La politique de FIBA Monde, un frein à la progression des équipes africaines

Parler de l'arbitrage et remettre en question le système d'une compétition de FIBA, sont devenus presque des sujets tabous, sans doute très épineux mais qui méritent tout de même d'être abordé. Après la défaite des D'Tigress du Nigéria en quarts de finale de la Coupe du Monde féminine de FIBA 2018, nous avons donc décider d'ouvrir le débat.

Oui, l'on ne refuse pas que les États-Unis soient la meilleure équipe au monde de par leur immense palmarès, mais leur équipe nationale féminine n'a jamais semblée aussi prenable que par le passé. L'arbitrage à l'européen du match France - Nigéria a ainsi définitivement confirmé nos interrogations et nous ont poussé a traité ce sujet très sensible. Comment peut on choisir un arbitre grec, un pays que le Nigéria venait d'éliminer en match de barrage pour officier pendant le match des Nigérianes face aux Américaines ? Comment est-ce possible ? Comment peut on choisir un européen pour arbitrer un match d'une équipe européenne contre une équipe africaine? Notamment, l'arbitre espagnol du match France-Nigéria. Comment peut on choisir un un arbitre asiatique pour arbitrer le match décisif des Sénégalaises face à la Chine pour la deuxième place du groupe D? Trop de questions qui méritent vraiment d'être posées. 

Déjà face au Sénégal, les américaines avaient clairement eu du mal à dérouler leur jeu pendant au moins deux quart-temps, mais dans ces moments très compliqués où les partenaires de Diana Taurasi étaient en manque de solution, le corps arbitral a choisi de venir à leur secours pour limiter les Sénégalaises dans leur belle agressivité défensive en sifflant des fautes imaginaires, aidant ainsi les américaines à rentrer progressivement dans le match. Les Lionnes du Sénégal avaient ainsi dominé les Américaines physiquement des deux côtés du terrain dès le premier quart et elles pouvaient bien creuser l'écart si les arbitres n'avaient pas choisi leur camp. Même si beaucoup de personnes ne veulent pas remettre en question ouvertement l'arbitrage, de peur que cela dérange ou que cela soit considérer comme un manque de fair-play, rassurez vous, le système n'a jamais été fait pour rendre la tâche facile aux équipes africaines qui subissent le statut attribué de soit disant "petites équipes", contrairement à ces poids lourds, souvent très bien arbitrés car la politique du sport (pour ne pas parler des lobbies du sport) telle que nous connaissons aujourd'hui, ne laisse aucune chance aux pays africains d'occuper les premières marches du podium mondial, tout sport collectif confondu. Oui, nos fédérations ne sont pas parfaites dans leur fonctionnement, car pour la plupart, elles sont confrontées à un réel problème d'organisation, mais cela n'explique en rien le fait que nos équipes soient aussi défavorisées au niveau mondial. En terme de talent, les Sénégalaises et les Nigérianes n'ont pas à rougir devant n'importe quelle équipe au monde.

En suivant avec beaucoup d'attention le match États-Unis - Nigéria, nos doutes ont été confirmé. Tous ceux qui ont suivi le match de quarts de finale de ce vendredi midi à Tenerife, savent à quel moment exactement les nigérianes ont commencé à déjouer. Pris par la gorge dès l'entame 17-9, puis 20-11 en début du second quart temps, les américaines avaient du mal, et étaient clairement dominé, ne trouvant aucune solution pour stopper les nigérianes qui imposent un défi physique remarquable des deux côtés du terrain. Alors comme par hasard, c'est le moment choisi par l'arbitre grec de rentrer dans la danse en sifflant six marcher consécutifs à la nigériane Antonye Nyingifa sur six possessions du Nigéria. Ces nombreux coups de sifflet ont peu à peu cassé la bonne dynamique de l'équipe nationale Nigériane qui aurait pu mener jusqu'à 15 points d'écart à la pause.

Pire encore, malgré les nombreuses fautes des américaines sur les joueuses nigérianes, particulièrement sur Evelyn Akhator en post-up, le corps arbitral, notamment l'arbitre grecque qui devrait siffler, a décidé de laisser jouer mais que dans un sens, pas l'inverse. Ainsi, les Américaines qui n'ont vraiment pas besoin de ce coup de pouce du haut de leur statut de grandissime favori, ont profité du moment de relâchement, de la grosse débauche d'énergie des nigérianes dans ces moments où rien marche, pour revenir dans la partie et passer devant au score.

La politique de FIBA Monde, un frein à la progression des équipes africaines

Que dire du match Sénégal-Chine, où FIBA a tué d'avance les chances des Sénégalaises dans ce match en choisissant un arbitre asiatique? Jusqu'à hier, on avait encore du mal à comprendre ce système, mais avec le choix de l'arbitre grecque du match de Nigéria-États-Unis et également de l'arbitre espagnol du match Nigéria-France, on comprend mieux pourquoi les équipes africaines étaient déjà destinées à la queue du classement général. Ce samedi, comme si cela ne suffisait pas, FIBA choisi un européen comme arbitre principal du match Nigéria-France. La suite ? On vous laisse imaginer, de nombreuses fautes sur les D'Tigress n'ont pas été sifflées, comme si on renvoyait le même scénario d'hier face aux Américaines. L'entraîneur-chef du Nigéria, Otis Hughley est dépassé et fatigué de crier au scandale depuis son banc. Nous étions impuissants depuis la tribune de presse, assistant une nouvelle fois à un arbitrage à sens unique. 

Très vexés hier après le quart de finale perdu face aux Américaines, le président de la Fédération Nigériane de Basket-ball, l'ingénieur Musa Kida et le ministre des sports du Nigéria n'ont pas caché leur colère en notre présence. Ils ont clairement pointé du doigt la politique de FIBA Monde d'avoir choisi un arbitre grec pour siffler le match face aux USA. Ce qui est le plus choquant, c'est ce que cet arbitre grec n'a pas du tout été impartial, tuant les espoirs des nigérianes dans le deuxieme et troisième quart-temps. "C'est la politique du sport. Je me plains jamais mais cette fois,  je tiens à dire que nos joueuses se sentaient très mal avec les arbitres, ça c'est sûr. Je trouve quand même ça bizarre qu'il y est un arbitre, qui vient d'un pays qu'on vient de battre et qui est l'arbitre grecque. On voit très bien dans le deuxième mi-temps, il y'a eu des coups qu'on a vus, qui étaient mal placés à mon avis. En ce qui me concerne, mes joueuses ont très bien joué, je suis fier d'elles et le Nigéria aussi tient à être vraiment fier de ces filles. D'une manière, je peux dire qu'on a fait des choses historiques. Première chose, c'est la première fois avec le Sénégal qu'on a les pays qui gagnent un match en Coupe du Monde. Et donc pour le Nigéria et pour l'Afrique, c'est là première fois qu'on a un pays africain qui est qualifié pour les quarts de finale d'une Coupe du Monde. Pour nous, le fait d'être déjà en quart de finale, l'Afrique est vachement fière des joueuses Nigérianes", a déclaré Musa Kida à notre micro.

Au delà de ce facteur d'arbitrage, les Nigérianes ont bénéficié de seulement d'un jour de repos, contrairement aux trois jours pour les américaines, là c'est le système de cette Coupe du Monde féminine de FIBA que nous remettons en question, car il avantage clairement les grandes équipes qui pour la plupart du temps sont programmées pour finir premier de leurs groupes. Hormis l'Espagne (pays organisateur), qui a fait le choix délibérément de perdre face à la Belgique pour éviter le tableau des États-Unis, aucune des équipes passées par les barrages n'a atteint les demi-finales à Tenerife. Cela nous pousse vraiment à nous interroger si il faut vraiment maintenir ce système en place ou simplement trouver autre chose qui mettrait toutes les équipes sur le même point d'égalité au niveau des chances de qualification. 

Une chose sûre, l'Afrique d'aujourd'hui est ambitieuse et veut occuper la première place du podium mondial. Souvent défavorisée dans tout sport confondu, cette Afrique n'adhère plus au principe du francais Pierre Coubertin qui disait que : "le plus important aux Jeux olympiques n'est pas de gagner mais de participer, car l'important dans la vie ce n'est point le triomphe mais le combat ; l'essentiel, ce n'est pas d'avoir vaincu mais de s'être bien battu"

Il serait donc souhaitable que les instances du basket mondial revoient leur copie, parce que l'injustice ne peut plus être acceptée. Avant même le début de cette Coupe du Monde féminine de FIBA 2018, les experts de FIBA Monde avaient déjà réservé les dernières places du classement à nos équipes africaines, qui sont le Nigéria et le Sénégal. Aucun de leurs observateurs n'imaginait ces deux pays africains atteindre les barrages encore moins les quarts de finale, mais ils ont été sans doute surpris. Mais fallait t-il coûte que coûte stopper ces deux équipes dans leur parcours historique ? L'Afrique est très fière de ces vaillantes filles, qui ont montré qu'elles sont capables de battre n'importe quelle équipe au monde si les règles du jeu étaient respectées d'une manière équitable. 

L'Afrique est un continent très talentueux et mérite de jouer les premiers rôles sur le plan mondial, mais à force d'être défavorisés, les africains dans leur majorité ont fini par comprendre qu'il existe bel et bien une mafia du sport au service des puissants.

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