Privat Koyamba, pensionnaire de la SEED Academy de Thiès au Sénégal nous parle de sa vie de basketteur

Privat Koyamba, pensionnaire de la SEED Academy de Thiès au Sénégal nous parle de sa vie de basketteur

Après notre visite à l'Académie de la NBA à Saly, située à 80 kilomètres de Dakar, où nous nous sommes entretenu longuement avec le jeune pépite du basket centrafricain Kurt Axel Wegscheider, nous étions aujourd'hui du côté de Thiès, à 70 kilomètres de la capitale sénégalaise pour rencontrer un autre espoir du basket centrafricain Privat Koyamba (20 ans, 1.99 m), pensionnaire de la SEED Academy actuellement en phase de transition. 

Très ému de notre visite, Privat Koyamba, très à l'aise avec le wolof (langue officielle du Sénégal) qu'il parle couramment, s'est transformé en véritable guide touristique pour nous faire visiter les installations de la SEED Academy. 

" Privat est un sénégalais, enfin on aurait pu lui donner la nationalité sénégalaise s'il avait accepté, a déclaré Elvadir Diallo, entraîneur adjoint de la SEED Academy. " Il parle couramment wolof et s'est intégré avec une étonnante facilité. C'est un excellent travailleur. Son amélioration est indéniable et Il progresse chaque jour depuis qu'il est arrivé ici. Il joue dur et nous sommes fiers de l'avoir ici avec nous même si bientôt il sera ailleurs pour de nouvelles aventures ", nous a confié son coach Samba Fall, qui avait travaillé comme stagiaire avec CJ McCollum et les Portland Trail-Blazers en Summer League.

" Privat n'est pas qu'un joueur de basket. C'est un garçon formidable, bien éduqué qui aime le basket et qui aime travailler. Vous pouvez poser la question à n'importe qui, tout le monde vous dira la même chose. C'est un garçon que j'aime bien ", a commenté Moussa Touré, directeur technique de l'Académie. 

Seul centrafricain à avoir réussi à intégrer la SEED Academy, le talent, l'humilité et la discipline de Koyamba ne souffrent d'aucune contestation comme en témoignent ses nombreux encadreurs tous unanime à ce sujet quand nous leur avons posé la question. 

Vers de nouveaux horizons 
Comme pour confirmer bien à demi-mot que ses jours à Thiès sont peut être comptés, Koyamba parle de la SEED Academy au passé: " Ce fut une expérience inoubliable, je suis le premier centrafricain à avoir fait partie de ce programme de formation Sport Études à SEED Academy de Thiès. C'est un honneur et un privilège d'être ici. De nombreux jeunes de ma génération en rêvaient mais n'ont pas eu la chance d'être ici. Je me sens béni d'avoir été ici et même si j'ai déjà terminé mes trois années de formation, je continue de travailler individuellement en attendant une nouvelle opportunité. Il y a de nombreuses pistes mais mon seul objectif c'est de devenir un basketteur professionnel ", nous confie Koyamba, joueur très athlétique capable à la fois d'évoluer aux postes 2-3-4.

Une chose est sûre, avec des jeunes prometteurs comme Privat Koyamba, Kurt Axel Wegscheider et Francky Naguibede qui vient de quitter Brazzaville pour Pennsylvanie aux États-Unis, l'avenir du basket centrafricain pourrait être meilleur. 

Plus d'infos sur la SEED Academy de Thiès avec notre consoeur Syra Sylla

En février 2015, Gorgui Dieng devenait le premier Sénégalais à participer au All-Star Week-end en NBA. Sélectionné pour le Rising Star (Rookie Game pour les intimes), Dieng a représenté haut et fort les couleurs du Sénégal mais surtout de la SEED Academy. Loin de son Kébémer natal, le joueur des Wolves bâtit sa carrière et vit son rêve américain après avoir passé son enfance sur les terrains de sable et dans la salle de basket de Thiès, révélé par les coaches de la SEED Academy.

Reportage : Au coeur de la SEED Academy de Thiès avec Privat Koyamba

Basée à Thiès (Sénégal), la SEED fait partie de ces centres de formation qui mettent un point d’honneur à utiliser le basket-ball comme vecteur d’éducation. Créée officiellement en 2002 par Amadaou Gallo Fall, ancien scout à Dallas, la SEED est aujourd’hui une référence en Afrique et a reçu au fil du temps le soutien de nombreuses instances internationales et firmes, comme notamment NBA Afrique et Nike.

Chaque matin, avant de filer en cours, les élèves de la SEED Academy ont le droit à une session d’entraînement. Et c’est de la même manière qu’ils termineront leur journée. Internat d’élite, la SEED accueille de jeunes basketteurs sénégalais à fort potentiel. Utiliser le sport comme vecteur d’éducation, transmettre des valeurs, donner une chance aux meilleurs de percer en dehors du continent africain mais aussi responsabiliser de jeunes citoyens.
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Mohamed Saër Sène, le précurseur
Gorgui Dieng n’est pas le premier pensionnaire de la SEED Academy à avoir foulé les parquets de NBA. Huit ans plus tôt, Mohamed Saër Sène était drafté par les Seattle Sonics. Après avoir traîné dans les rosters du Thunder puis de New York par la suite, le pivot sénégalais a poursuivi sa carrière en France puis en Espagne. Si la liste des NBAers issus de la SEED Academy est encore succincte, celle des joueurs évoluant en high school et en université Outre-Atlantique est beaucoup plus fournie. Plus d’une centaine de jeunes Sénégalais ont accès au cursus scolaire américain ou ont intégré un centre de formation européen. Et Amadou Gallo Fall, qui a lui-même bénéficié de ce système, s’en réjouit :

« Le basket m’a tout donné. A travers le basket, j’ai pu suivre mes études aux Etats-Unis. J’ai ensuite eu l’opportunité de me retrouver au sein de la NBA, sans pour autant être joueur. Le but est également de montrer aux jeunes qu’il y a plusieurs alternatives dans le sport. Mon propre parcours m’a ouvert les yeux sur le pouvoir du sport. »
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Wilson Chandler, Masaï Ujiri, Boris Diaw…
L'été 2015, la SEED Academy organisait, avec l’aide de la NBA Africa et du programme USAID, la 13e édition de son traditionnel Hoop Forum. En présence de Gorgui Dieng, Wilson Chandler des Denver Nuggets et Masaï Ujiri, GM des Raptors, ou encore Astou N’Diaye, ancienne WNBAer, Amadou Fall et son staff ont offert de précieux conseils aux pensionnaires de la SEED mais également à de nombreux jeunes basketteurs venus de Dakar et alentours pendant deux jours de camp.

« On est dans une dynamique de progression. On essaie d’améliorer le Hoop Forum chaque année en interne. Les jeunes, qui sont passés par là et qui sont aujourd’hui en Amérique mais aussi au Sénégal, reviennent avec leurs amis, leurs familles. On prend de l’ampleur à chaque fois et c’est ce qui nous fait le plus plaisir. »

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