Carlos Morais, un miroir pour les jeunes angolais

SIENA (FIBA Basketball World Cup 2019 African Qualifiers) - À 33 ans, le capitaine de l'Angola Carlos Morais est actuellement le témoin du changement générationnel qui s'opère dans son pays, lui qui a vécu ces 15 dernières années de beaux moments avec son équipe nationale et qui voit désormais arriver la nouvelle vague de joueurs, pleine d'ambition. 

Son statut lui vaut d'avoir un rôle précieux. Il doit faire en sorte que les plus anciens restent déterminés et s'assurer que les plus jeunes se servent de lui comme exemple, à titre individuel, pour poursuivre leur progression et ainsi pouvoir aider la sélection nationale à atteindre ses objectifs. 

"J'ESSAIE TOUJOURS DE MOTIVER LES GARS POUR QU'ILS DONNENT LE MEILLEUR D'EUX-MÊMES. PARFOIS, NOUS N'ARRIVONS PAS À PRODUIRE LE JEU QUE NOUS SOUHAITERIONS ET JE LE COMPRENDS, MAIS JE FAIS TOUT POUR QUE NOUS NOUS METTIONS EN POSITION DE GAGNER ET D'ÊTRE LES PLUS PERFORMANTS POSSIBLE."
- Morais

Lorsque le coach Will Voigt a été nommé à la tête de l'Angola il y a une année, il a clairement énoncé que le but serait de ramener les Angolais vers les sommets de la hiérarchie continentale, tout en intégrant en cours de chemin l'ambitieuse nouvelle génération de joueurs. 

Cette volonté de réussir à relever ce double défi a permis de resserer les liens dans l'équipe, rendant d'autant plus possible sa réalisation.

"Les vétérans - ce sont mes gars. Nous jouons ensemble depuis très longtemps. Nous nous comprenons tellement bien. Notre complémentarité et notre complicité sont fantastiques," indique Morais. "Je suis le capitaine, mais ils ont aussi leur mot à dire et quand les choses ne sont pas bien faites, je leur permets d'intervenir auprès des joueurs.

"C'est la combinaison que nous avons avec les jeunes. Nous avons trouvé un équilibre. Si nous parvenons à continuer sur cette voie, nous serons très difficile à battre."

Carlos Morais, un miroir pour les jeunes angolais

Vainqueur de 11 FIBA AfroBasket en 13 éditions entre 1989 et 2013, l'Angola a gagné le droit d'être considéré comme l'équipe de basket la plus dominante et la plus titrée du continent africain, de quoi rendre envieux ses rivaux.

Au cours de cette période et aujourd'hui encore, ces mêmes rivaux ont choisi de bâtir leurs équipes en vue de détrôner les Angolais. En 2015, les Nigérians y sont arrivés en s'imposant contre eux en finale de l'AfroBasket. En 2017, cela a été au tour de la Tunisie de repartir avec le trophée et les honneurs.

"C'était à attendre. Nous avons travaillé, mais toutes les autres nations aussi," analyse Morais. "Si vous regardez la Tunisie, elle joue un basket incroyable, tout comme le Nigeria. C'est le développement naturel. Nous comprenons cela.

Carlos Morais, un miroir pour les jeunes angolais
Carlos Morais, un miroir pour les jeunes angolais

"Nous avons également de nombreux jeunes joueurs qui ont une grande marge de progression. Si nous maintenons la qualité du travail que nous effectuons sous les ordres du coach Will et de son staff, nous serons meilleurs dans le futur." 

"GAGNER FAIT TOUJOURS DU BIEN. CELA SIGNIFIE BEAUCOUP POUR NOUS. (MAIS) CETTE FOIS, NOUS L'AVONS RÉUSSI POUR UNE CAUSE ENCORE PLUS GRANDE : LA COUPE DU MONDE. NOUS SOMMES CONSCIENTS QUE LE RÊVE DE TOUT JOUEUR EST D'Y PARTICIPER."
- Morais

"J'essaie toujours de motiver les gars pour qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes. Parfois, nous n'arrivons pas à produire le jeu que nous souhaiterions et je le comprends, mais je fais tout pour que nous nous mettions en position de gagner et d'être les plus performants possible.

Le meneur de 1.93m prend très à cœur son rôle de modèle pour les jeunes et il veut vraiment les aider à exploiter leur plein potentiel.

"Je cherche constamment à montrer l'exemple, car je suis comme un miroir. Je veux qu'ils comprennent qu'ils doivent travailler dur tous les jours, que leur progression n'a que les limites qu'ils s'imposent. Il est impossible de savoir à l'avance où elles se situent, c'est ça mon message," souligne-t-il. "Ils ont été remarquables. Ils s'améliorent de jour en jour. Bientôt, ils prendront notre place. 

"Cisse (Mohamed Cisse Malick) ne savait pas s'il devait plutôt tirer ou passer le ballon. Je n'ai pas arrêté de lui dire qu'il lui fallait trouver ce qui lui convenait le mieux. Il réfléchissait trop. S'il rate, tant pis, nous sommes là pour le soutenir. C'est ce genre de choses que je tente de leur inculquer."

Morais est en train de parfaitement remplir à la fois son rôle de leader de l'équipe nationale et de préparateur de la prochaine génération. Les Angolais ont remporté 9 de leurs 12 matchs des Éliminatoires Zone Afrique et ils se sont qualifiés pour la compétition en Chine en gagnant leurs trois derniers matchs lors de la fenêtre qualificative de novembre-décembre, devant leurs fans à Luanda.

"Gagner fait toujours du bien. Cela signifie beaucoup pour nous. (Mais) Cette fois, nous l'avons réussi pour une cause encore plus grande : la Coupe du Monde. Nous sommes conscients que le rêve de tout joueur est d'y participer," commente Morais. "Nous sommes très heureux d'avoir assuré notre qualification devant notre public. Cela a été un moment vraiment très spécial."

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