La NBA est de retour : Gros plan sur les 10 équipes à suivre de près

Le début de la nouvelle saison en NBA passe un peu inaperçu, année après année. Du moins, c’est le cas aux États-Unis où le football américain demeure roi dans le cœur de bien des mordus de sport. Rajoutez à ce portrait la reprise des championnats Européens de football, sans oublier l'Euroleague et la saison NFL qui bat son plein et on ne sait plus trop où donner de la tête (un heureux problème pour des gens comme moi!).

Le basket est donc relégué à l’arrière-plan et c’est un peu normal. Mais n’allez quand même pas penser qu’on allait passer tout droit. Les pistes d’intrigue sont encore nombreuses à l’aube de la nouvelle saison (qui débute le mardi 17 octobre) et il me fera plaisir de les explorer avec vous deux fois par mois encore cette année.

Pour mon préambule des activités 2017-2018, j’ai choisi de m’éloigner des prédictions traditionnelles et de vous parler tout simplement des 10 équipes que je surveillerai avec le plus d’intérêt lors des prochains mois. Chacune  pour des raisons très variées…

10) NUGGETS DE DENVER : Un club émergent dont on ne parle pas assez sur la côte Est. Accordons-leur donc l’attention qu’ils méritent le temps d’un paragraphe. N’ayant pas réussis à franchir la barre de ,500 la saison dernière, ils ont tout de même enregistré des victoires convaincantes contre les Cavaliers, les Celtics (deux fois), le Thunder, les Clippers et les Warriors. Ils possèdent un des centres les plus polyvalents et talentueux en Nikola Jokic. Le Serbe d’origine, âgé de 22 ans seulement, est probablement le meilleur passeur à sa position dans tout le circuit. À lui seul, il vaut le prix d’entrée. À ses côtés, Wilson Chandler, Gary Harris, Kenneth Faried, le congolais Emmanuel Mudiay et Mason Plumlee ne donnent pas leur place.

Ensuite, n’oublions pas le jeune espoir canadien de 20 ans, le garde Jamal Murray, qui entamera sa deuxième saison professionnelle au Colorado. Son année recrue fut parsemée de hauts et de bas mais son talent brut est indéniable. Et là où la situation dans les Rocheuses prend une tournure encore plus intrigante en 2017-2018, c’est avec l’arrivée du vétéran Paul Millsap. Il devrait être en mesure de leur donner 18 points par match et une présence impossible à ignorer en attaque lors des fins de matchs serrées. J’aime leur profondeur et leur polyvalence. Je les vois accéder aux séries pour la première fois depuis 2013.

9) LAKERS DE LOS ANGELES : Non, les Lakers n’accéderont pas aux séries cette saison. J’en suis sûr à 98 %. Lavar Ball, le papa cinglé (à ses heures) de Lonzo, tentera de vous convaincre du contraire. Mais il ne fait ça que pour attirer votre attention. Il sait pertinemment que les prodigieux talents de son fils aîné ne suffiront pas pour remporter les 15 matchs de plus qu’il faudra aux Lakers pour penser y arriver par rapport à l’année passée. Fiston semble fin prêt à ensorceler la ligue avec ses passes magiques si on se fie à la ligue d’été et la pré-saison. Simplement pour constater son adaptation et son progrès, je me promets de me coucher tard quelques fois cette saison afin de le voir jouer.

Mais le talent qui entoure Lonzo est encore insuffisant. Brandon Ingram, Julius Randle, Jordan Clarkson et Kyle Kuzma font partie de la solution à long terme alors que Brook Lopez et Kentavious Caldwell-Pope colmateront quelques brèches cette saison. Mais là où ça deviendra drôlement intéressant, c’est l’été prochain. Magic Johnson fera tout en son pouvoir pour convaincre LeBron James et Paul George de migrer vers Hollywood. Il aura l’argent pour le faire. Ça aiderait beaucoup si Ball et Ingram prouvaient leur valeur en tant que futurs acolytes cette saison. Showtime pourrait très bien être de retour à L.A. plus tôt que tard.

8) TIMBERWOLVES DU MINNESOTA : Les Wolves possèdent un trio aux aptitudes offensives qui se compare à celui de n’importe quel autre club de la NBA. À l’exception peut-être des Warriors seulement. Andrew Wiggins, avec un nouveau contrat faramineux de 148 millions de dollars (pour cinq ans) en poche, doit maintenant rentabiliser l’investissement en lui en accédant au niveau suivant. Pour y arriver, le jeune Ontarien doit s’améliorer défensivement et récolter davantage de rebonds. Il possède les outils physiques pour devenir un « all-star ». Il doit maintenant se dévouer à la tâche et travailler plus fort qu’auparavant. À l’école secondaire et à l’Université Kansas, il n’avait qu’à mettre les pieds sur le terrain pour devenir une force irrésistible. Dans la NBA, ce n’est plus suffisant. Il devra travailler d’arrache-pied, ce qu’il n’a jamais eu à faire auparavant.

Mes propos sont peut-être un peu durs envers un jeune homme de 22 ans seulement, mais je fais partie de ceux qui souhaitent le voir développer son plein potentiel une fois pour toutes. Au bénéfice de sa carrière pro et celui de l’équipe canadienne également. Car il aura enfin les joueurs de talent autour de lui pour aider Minnesota à accéder aux séries. Ce serait une première pour les T-Wolves depuis 2004! Karl-Anthony Towns, à peine âgé de 21 ans, est déjà un de mes joueurs préférés dans le circuit Silver. Si son éthique de travail et sa combativité soir après soir pouvaient se mettre en banque, Tom Thibodeau en donnerait un peu à Wiggins et son club deviendrait ultra-dangereux. En rajoutant à eux cette saison l’excellent Jimmy Butler sur l’aile et le sous-estimé Jeff Teague comme meneur de jeu, la banque d’excuses est maintenant à sec. Les Wolves doivent au minimum accéder aux séries dans l’Ouest. Un autre échec serait difficile à essuyer.

7) 76ers DE PHILADELPHIE : Vous connaissez « The Process »? Il s’agit du nom donné au « processus » de reconstruction entamé à Philadelphie en 2013 alors que les Sixers étaient en sérieuse perte de vitesse. L’équipe est rapidement devenue la risée de la ligue en acceptant de façon assumée de perdre le plus grand nombre de matchs afin d’accumuler le plus grand nombre de bons choix au repêchage. Une stratégie audacieuse, qui n’offrait aucune garantie de succès au bout du compte, car les choix en question, dans le top-5, il fallait quand même les transformer en or en effectuant de bonnes sélections. Les résultats furent mitigés au départ, alors que Nerlens Noel, Joel Embiid et Ben Simmons ratèrent tous leur première saison dans le circuit en raison d’une opération majeure.

Après des récoltes pathétiques de 19, 18 et 10 victoires entre 2013 et 2016, les Sixers sont enfin sur la pente ascendante. Le charismatique Camerounais Embiid, quand il arrive à garder la santé, est un des joueurs les plus talentueux et polarisants de sa génération. Simmons fera enfin ses débuts cette saison et son arsenal offensif semble plutôt unique. Markelle Fultz, choisi au tout premier rang cet été, devrait apporter une facette manquante autour du périmètre. Robert Covington et Dario Saric seront des morceaux essentiels au casse-tête. Et j’aime beaucoup aussi l’acquisition du franc-tireur JJ Redick en tant que joueur autonome cet été. Il apportera du leadership et une éthique de travail que le jeune noyau appréciera énormément. J’entrevois une place en séries à Philadelphie pour la première fois depuis 2012.

6) RAPTORS DE TORONTO : Je ne sais pas trop quoi penser des Raptors à l’aube de cette nouvelle saison. D’une part, j’admire la stabilité instaurée par le régime de Masai Ujiri depuis quelques années ainsi que la volonté des propriétaires de dépenser l’argent nécessaire pour garder le noyau intact. La preuve : les contrats à long terme octroyés à Kyle Lowry (100 millions), Serge Ibaka (65 millions) et Norman Powell (42 millions) au cours des derniers mois. Laisser partir Lowry sans rien obtenir en retour aurait été catastrophique cette saison, alors que Powell et Ibaka joueront aussi des rôles de premier plan. Je ne peux toutefois pas me proclamer excité à l’idée de voir jusqu’où les Raps pourront aller en 2017-2018.

J’ai l’impression que la courbe de progression a peut-être atteint son apogée. On rajoute peu de sang neuf de premier plan au groupe depuis deux ans. Jonas Valanciunas semble en baisse alors que son style de jeu classique dans la clé vieillit très mal dans la NBA des temps modernes. À 31 ans, mesurant à peine 6 pieds, Lowry ne s’améliorera plus à mon avis. Même son de cloche pour le grand Serge. Reste donc l’explosif Demar DeRozan, qui devra en prendre encore plus sur ses épaules. Toronto accédera aux séries. Soyons clairs à ce sujet. Probablement dans le top-5 ou 6. Mais j’ai la nette impression que le mouvement « We the North » fait un peu de surplace alors que des clubs comme les Celtics, les Bucks et les Sixers sont prêts à faire un autre pas vers l’avant dans l’Est.

5) ROCKETS DE HOUSTON : L’édition 2016-2017 des Rockets de Houston s’est avérée une histoire parmi les plus inattendues et excitantes dans la NBA. L’entraîneur-chef Mike D’Antoni a réussi à convaincre ses joueurs d’embarquer à 100 % dans son système de jeu de prédilection. Une philosophie ultra-offensive où les nombreux tirs de trois points sont à l’honneur. Pour y arriver, il devait dénicher le meneur de jeu idéal. Comble de hasard, ce joueur se trouvait déjà à Houston. Son nom : James Harden. Suffisait de reprogrammer son disque dur et le tour était joué. À 27 ans, Harden a connu la meilleure saison de sa carrière et les Rockets ont remporté 55 matchs et une ronde de séries. Avec tout ceci en tête, j’ai été surpris d’apprendre l’échange envoyant le garde Chris Paul au Texas durant l’été.

À 32 ans, Paul a encore quelques années de bon basket dans le corps. Mais son arrivée force assurément une redéfinition des tâches qui pourrait être ardue pour toutes les parties impliquées. Paul a besoin du ballon dans les mains souvent pour être efficace. Mais c’est également le cas pour Harden dans le système établi par D’Antoni. Ce n’est jamais une mauvaise chose d’accumuler les joueurs de premier plan et de déterminer par la suite comment les faire coexister. Mais ça ne finit pas toujours par s’arranger et c’est pour ça que j’aurai les yeux rivés sur les Rockets en début de saison. À noter aussi : Chris Paul a participé aux séries à neuf reprises en carrière sans jamais franchir le deuxième tour. Pas une seule fois. Il devra y arriver à Houston pour faire taire les sceptiques (comme moi) à son endroit.

4) CELTICS DE BOSTON : Une chose est claire… être partisan des Celtics depuis quelques années n’est pas ennuyant. Le DG des hommes en vert, Danny Ainge, nous réserve systématiquement quelques tours dans son chapeau. Cet été, il aura sorti trois lapins de marque de son sac. D’abord, il a choisi d’échanger le tout premier choix au repêchage aux Sixers en retour de la 3e sélection et de quelques choix additionnels. Une décision qui sera longtemps critiquée si jamais Markelle Fultz (que bien des partisans voyaient dans leur soupe à Boston) connaît une meilleure carrière que Jayson Tatum (pris au 3e rang). Ensuite, Ainge et ses complices ont réussi à convaincre Gordon Hayward de quitter l’Utah pour s’amener dans l’Est. Un joueur taillé sur mesure pour le système offensif mis en place par Brad Stevens. Ce sont d’ailleurs les liens tissés entre Hayward et Stevens à l’Université Butler il y a plusieurs années qui auront servi d’argument de vente suprême. Et finalement, alors qu’une transaction entre rivaux apparaissait plutôt improbable, Boston faisait l’acquisition de Kyrie Irving de Cleveland le 22 août dernier. Isaiah Thomas, Jae Crowder, Ante Zizic et un (excellent) choix de première ronde étaient le prix à payer pour y arriver.

Je suis de l’avis que Boston a pris une bonne décision en effectuant cet échange. Oui, le prix à payer était relativement élevé, et idéalement, le choix de premier tour (appartenant aux Nets à l’origine) n’aurait pas fait partie de la transaction. Mais l’état de santé d’Isaiah Thomas en inquiète encore plusieurs et les Cavs n’auraient pas tiré sur la gâchette n’eût été ce choix au repêchage. Les Celtics ont ainsi fait l’acquisition d’un dynamo offensif de 25 ans dont les meilleures années sont encore à venir. Irving devra maintenant prouver qu’il peut sortir de l’ombre au King et battre de ses propres ailes en tant que leader sur un club aspirant au titre. Je crois qu’il peut y arriver, même si le noyau de joueurs l’entourant n’est probablement pas encore assez solide pour soulever le trophée.

3) THUNDER D’OKLAHOMA CITY : Parmi les scénarios anticipés de l’été, celui-ci n’en faisait assurément pas partie. Je suis encore abasourdi de voir ce qu’a réussi à accomplir le DG du Thunder, Sam Presti, lors des derniers mois. D’abord, alors que la majorité des experts croyaient que les Pacers de l’Indiana allaient exaucer le vœu de Paul George en l’échangeant à son club de cœur, les Lakers, Presti réussit le subterfuge de l’année en obtenant George contre Victor Oladipo et Domantas Sabonis. Oui, je vous entends me rappeler que George sera joueur autonome à la fin de la saison et que les chances de le garder à long terme dans le Midwest sont faibles. Mais dans le pire des cas, une saison de PG-13 n’aura coûté que deux joueurs au potentiel limité dont un (Oladipo) dispose d’un mauvais contrat à long terme trop dispendieux. Dans le meilleur des cas, George se laissera charmer par la campagne de séduction (déjà entamée) du club et de ses partisans affamés et choisira de rester quelques saisons de plus.

Ensuite, Presti aura réussi à convaincre Russell Westbrook (et son talent extraterrestre) de prolonger de cinq saisons son séjour à OKC. Et finalement, comme tour de magie suprême, Presti en viendra à une entente avec les pauvres Knicks de New York pour faire l’acquisition de Carmelo Anthony en retour d’une bouchée de pain. Soudainement, Westbrook obtient les complices offensifs qui lui manquaient l’an dernier et le Thunder devra être pris au sérieux par tout le monde. Warriors inclus.

2) CAVALIERS DE CLEVELAND : Est-ce le début de la fin pour les Cavs tels qu’on les connaît? Personnellement, je crois que oui. LeBron James et ses agents semblent avoir mis tous les morceaux en place pour préparer sa sortie de Cleveland à la fin de la présente saison alors qu’il accédera une fois de plus à l’autonomie complète. Si j’avais à mettre un petit deux présentement, je l’entrevois dans l’uniforme doré des Lakers dans 12 petits mois. Entre-temps, les Cavs demeurent la menace principale dans l’Est pour rejoindre les Warriors en grande finale pour une quatrième saison consécutive.

Même s’il a 14 saisons et près de 1300 matchs dans les jambes, le King ne semble pas sur le point de ralentir. Le groupe de soutien à ses côtés demeure suffisamment solide pour l’aider dans sa quête une saison de plus. Ceci étant dit, les points d’interrogation sont nombreux. Isaiah Thomas reviendra-t-il à 100 % à un moment ou un autre cette saison? C’est loin d’être certain vu l’état de sa hanche surtaxée à Boston en 2017. Entre-temps, Kevin Love est-il encore capable de revenir au niveau offensif qu’il démontrait jadis au Minnesota? Si on se fie sur les deux dernières saisons, j’en doute. Mais avec le départ de Kyrie et la blessure à IT, l’apport de Love devient primordial. Partisans des Cavs, profitez pleinement de la saison à venir car les aurevoirs semblent se pointer à l’horizon.

1) WARRIORS DE GOLDEN STATE : Vous pensiez que j’allais vous parler de qui au premier rang? Des Knicks? Pour une deuxième saison de suite, le scénario nous apparaît écrit d’avance quant au futur champion du circuit Silver. Si vous faites partie du 1 % qui croit que les Warriors seront détrônés en 2018, je salue votre audace. Ça prendrait une blessure majeure à Kevin Durant ou Stephen Curry pour me faire songer à embarquer dans votre clan. Non seulement les champions en titre devraient répéter l’expérience sans énorme difficulté, mais je crois qu’ils y arriveront avec encore plus de brio et de panache que la saison dernière. Pourquoi? Steph Curry a maintenant la quiétude d’un contrat à long terme en poche. 

KD a tellement apprécié son expérience jusqu’à présent en Californie qu’il a accepté moins de sous que prévu pour revenir, s’assurant que le noyau de soutien demeurerait fort. Sans oublier que la période d’adaptation entre Durant et ses nouveaux coéquipiers est maintenant chose du passé. Les quatre vedettes du club sont toutes âgées entre 27 et 29 ans et acceptent à 100 % leurs rôles respectifs. Rajoutez à ça quelques nouveaux coéquipiers utiles (Nick Young et Jordan Bell en particulier) et attendez-vous à des flammèches. Une autre saison de 70 victoires pour les hommes de Steve Kerr n’est pas hors de question. Comme je paierais cher pour être dans les souliers du Québécois Chris Boucher cette saison. Le Montréalais d’origine, à ses premières armes chez les pros, sera payé pour être aux premières loges, soir après soir, des prouesses de la « Superteam » des temps modernes dans la NBA!

Sur ce, fans de basket, je vous souhaite une excellente saison 2017-2018!

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