Les Centrafricains en course pour décrocher l'un des cinq tickets qualificatifs pour la Coupe du Monde FIBA 2019 qui aura lieu en Chine.

Les Centrafricains en course pour décrocher l'un des cinq tickets qualificatifs pour la Coupe du Monde FIBA 2019 qui aura lieu en Chine.

A l'heure où l'équipe nationale Centrafricaine devrait déjà entamer sa préparation et se concentrer sur le second tour des Éliminatoires de la Coupe du Monde FIBA 2019, dont la manche aller aura lieu à Lagos du 14 au 16 septembre, le public centrafricain assiste avec beaucoup de stupéfaction depuis dimanche 2 septembre à un spectacle déshonorant entre le président de la Fédération, Isodore Embola et le président de la Ligue de Bangui, Guy Maurice Limbio. 

Le président de la fédération, Isodore Embola a posté une publication en date du dimanche 2 septembre sur la page Facebook de la FCBB, accusant le président de la Ligue, Guy Maurice Limbio de vouloir saboter les actions menées par l'actuel bureau fédéral. Dans ce post, l'on accède avec consternation à la copie d'un Avis Tiers Détenteur émis sur le compte bancaire de la FCBB, suite à une action en justice menée par Guy Maurice Limbio pour obtenir le remboursement de son argent, qu'il avait prêté à l'ancien bureau fédéral de la FCBB en 2013.

"La FCBB vient d’avoir la désagréable surprise de voir son seul compte ouvert à la CBCA bloqué sur une action en justice de Guy Maurice Limbio.  Les faits portent sur la dette plus ou moins contractée par le bureau fédéral en 2013 au temps de la mandature de Joseph BOZIZE mais sous l’intérim de Marboua alors 1er Vice –président. C’est vrai qu’il y’a continuité de l’administration mais cette dette date de 5 ans et le bureau actuel, élu en 2016, après un autre mandat celui du Président Mageot, n’a pas tous les éléments pour se faire un avis dans un sens ou dans l’autre mais cette action en justice  n’est pas fortuite de la part d’un ex candidat à la présidence de la Fédération Centrafricaine de basketball.

Au moment où l’Equipe Nationale s’apprête à aller disputer les éliminatoires de la coupe du monde, cette action s’inscrit dans le seul but de freiner les actions du bureau fédéral actuel. Le but poursuivi est très simple : faire en sorte que le bureau actuel échoue sur tout ce qu’il entreprend car Guy Maurice Limbio et Nono Débat  alias Tour de contrôle sont en train de voir que le bureau actuel est entrain d’avancer et que si on se qualifie pour la coupe du monde s’en est fini de leurs espoirs de diriger la Fédération de Basket. Les agissements en coulisse et les manœuvres de ces gens n’empêcheront pas la Fédération de poursuivre sur son programme", avait posté Isodore Embola. 

Face aux réactions de fans centrafricains, le président de la fédération revient par le biais d'un commentaire pour confirmer ses propos en assumant entièrement sa publication. 

"Cette dette date de 2013. Il y'a eu deux Présidents qui m'ont précédé et à qui Guy Maurice Limbio aurait dû procéder au recouvrement de son dû. Il a attendu 10 jours au moment où l'Equipe Nationale et le bureau fédéral s'apprêtaient à aller chercher la qualification pour la coupe du monde pour procéder à cette saisie arrêt qui paralyse nos actions. J'assume entièrement mon post et je dis que ce n’était pas le moment c'est mon ressenti: c'est un coup bas, un coup au niveau de la ceinture n'en déplaise aux censeurs du net. Puisqu'il en est ainsi, j'exercerai mon droit de recours et on verra bien ce qu'il en est de cette dette qu'on le me demande d'assumer au nom de la continuité de service et que l'on m'assure qu'il n'y'a aucun esprit malin derrière. Qui vivra verra.", Isodore Embola.

La réaction de Guy Maurice Limbio ne s'est pas fait attendre. Par le biais de son compte Facebook, le président du club Zarasclo et de la Ligue de Bangui a tenu à répondre au président de la fédération, qualifiant sa publication de "mauvaise propagande à son égard". 

"Il est devenu de notoriété publique en Centrafrique que pour atteindre son adversaire direct ou son challenger certains utilisent tous les superfuges (Mensonge répété et éhonté, Diffamation, coups frequents en bas de la ceinture et j'en passe) pour salir son image. La F.C.B.B par sa publication vient de montrer aux yeux du monde entier que celui qui la préside ne dispose pas la capacité encore moins de la compétence pour la diriger faute de quoi ce dernier aurait pris attache avec un conseiller juridique avant d'étaler de telle bassesse.Chaque centrafricain a constaté qu'une fois de plus l'institution n'est pas respectée comme disait un compatriote "Pour une simple affaire de recouvrement de créance, vous exposez la capacité financière de toute une fédération sur les réseaux sociaux". Amalgame, haine et mauvaise propagande à mon égard, oui ils sont recurrents pour la simple et bonne raison que je demande une autre forme de gouvernance basée sur la transparence et la clarté dans l'utilisation des deniers publics. En quoi cela fait-il de moi un mauvais citoyen ? J'ai confiance en la justice de mon pays."

"Qui veut noyer son chien, l'accuse rage, peut être...." mais vous devez vous montrer à hauteur de la tâche sans menagement au lieu d'invectiver par votre porte venin et de cesser d'embrouiller tous les centrafricains qu'un différend personnel nous oppose. Rien ne nous opposera tant nos orientations du basket-ball centrafricain et mondes professionnels sont completement différents. Pour ceux qui ne le savent peut être pas, je travaille dans l'un des cabinets d'audits les plus connus au monde donc une vie professionnelle très chargée.C'est donc par pur patriotisme et amour de l'étendard 🇨🇫 que je m'investis sans intérêt occulte pour ce sport qui m'a tout donné....Bref!

[Pour un rappel de contexte] : il s'agit d'un dû qui date de 2013 où la F.C.B.B a été condamné, exigible devant la loi à travers les actes uniformes de l'ohada et m'autorise à pratiquer une saisie attribution, pour ceux qui le meconnaissent un acte légal décidé sur la base d'une créance qu'ils reconnaissent d'ailleurs au nom du principe de continuité de l'administration via un avis à tiers détenteur. Personne au sein du bureau fédéral actuel, ne pourra me reprocher de ne pas avoir initié plusieurs tentatives de médiations pour que ce dossier se règle à l'amiable sauf si une amnésie généralisée se propage.

En somme le communiqué de la F.C.B.B est d'un ridicule indescriptible. Sachant que la mission des 15 prochains jours s'annonce des plus perilleuse, la F.C.B.B se cherche d'ores et déjà un bouc emissaire mais dans ce pays,on se prevaut de ses turpitudes. 

Je ne sais même plus s'il faut en ricaner ou en pleurnicher mais le devoir de clarté m'a contraint de faire l'unique réponse pour mon détracteur. Triste pour l'institution de la voir une fois de plus ridiculisée par une énième  maladresse de son président." Guy-Maurice Limbio

Dans un climat pareil, on se doit vraiment de s'interroger, car l'avenir du basketball centrafricain est clairement en péril, voire même hypothéqué aujourd'hui. Un président de la fédération et le président de la ligue qui ne s'entendent pas, ce n'est jamais une bonne chose pour le basketball. Comment peut on travailler pour une cause commune dans un climat aussi tendu et malsain ? Il n y a t'il pas un autre canal de communication plus respectable pour régler ce genre de conflit ? Comment peut-on salir à ce point l'image du basketball Centrafricain ? Surtout à l'heure où la formation des jeunes est complètement abandonnée, le championnat de Bangui est à l'arrêt depuis un moment, l'équipe nationale centrafricaine n'a toujours pas commencé sa préparation pour les Éliminatoires de la Coupe du Monde alors que nous sommes déjà à J-10. Bref, le chaos semble s'installer progressivement dans la maison du basket centrafricain et on se demande jusqu'où ira cette mésentente ?

Cette tension ne profite sans doute à personne, encore moins au basketball centrafricain qui, aujourd'hui est pris en otage, et les premiers victimes sont de nombreux jeunes talentueux qui voient leurs espoirs de réussite s'évanouir au fil du temps. Les conséquences de cette tension entre le président de la FCBB et le président de la Ligue de Bangui sont fatales pour ces jeunes abandonnés à eux-mêmes.

Encore une autre génération sacrifiée des U18, celle des jeunes comme Kurt-Axel Wegscheider, Benjamin Datro, Bryant Selebangue, Paul Marandet, Francky Naguibede, Alexandre Naguidengar, Louange Namkoisse, Chris Dobessi, Allan Dokossi, Durel Sissoko, Didas Ndayen, Emmanuel et Chris Bondoma pour ne citer que ceux là..

Cette génération aurait pu représenter brillamment la République Centrafricaine aux championnats d'Afrique masculin des U16 ou des U18 recemment à Bamako au Mali. Leur chance de remporter une médaille de catégorie U16 ou U18 était bien réelle, connaissant leurs immenses potentiels. Mais hélas, l'histoire se répète pour ces jeunes dont la plupart ne verront jamais leur rêve de porter les couleurs de l'équipe nationale sénior se réaliser, parce que la priorité de ceux qui dirigent est ailleurs. En refusant de cohabiter ensemble, les dirigeants du basket centrafricain affichent leur manque de volonté à travailler en équipe pour l'intérêt commun, ce qui entrave le développement de ce sport.

Si ce spectacle continue, et que les deux partis ne règlent pas le problème de fond qui les oppose, il va falloir que les deux concernés prennent leurs responsabilités en quittant le navire pour sauver ce sport roi. Une chose est sûre, cette querelle qui semble avoir déjà durer, empoisonne, fragilise et divise un peu plus la famille du basket centrafricain, incapable de travailler ensemble depuis déjà plusieurs décennies. 

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