Chronique : Quel avenir pour le basketball centrafricain ?

A un moment où la Fédération Centrafricaine de Basketball s'est tourné désespérément vers la naturalisation d'un pivot américain (le troisième américain en date naturalisé centrafricain) pour renforcer son secteur intérieur en vue des Éliminatoires de la Coupe du Monde de FIBA 2019, notre rédaction poursuit sa campagne de détection des jeunes talents en vue d'aider la direction technique nationale à s'engager dans un véritable projet de reconstruction, c'est à dire un renouvellement casi-total de l'effectif, en poussant certains joueurs âgés (dont les rendements font débat) vers la porte de sortie pour laisser enfin la place à la construction d'une équipe jeune, talentueuse et ambitieuse pour garantir un meilleur avenir au basket centrafricain.

Notre souhait a toujours été le même depuis presque huit ans : la reconstruction totale du basket centrafricain. Cette reconstruction doit obligatoirement passer d'une part par l'arrêt immédiat des sorties internationales de l'équipe sénior, qui n'arrive plus à produire un basket attrayant depuis ces six dernières années. De nombreux joueurs ont été sélectionné l'année dernière et encore cette année sans être soumis à une réelle concurrence, ce qui est rare dans le monde du basket surtout pour un pays qui regorge autant de jeunes talents. 

La raison ? Le manque de moyen financier s'est justifiée la direction technique nationale, qui affirme n'avoir pas eu de moyens nécessaires pour faire venir au moins 18 joueurs pour le camp d'entraînement afin de sélectionner les meilleurs pour les compétitions internationales comme les éliminatoires de la coupe du monde 2019.

Depuis huit ans, chaque bureau fédéral a eu droit à des critiques fondés de la part de notre rédaction, aucun bureau n'a été épargné et cela ne changera pas jusqu'à ce les choses bougent enfin dans le bon sens. Au sein de la Fédération Centrafricaine de Basketball, on refuse volontairement de s'engager dans une reconstruction, en avançant comme seul prétexte : "On a pas les moyens financiers pour ". Quand on a reçu jusque là plus de 500 millions de FCFA de la part du gouvernement centrafricain depuis le tournoi de la zone 4 en 2015 jusqu'à ce jour pour des sorties visant à faire de la figuration (les résultats ne mentent pas), et d'un autre côté on dit qu'on a pas les moyens de s'engager vers une reconstruction, on avoue qu'on a du mal à comprendre cette philosophie. 

Il serait préjudiciable que d'ici deux ans maximum, une nouvelle équipe soit construite sous la commande d'une organisation parfaitement structurée où chaque centrafricain compétent, doté d'une bonne moralité et d'un casier judiciaire vierge, devra s'y retrouvé. Le basketball est un sport d'équipe, et il serait temps que ceux qui sont novices dans le monde du basket de haut niveau le comprennent.  

Les joueurs qui ne sont plus performants dans leurs clubs et en équipe nationale doivent passer la main. Même quand on s'appelle Kobe Bryant, la légende des Los Angeles Lakers, quand l'heure de la retraite a sonné, il faut savoir partir la tête haute.

Dès le lendemain de la énième déroute de l'équipe à Dakar pendant l'Afrobasket masculin 2015, nous avons clairement dit ce que nous demandons depuis huit ans aux différents bureaux de la FCBB, que ça ne sert strictement à rien de fonctionner toujours dans une même direction en répétant sans cesse les mêmes erreurs du passé. Il est nécessaire et impératif de reconstruire au niveau national si l'on veut rebondir dans les prochaines années de la plus belle manière. Nous sommes d'accord que l'équipe nationale est une vitrine de la Fédération, mais de quelle vitrine parlons nous ici ? Une vitrine de médiocrité servant à faire de la figuration ? Ou d'une vitrine de l'excellence qui aurait permis à la République Centrafricaine de retrouver sa place d'antan ? Qui ne sait pas que les chances de qualification des Fauves à la Coupe du Monde de FIBA 2019 sont très minces pour ne pas dire de 5%?

Dans un pays où de nombreux habitants sont abandonnés à eux-même, sans eau potable, sans électricité, sans éducation, sans sécurité, sans établissements de soins de santé (des hôpitaux publics sans matériels médicaux adaptés) pour ne citer que ceux là.., on se demande si la médiocrité, la désorganisation et la complaisance ne seraient pas transformés en malédiction ? 

Rassurez-vous, nous sommes toujours dans le sujet. Comme toutes disciplines sportives, le basketball a des valeurs et il est lié directement ou indirectement à la vie sociale de la population car il incarne avant tout le vivre ensemble, l'unité et le bien être. Aujourd'hui, le Sud Soudan qui a connu plusieurs années de guerre, a réussi à créer un élan de solidarité et du développement à travers sa jeunesse par le pratique du basketball. Le pays n'a disputé aucun championnat d'Afrique pour le moment, mais se prépare sérieusement à faire son entrée sur la scène continentale avec un objectif très clair: disputer un jour les Jeux olympiques, plus grande compétition sportive au monde. Ah justement, vous vous êtes posé la question si le Sud Soudan possède déjà une équipe nationale de Basketball ? Le pays ne dispose pas encore d'une équipe nationale de basket, mais sa jeunesse représente déjà la vitrine de ce pays longtemps dévasté par la guerre.

Le Rwanda, un pays modèle dans tous les domaines, joue pourtant avec une équipe nationale de basket jeune dont le seul vétéran est Kenneth Gasana. Derrière cette équipe sénior, la Fédération Rwandaise de Basketball et les autorités du pays ont fait un travail remarquable en mettant en place depuis plusieurs années des structures de formation répondant aux règles de l'art. Ainsi plusieurs catégories des équipes jeunes (filles comme garçons) ont été construites en vue de préparer l'avenir. La Ferwaba s'est aussi engagé dans un processus de détection des jeunes basketteurs binationaux pour qu'ils puissent apporter leur part de contribution au programme. 

Ne soyez donc pas surpris de voir le Rwanda devenir l'un des meilleurs pays africains dans le domaine du basket dans les prochaines années. Cela ne fait aucun doute qu'il serait préférable pour un jeune basketteur d'évoluer dans un championnat national comme celui du rwanda que de se retrouver coïncer dans un championnat de Bangui déserté par le public en raison d'un manque d'engagement politique et financier des responsables (la Fédération et le gouvernement, seul sponsor du sport en Centrafrique).

L'équipe nationale senior n'est pas la seule vitrine d'une fédération, encore moins d'un pays. Par contre quand la jeunesse est placé au centre d'un projet ambitieux, cela peut avoir un impact beaucoup plus important sur le développement du pays et sur le bien être de son peuple. Une équipe nationale qui ne gagne pas, ne peut pas attirer de sponsors surtout dans ce monde très compétitif où toutes les grandes marques ou entreprises sont à la recherche permanente de l'excellence pour améliorer leur image. En gros, personne n'a envie d'être associé à un échec, car si certains se sentent bien dans cet éternel chaos au pays de Barthélemy Boganda, dans lequel être perdant est même salué par une partie de public peu connaisseur, nombreuses sont les fédérations en Afrique qui ont compris l'importance de réaliser de résultats. 

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