FIBAWC : pourquoi l'Afrique est-il aussi désavantagé au niveau mondial ?

Du 31 août au 15 septembre, aura lieu en Chine la Coupe du Monde FIBA 2019 qui regroupera 32 pays venant d'Afrique, des Amériques, d'Asie et d'Europe, mais une chose attire particulièrement notre attention : le nombre de pays attribué au continent africain contrairement à l'Europe qui en compte 12.

L'été prochain, sept pays des Amériques, sept d'Asie, 12 pays européens et seulement cinq pays africains seront en compétition en Chine, une première dans l'histoire de la Coupe du Monde FIBA avec 32 équipes. 

Avec seulement 5 pays qualifiés (Nigéria, Tunisie, Angola, Sénégal et Côte d'Ivoire), l'Afrique sera le continent le moins représenté en Chine, alors que les Amériques comptent 7 pays sans oublier l'Asie (7 pays) et l'Europe (12 pays). 

Pourquoi l'Afrique est-il aussi désavantagé au niveau mondial ?

Aujourd'hui avec l'incroyable élimination du Cameroun, on se demande si l'Afrique avait eu au moins 7 places, cela aurait pu éviter certaines injustices, sachant que de nombreux pays déjà sacrés champion d'Afrique comme l'Égypte ou la République Centrafricaine auraient pu prendre part également à ce tournoi mondial. 

On ne va pas refaire le débat sur la façon dont les arbitres sifflent souvent les équipes africaines en coupe du monde, même si nous sommes en droit de se questionner sur le poids réel de FIBA Afrique au niveau mondial. À vrai dire, nombreux sont les fans et observateurs du basket Africain qui ne croient plus aux systèmes de FIBA et y voient une sorte d'injustice visant à hypothéquer d'entrer de jeu les chances des équipes africaines limitées aux rôles de figurants.

Oui, nombreux sont les africains qui animent la NBA et tous les meilleurs championnats nationaux au monde, mais dont les équipes nationales subissent une injustice sans précédent lors de la Coupe du monde. D'ailleurs le nouveau calendrier de FIBA pour la zone Afrique, a été très critiqué récemment par le joueur sénégalais Maurice Ndour, contraint de déclarer forfait pour la dernière fenêtre des Éliminatoires de la Coupe du Monde 2019.

Sur le fond, l'Afrique qui regorge pourtant de nombreux talents est le continent le plus désavantagé au niveau de FIBA Monde avec moins de places à la Coupe du monde, un calendrier des qualifications représentant un vrai handicap pour les équipes. Le non respect des règlements qui accompagne souvent le refus systématique de libération des meilleurs joueurs africains par les clubs européens ou la NBA pour des compétitions internationales est aussi un réel problème dont les dirigeants de FIBA Afrique devront régler. Si le vice-président de la NBA Africa, Amadou Gallo Fall a toujours encouragé les joueurs africains évoluant en NBA à rejoindre leurs équipes nationales, la réalité sur le terrain est toute autre. Nombreux sont ceux qui sont souvent bloqués par leurs franchises. Le pivot sénégalais Gorgui Dieng est l'un des rares à avoir obtenu d'une manière assez régulière sa libération auprès des Minnnesota Timberwolves pour venir aider le Sénégal. 

Deux poids, deux mesures ?

Des stars NBA comme Bismack Biyombo, Emmanuel Mudiay, Cheick Diallo, Abdel Nader, Pascal Siakam et Joel Embiid n'ont pas encore joué avec leurs équipes nationales. Alors que leurs coéquipiers européens l'ont déjà fait assez régulièrement sans aucune contrainte.

Par contre, la plupart des joueurs africains évoluant dans la ligue nord-américaine ont déjà pris part au NBA Africa Game à Johannesburg en Afrique du Sud. C'est là tout le paradoxe. 

Dans ces conditions, il est difficile aux équipes africaines de réaliser de meilleurs résultats au niveau mondial. Des pays comme la RDC ou le Cameroun auraient pu dominer le basket Africain si leurs stars auraient été au rendez-vous de l'Afrobasket ou de ces dernières qualifications. Si la Fédération internationale de Basket-ball (FIBA) a déjà réglé les problèmes des assurances pour faciliter l'engagement des stars auprès de leurs équipes nationales, d'autres questions restent en suspens. Celle par exemple du non respect des règlements par de nombreux clubs européens et de celui du statut particulier des franchises de la NBA qui ne dépendent pas de FIBA. 

Plus il y a moins d'équipe africaine à la Coupe du Monde, moins sont les chances de voir un pays africain dans le dernier carré, contrairement à l'Europe qui affiche 12 pays au total. Une répartition inéquitable, qui en plus du nouveau calendrier de FIBA pour les Jeux olympiques, laisse penser que l'Afrique est encore sans doute le grand perdant. 

La FIBA Afrique a t-elle les moyens pour remédier à ces injustices ?

Cette question nous emmène à se demander sur le réel poids et surtout sur l'indépendance de FIBA Afrique à défendre les intérêts de ses fédérations nationales car en dépit de ces nombreuses injustices, on a le sentiment que le basket Africain manque clairement de leadership, et continue malheureusement de subir des réformes en réalité imposés par FIBA-Europe, ne profitant guère au basketball africain. 

L'Afrique est un vaste continent avec pas moins de 54 pays. En matière de talents, le continent n'a rien à envier à l'Europe ni aux Amériques, encore moins aux continents asiatique-océanique. Être le seul continent avec cinq places pour la première coupe du monde à 32 équipes, est tout sauf encourageant, encore moins équitable. 

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