale, les Kényanes ont surpris les hôtes, rappelant à ses voisines qu'elles avaient pour habitude de dominer la région avant l'émergence de l'Ouganda et du Rwanda. 

Lors de la précédente confrontation entre le Kenya et l'Ouganda, dans le cadre des Éliminatoires de la Zone 5 de FIBA Afrique en 2014, le Kenya s'était incliné. De quoi aller chercher une revanche qu'il a finalement obtenue. Le fruit de son travail a été récompensé par une invitation au tournoi continental. 

Le Kenya essaiera de bâtir sur la confiance acquise durant les éliminatoires régionaux et le groupe affiche un bel esprit positif et conquérant depuis le début de sa préparation. 

Style de jeu : Le Kenya joue avec beaucoup d'énergie. Il amène une grande intensité sur le terrain, il déploie un jeu physique et il n'abandonne jamais. C'est dans leur nature et les Kényanes ne s'en excuseront pas. Elles sont imposantes sous les paniers et elles tâcheront de tirer profit de leur avantage en taille.

Vilma Achieng et la revenante Silalei Shani, deux des quatre joueuses déjà présentes en 2013, feront le ménage aux rebonds et elles pèseront sur les défenses adverses. Ayant engrangé pas mal d'expérience au cours des ans, la sélection dirigée par Owino devra malheureusement composer sans l'indispensable Felmas Koranga Adhiambo, qui a choisi d'aller aux USA pour étudier.  

Commentaire : "Notre objectif est de figurer dans le top 6 et d'ainsi faire mieux que le 10e rang obtenu en 2013," indique Owino. 

Au sujet du retour de Silalei, qui s'était éloignée du basket professionnel et de l'équipe nationale pour s'occuper de son bébé, il ajoute : "Silalei a un bon sens du ballon et son expérience, vu qu'elle a déjà évolué à ce niveau, sera importante. Vilma aura également un rôle prépondérant à joué." 

Comment surprendre le continent ? Le Kenya se retrouve dans un Groupe D piégeux, avec le Mozambique, médaillé de bronze en 2017, et le Cap-Vert, absent de la compétition depuis 2013 et qui débarquera à Dakar dans la peau de vainqueur de la Zone 2. 

Le Kenya a battu le Cap-Vert 64-63 lors de leur première confrontation du FIBA Women's AfroBasket 2013, mais ce dernier s'était vengé en remportant 63-41 le match de classement entre les deux nations, laissant ainsi le 10e rang aux 'Lady Morans'. La rencontre de ce mois permettra de raviver une vieille rivalité.

Les 'Lady Morans' devront rapidement trouver la bonne carburation si elles entendent atteindre les quarts de finale. Il leur faudra prendre un match après l'autre et éviter tout faux pas. 

Même si cela fait six ans que le Kenya n'a plus participé à ce tournoi, l'ossature de la sélection a régulièrement pris part à la FIBA Africa Women's Champions Cup avec Kenya Ports Authority (KPA), Eagle Wings, United States International University (USIU) et plus récemment Equity Bank. 

La capitaine Hilda Indasi Luvandwa et Samba Mjomba se sont illustrées avec leurs clubs au niveau continental et leur expérience sera très utile.  

Le coach : Ronnie Owino est une des personnalités du basket féminin kényan depuis 1991, ayant coaché de nombreuses équipes, notamment University of Nairobi Dynamites, Kenya Commercial Bank, Gladiators et actuellement la Strathmore University. 

Owino mange, respire et vit basket. Ses contributions au développement du basket au Kenya sont indéniables et ceci lui vaut d'être extrêmement respecté par ses joueuses, qui sont toutes prêtes à défendre les meilleurs intérêts de leur pays sous sa direction, avec en tête l'envie de replacer le Kenya sur la carte du basket africain. 

Exigeant et doté d'une fantastique compréhension du jeu, il cherche constamment à faire progresser les équipes qu'il coache.

Il a conduit le Kenya au 4e rang des 'Feminine Games' en 1997 et une décennie plus tard, il l'a aidé à prendre le 5e rang des 'All Africa Games 2007' à Alger (Algérie). 

Joueuse(s) clé(s) : À 33 ans, Indasi a accumulé beaucoup d'expérience tout au long de sa carrière et elle sera d'une grande valeur au moment d'affronter le Mozambique et le Cap-Vert. Son adresse aux tirs, sa confiance ballon en mains et son efficacité aux rebonds sont admirables. 

Achieng, imposante dans la raquette et excellente rebondeuse, aura un rôle important à jouer des deux côtés du terrain. Elle comptera sur l'appui de Shani, une ailière reconnue pour son jeu intérieur et son QI basket.

Selina Okumu et Mercy Wanyama apporteront un peu de mobilité à cette équipe. Elles espèrent être à la hauteur des attentes placées en elles dès leur première apparition dans cette compétition.

Star(s) montante(s) : Christine Akinyi est destinée à devenir une star. Elle a permis aux Kaya Tiwi Girls de son école de décrocher trois titres nationaux au niveau secondaire et elle a fait ses débuts avec les adultes à KPA alors qu'elle n'était qu'une adolescente.

Son apparition avec les KCCA Leopards en 'National Basketball League' en Ouganda a donné davantage d'envergure à sa carrière. 

Du haut de ses 1.90m., Akinyi incarne le futur du basket kényan et Owino, connu pour donner leur chance aux jeunes, ne manquera pas de faire appel à son talent. 

En résumé : Dire que le Kenya s'est mis en tête de gagner le titre continental serait exagéré, mais une place en demi-finale serait un bel accomplissement et il aurait tort de ne pas viser au plus haut s'il arrive jusqu'à ce stade de la compétition. 

Pour ça, il faudra commencer par remporter un match du Groupe D. Les 'Lady Morans' essaieront de s'inspirer de leurs homologues masculins, qui ont surpris tout le monde en se hissant jusqu'en finale de l'édition inaugurale du FIBA AfroCan à Bamako (Mali), récemment conclue. 

La bonne ambiance actuelle qui règne dans le basket kényan est une belle source de motivation pour des 'Lady Morans' qui chercheront à s'en inspirer au moment de débuter le tournoi à Dakar. 

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