Nadezhda Orenburg domine BLMA et remporte l'EuroCup women !

Fatiguées, les Héraultaises ont couru après le score et le titre européen pendant les trois quarts de cette rencontre pour finalement s'incliner face au Nadezhda Orenburg (57-75).

Le BLMA ne remportera pas l’Eurocoupe et ne rejoindra pas sur les tablettes l’ASPTT d’Aix-en-Provence, Tango Bourges et l’ESB Villeneuve-d’Ascq, le trio de clubs français qui a connu ce bonheur.

LATTES-MONTPELLIER - ORENBURG : 57-75
Palais des sports de Lattes.

Spectateurs : 1 500. Quart-temps : 16-18 11-17 12-19 18-21.

Arbitres : MM. Calik (Pologne), Maetjek (Rep. Tchèque), MMe Tomic (Croatie).

BLMA : 20 paniers/61 dont 5/19 à 3 pts, 12 LF sur 17, 13 passes décisives (Berniès 5), 33 rebonds (Whitcomb 9) 9 balles perdues, 19 fautes, 1 joueuse éliminée, Ciak (32e) – Wurtz (6), Ciak (8), Whitcomb (7), Berniès (4), Tchatchouang (1) puis Miyem (10), Duchet, Bankolé (15), Dabovic (6), Trebec, ent : Thibaut Petit.

NADEZHDA ORENBURG : 27 paniers/ 69 dont 6/22 à 3 pts, 15 LF/18, 14 passes décisives (Ygueravide 6), 52 rebonds (Nicholls, Jones 12), 12 balles perdues, 17 fautes – Jones (21), Nicholls (1), Shilova (5), Wheeler (21), Ygueravide (13) puis Medvedeva (6), Tikhonenko (8), Novikova, ent : Victor Lapena.

Mercredi soir, dans une ambiance de corrida, les Russes d’Orenburg sont venues briser leur rêve, sans fioriture du reste. Glanant leur premier trophée après deux finales perdues en Eurocoupe et en Euroligue.

C’est tout sauf un détail, car malgré les CV personnels des Gazelles, le BLMA n’avait pas ce vécu collectif qui a semblé peser des tonnes toute la soirée. Si ça ne retirera rien à la formidable campagne des joueuses de Thibaut Petit, le coup est rude et il va falloir être très solide pour rebondir au plus vite en play-off de la Ligue féminine.

Un Palais des sports plein comme un œuf qui a commencé à grouiller plus de 2 h 30 avant le coup d’envoi, des visages tendus à l’extrême… il y a des signes qui ne trompent pas : on s’apprêtait bien à vivre une soirée historique. Elle ne le fut hélas pas, ainsi que l’avait espéré tout une équipe, tout un club, toute une ville, tout un public.

Face à des Russes maladroites derrière l’arc (0/5 dans le Quart 1), l’équipe de Thibaut Petit s’était pourtant mise dans des conditions, si ce n’est idéales, tout du moins très favorables (15-8, 7e) sur les ailes de Wurtz. Le début d’un gros temps faible dont Orenburg profitait à plein, d’abord par un 8-0, le panier de Thikonenko au buzzer n’étant pas bon signe pour la suite des hostilités (16-18).

Et si ce n’était pas le début de la fin, le BLMA allait, dès lors, courir après le score, et ça durera tout le match. Dans un premier temps de façon encore “acceptable” (21-24, 23-29) vu le + 4 acquis sur le parquet russe.

Nadezhda Orenburg, un ton au-dessus
Mais plus les minutes passaient, plus Orenburg posait son emprise sur les débats avec Jones dominatrice dans les grandes largeurs (21 pts, 12 rebonds au final), avec Wheeler en électron libre, dans un très grand soir avec des paniers irréels, avec Ygueravide… Ça faisait trop, beaucoup trop pour les locales, fatiguées assurément par l’accumulation des matches, étouffées quelque part aussi par l’enjeu.

Entre l’accumulation des défaillances individuelles, une adresse en berne (32,8 % et 5/19 à 3 pts), la sortie prématurée de Ciak (32e), la bataille des airs écrasée par les Russes (19 prises d’écart), tout était réuni pour… une défaite des Gazelles.

Héléna Ciak : "Elles étaient plus fortes" 
"Elles ont été au-dessus, elles nous ont vraiment dominées. Elles méritent leur victoire. On sort de quelques matches très intenses, la fatigue s’est fait ressentir. Sur les matches comme ça, il faut oublier la fatigue, on a un titre au bout. On a 40 minutes où il faut tout lâcher. On a raté des paniers qu’on réussit d’habitude. On est tellement capables de mieux. On essaye de se remette la tête à l’endroit pour la suite du championnat."

"On a été vraiment crispées avec beaucoup de pertes de balles. Pour ça, on peut avoir beaucoup de regrets. On est tellement capables de renverser des monstres et ce soir ça n’a pas marché. C’est décevant. Peut-être qu’on s’est vue trop… Non, on n’est pas comme ça. Depuis le début, on s’est dit que ça n’allait pas être simple. Quatre points, ce n’est rien du tout, elles avaient leur carte à jouer. On s’est dit méfiance, qu’elles allaient venir le couteau entre les dents. Après, avec la pression, c’est possible."

"Le moment était peut-être trop intense. Vivre une finale d’Eurocoupe, ce n’est pas tous les jours dans une carrière. C’est compliqué de trouver des explications. En face, elles ont vraiment été dominantes. Sous les paniers, elles ont été très agressives. Mais il reste encore le championnat, il faut prendre match après match ne pas se voir plus loin que le quart de finale. Ça commence la semaine prochaine. Il faut se reposer."

Nadezhda Orenburg domine BLMA et remporte l'EuroCup women !

Au retour aux vestiaires (- 8, 27-35), les affaires ne semblaient déjà pas très bien engagées, la tendance allait se confirmer au cours du 3e quart avec un duo Ygueravide – Wheeler difficile à stopper.

Quelques ballons volés, des contre-attaques en suivant, une réussite derrière l’arc signée Bankolé ramenèrent l’espoir dans le fief lattois (39-44). Mais un 0-10 plus tard, il était redescendu de plusieurs crans (39-54). Avec le + 4 de l’aller, il restait tout de même 11 points à rattraper. Malgré tout le culot d’une gamine de 21 ans, Bankolé, le BLMA du soir n’en avait pas les capacités. Pas face à ce Orenburg d’un sacré calibre, un ton au-dessus. Le rêve s’est envolé à quarante minutes d’un sacre historique. L’histoire reste belle…

Thibaut Petit : "La fraîcheur a payé"
"Oui, peut-être avons-nous manqué de ressources et “souffert” de l’enjeu. Mais je pense que les 2 fautes dont a été très rapidement sanctionnée Héléna (Ciak) ont coûté très cher. On savait qu’il y avait un match dans le match entre elle et Jones et ça nous a tout de suite mis en difficulté. Derrière, on a manqué d’énergie sur le rebond, on a été archidominés dans ce secteur, il doit y en avoir 20 d’écart. Une Héléna à seulement 14- 15 minutes, ça nous fait mal."

"Avec une Marielle (Amant) absente, on a trop peu de solutions. Après, il y a le championnat de France, très lourd quand Orenburg a, lui, pu se permettre de mettre son cinq majeur sur le banc pendant 40 minutes contre Koursk alors que l’on jouait face à Bourges. Cette fraîcheur a payé en leur faveur. On a subi la pression des Russes, et manqué, oui, de lucidité sur cet événement qui nous a submergés quelque part. Mais on a appris aussi."

Retour à l'accueil