Joel Embiid : « Je me suis fait dunker dessus tellement fort par Tarik Black que j’ai failli tout abandonner »

Joel Embiid est revenu sur son arrivée aux Etats-Unis et la manière dont il est passé d'un niveau catastrophique à... la NBA

Comme toujours, dès qu'un joueur NBA se livre dans le Players' Tribune, c'est fichtrement intéressant. Joel Embiid est revenu sur son improbable ascension et les années qui ont précédé son arrivée dans la ligue.

Le All-Star des Philadelphie Sixers en raconte des vertes et des pas mûres. Voici les meilleurs extraits de ce récit.

"C'est une histoire vraie. La main à Dieu. Quand je suis arrivé du Cameroun à 16 ans, je ne connaissais aucun anglais, je ne connaissais pas une seule personne en Amérique, je ne comprenais pas vraiment la culture, à l’exception du hip-hop de base. Et je sais que les gens connaissent en quelque sorte mon histoire, mais je ne pense pas qu'ils comprennent vraiment à quel point c'est fou. Parce que je venais de commencer à jouer au basket littéralement - littéralement - trois mois avant que je reçoive une offre de venir jouer au lycée en Floride.

« Quand j’avais 16 ans, Luc Mbah a Moute m’a invité au camp de basket qu’il organise chaque été au Cameroun. La seule raison pour laquelle je l’étais, c’est que je faisais 2,08m. J’étais tellement nerveux et que je ne suis même pas venu le premier jour. Le deuxième jour, je suis venu, on m’a fait entrer en jeu et j’ai dunké sur tout le monde. Je crois que j’avais tellement peur que mon adrénaline a pris le dessus ou quelque chose comme ça. Dès le premier match. J’étais quand même nul, mais ça suffisait. Ils pouvaient voir quelque chose en moi. J’ai eu un spot pour Basketball Without Borders en Afrique du Sud. Deux mois plus tard, j’étais dans un avion pour la Floride, pour entrer au lycée aux États-Unis."

Joel Embiid : « Je me suis fait dunker dessus tellement fort par Tarik Black que j’ai failli tout abandonner »

Moqué au lycée

"Je venais de commencer le basket trois mois plus tôt, littéralement, quand j'ai eu une offre pour jouer dans un lycée de Floride. Je savais dunker, mais je n'avais aucune maîtrise du ballon. Le premier jour d'entraînement, le coach m'a viré de la salle tellement j'étais nul. Je ne savais pas ce que je faisais. J'étais tellement maigre, tellement soft. Le pire, c'est que mes propres coéquipiers me pointaient du doigt et se moquaient de moi comme les petits trou du cul des lycées dans les films.

Un an plus tard, je m’engageais à Kansas. Je ne savais même pas ce que c’était que la March Madness. Ni quelles étaient les bonnes équipes. La seule raison pour laquelle j’ai choisi Kansas c’est parce que Luc m’a dit : ‘c’est la meilleure, tu devrais aller à Kansas’. Donc je suis allé à Kansas."

Joel Embiid : « Je me suis fait dunker dessus tellement fort par Tarik Black que j’ai failli tout abandonner »

Le dunk qui a failli le faire arrêter

"Lors de mon tout premier scrimmage, je me suis fait dunker dessus si violemment par Tarik Black que j’ai failli tout abandonner. Tarik m’a dunké dessus tellement fort que je regardais sur internet les billets d’avion pour rentrer. C’était un senior. C’était déjà un homme bien costaud. Je n’ai rien compris. Il a pris son propre rebond et m’a dunké dessus tellement fort que tout s’est passé en slow motion. J’ai pris le ballon sur la tête. Mais ce n’était même pas le pire. Le pire c’est que l’intégralité de l’équipe féminine de basket de Kansas regardait. Toute la salle se foutait de moi. C’était fou.

Donc je suis allé dans le bureau de Bill Self en lui disant : ‘Je ne peux pas jouer avec ces gars, il faut me redshirt (ne pas le faire jouer un an pour préserver une année d’éligibilité)’. Et Bill m’a dit : ‘Quoi ? T’es sérieux ? Dans deux ans tu seras n°1 de la draft’.’ Mais on m’avait dit que tous ces coachs d’université mentaient, donc je croyais qu’il disait ça pour me faire plaisir. Dans ma tête je me disais bon, je vais juste continuer à venir et au moins j’aurai un diplôme à la fin, ma mère sera contente’."

Il s'est pris pour Hakeem et ça a marché

"La seule chose qui m’a poussé à continuer c’est l’éducation de mes parents. Ils nous ont toujours dit de continuer à travailler quoi qu’il arrive. J’avais un DVD que mon coach au Cameroun m’avait envoyé. Une heure d’Hakeem Olajuwon et de quelques big men légendaires. J’ai dû regarder ce DVD tous les jours pendant trois ans. J’étudiais la façon dont Hakeem se déplaçait et j’essayais de l’imiter. Je l’ai fait au lycée, et je l’ai fait à Kansas. En gros je m’imaginais être un bon joueur. Le pouvoir de l’esprit est incroyable. J’étais nul. Mais je me suis convaincu que j’étais Hakeem. Et j’ai commencé à progresser, progresser. Je suis sérieusement arriver en NBA en regardant des vidéos sur YouTube et en vivant à la salle. Quand KG gagne son titre avec les Celtics et qu’il crie ‘ANYTHING IS POSSIBLLLLLLLLLLLLLLE!!!!!!!’, ça me parle. C’est ma vie. C’est arrivé tellement vite que ça n’a pas de sens.

Joel Embiid : « Je me suis fait dunker dessus tellement fort par Tarik Black que j’ai failli tout abandonner »

Le moment le plus surréaliste a été celui où Kobe a pris sa retraite et il a joué son dernier match à Philadelphie. Après le match, ils ont mis en place une petite salle pour nous permettre de parler pendant une minute. Il est entré et je lui ai serré la main et je lui ai dit: «Je sais que vous avez probablement beaucoup entendu ça, mais j'ai littéralement commencé à jouer au basketball à cause de vous, il y a sept ans. Chaque fois que je tirais sur la balle dans le parc, je criais: «KOBEEEEEE!»

Il a ri et nous avons parlé pendant une minute, puis avant de partir, il a dit la chose la plus Kobe. Pour la plupart des gens, cela ne voulait rien dire. Mais pour moi, c'était surréaliste. C'était comme si j'étais dans un jeu vidéo ou quelque chose.

Il a dit, à la manière de Kobe, «O.K., jeune homme. Continue de travailler. Continue de travailler."

Merci Kobe. Merci, Hakeem. Merci, maman et papa. Merci, Kansas. Merci Philly. Merci Lil 'Bow Wow. Merci, Random White People.

C’est un film, je le jure." Joel Embiid

via Players' Tribune 

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