Un échantillon de jeunes qui participeront au mini championnat @ Moov Gabon.

Un échantillon de jeunes qui participeront au mini championnat @ Moov Gabon.

Le ministère de la jeunesse et des sports du Gabon, pays de Stéphane Lasme et de Géraldine Robert, deux grandes figures du basketball africain de cette dernière décennie, avait décidé l'année dernière de faire un break sur les sorties des différentes équipes nationales, tout sport confondu, en raison d'un manque de résultats au niveau international. 

Quelles conséquences pour le basketball gabonais ?

Depuis cette décision qui continue de susciter un débat au sein de la famille du sport gabonais, le basketball du pays semble avoir fait les frais. Car si cette décision est sans doute justifiée par de nombreux résultats insatisfaisants, elle porte un coup fatal à la jeunesse du pays, qui voit son avenir mettre entre parenthèses. 

Doté d'un panel de jeunes basketteurs talentueux dont Yann Farell Assa chez les garçons comme chez les filles, le Gabon a tout intérêt à donner une chance à sa jeunesse de participer à des tournois de différentes catégories (U16, U17, U18, U19 et U20) si le pays veut faire un retour triomphal et intégrer le Top des meilleures équipes africaines. Les derniers championnats d'Afrique de FIBA des U16 et U18, auraient permis aux jeunes basketteurs gabonais de poursuivre sereinement leur apprentissage, en ayant progressivement dans le même temps l'expérience du haut niveau qui leur permettra de s'imposer une fois arrivés à maturité vers leurs 23-24 ans.

Raison pour laquelle, il serait sans doute judicieux que le ministère de la jeunesse et des sports du Gabon, préconise les sorties des équipes de catégorie jeune et exige en amont à la Fédération Gabonaise de Basket-ball (FEGABAB) et à la Ligue du basketball du pays de travailler avec sérieux pour un avenir meilleur de ce sport.

Le camp YEMALY de Géraldine Robert

Le camp YEMALY de Géraldine Robert

Les actions menées par star féminine du basket gabonais, Géraldine Yema Robert, à travers son association YEMALY et les activités de Basket Academy Club (BAC) sont à encourager. Ces nombreux camps basket dont l'objectif est aussi d'éduquer, sont des actions importantes pour donner la possibilité aux enfants, non seulement d'avoir envie de pratiquer ce sport, mais également de devenir des cadres africains de demain. En mettant la jeunesse au coeur de ses priorités, le département du sport et le comité olympique gabonais, permettront au pays de revenir très fort sur les devants de la scène internationale et ainsi produire des résultats escomptés. A défaut de ne pas s'engager véritablement, le sport gabonais en général, le basketball en particulier ne sera que l'ombre de lui-même. 

De 2017 à 2018, le Mali c'est ça !  4 titres de Champion d'Afrique toutes catégories (U16 et U18) 

De 2017 à 2018, le Mali c'est ça !  4 titres de Champion d'Afrique toutes catégories (U16 et U18) 

Les exemples de reconstruction 

L'Angola, la Tunisie, le Mali et le Sénégal sont sans doutes les meilleurs exemples sur le continent africain pour avoir réussi à reconstruire en misant sur des équipes de catégorie jeune. Dans les années 70-80, l'Angola avait misé sur une reconstruction totale, en investissant beaucoup d'argent dans la formation des équipes de catégorie jeune (filles comme garçons). La Fédération Angolaise de Basket-ball a également pris une décision certe difficile de rajeunir ses équipes nationales sénior, mais ces efforts ont permis au pays de dominer le basketball africain pendant plus de 22 ans avec onze titres de champion d'Afrique et 30 ans de participation à toutes les compétitions internationales (Jeux olympiques et Coupe du Monde). Aujourd'hui encore, malgré une perte de vitesse, l'Angola est à une petite victoire de se qualifier pour la Coupe du Monde de FIBA 2019.

Quand on parle du basketball chez les jeunes ou chez les dames en Afrique, on pense tout de suite au Mali et au Sénégal qui ont longtemps dominé sur le continent avec de nombreuses participations à la Coupe du Monde de FIBA. Pour la Tunisie, inutile de rappeler la domination actuelle du Cinq National sur le basketball africain. Pourtant il y a quelques années en arrière, le pays s'était lancé dans une reconstruction, à travers la génération de Radhouane Slimane arrivée à maturité en 2009, avant de remporter deux titres de champion d'Afrique, notamment en 2011 et en 2017.

Faire un break de six à dix en ce qui concerne les équipes nationales sénior, n'est sans doute pas une mauvaise chose, mais la jeunesse ne doit pas en faire les frais, car elle incarne l'avenir d'un pays, encore plus d'un pays riche comme le Gabon dont les richesses du sous sous sol ne souffrent d'aucune contestation. La Fédération Gabonaise de Basket-ball doit travailler davantage, se professionnaliser dans la détection et la formation des jeunes à travers tout le pays et avoir au moins deux scoots à l'international ayant la mission de répertorier tous les jeunes d'origine gabonaise susceptibles d'intégrer le programme. Il faut également mettre l'accent sur la formation des entraîneurs, des formateurs et du corps arbitral afin de bâtir un meilleur avenir.

Le nouveau palais des sports de Libreville inauguré le 16 janvier 2018

Le nouveau palais des sports de Libreville inauguré le 16 janvier 2018

Pour y parvenir, la FEGABAB et la Ligue du basketball gabonais auront sans doute besoin du soutien financier et matériels du département des sports et des partenaires afin permettre à ces jeunes de travailler dans les conditions adaptées à la formation du haut niveau. Le nouveau palais des sports flambant neuf inauguré le 16 janvier dernier à Libreville, est sans doute une action à encourager, car les infrastructures ont une importance considérable dans un processus de développement. 

Ce gymnase, a été construit sur une surface totale de 15 220 m² dont 8 000 m² de jeux, offre une capacité d’accueil de 5 358 places et dispose d’installations de pointe. C'est le fruit d’un partenariat public-privé entre l’Etat gabonais et la société chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC), en collaboration avec la Société gabonaise.

Cyrille NGARIO, directeur de publication de News Basket Beafrika 

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