Privat Koyamba (19 ans, 1.99 m) et Axel Wegsheider (17 ans, 1.94 m)

Privat Koyamba (19 ans, 1.99 m) et Axel Wegsheider (17 ans, 1.94 m)

La République Centrafricaine ne manque pas de jeunes basketteurs talentueux, que ce soit sur le continent ou encore en dehors, pourtant la Fédération nationale du pays n'hésite pas à faire l'impasse sur cette jeunesse au détriment des joueurs déjà âgés dont la moyenne d'âge dépasserait une trentaine d'années. 

Depuis ses deux titres de champion d'Afrique remportés notamment en 1974 et 1987, la République Centrafricaine traverse un long passage à vide, marqué par de nombreux piètres résultats au championnat d'Afrique, et malgré ce déclin et cette descente aux enfers, les dirigeants de la FCBB, continuent de manoeuvrer dans la même direction sans se remettre en question. Cette année encore, alors que l'on critiquait en début du tournoi de la zone 4 les choix de projets à cours terme d'une Fédération faisant preuve d'une incompétence notoire, l'histoire semble se répéter. 

On prend les mêmes et on recommence 

Malgré nos signaux d'alarme concernant les dernières prestations décevantes de l'équipe à l'Afrobasket 2013, 2015 et au tournoi de la zone 4 organisé à Bangui, la Fédération Centrafricaine de Basketball Basketball a choisit de travailler dans la continuité en misant sur une équipe assez vieille et qui n'a jusque là produit aucun meilleur résultat au championnat d'Afrique. Cette année, l'on pensait que le pays allait tourner le dos à ce passé peu glorieux, en présentant l'équipe la plus jeune de cet Afrobasket 2017 avec un mélange de l'expérience et de la jeunesse, une équipe serait bâti au tour de nombreux jeunes talentueux comme Privat Koyamba (19 ans, 1.99 m) et Axel Wegsheider (17 ans, 1.94 m) pour ne citer que ceux là... Sachant que ces jeunes pouvaient être dirigés par des anciens comme le capitaine Max Kouguere, Jimmy Djimrabaye, Eddy Ngoy, Destin Damachoua, Johan Grebongo et Michael Mokongo pour faciliter la transition.

Philippe Djada, le rescapé d'une génération des U16 sacrifiée

L'on se souvient notamment en 2009, le pays avait présenté une équipe jeune pour prendre part au championnat d'Afrique des U16 à Maputo au Mozambique. Cette équipe même si elle avait terminé la compétition à la 6e place derrière l'Angola, elle avait démontré que le pays pouvait compter sur elle dans un futur proche. C'est tout le contraire qui s'est produit avec une nouvelle génération sacrifiée dont Freddy Indrise Fanamby, troisième meilleur marqueur du tournoi avec 17,3 points par match sans oublier Amadou Sissoko.

Privat Koyamba, capable d'évoluer à la fois aux postes 3-4, est un ancien champion de la ligue de Bangui avec le club Newtech et ressortissant de la célèbre SEED élite Académie de Thies à Dakar, compte à lui seul déjà deux invitations à la NBA Without Borders Africa Camp en Afrique du Sud (2014 et 2015).

C'est également le cas d'Axel Wegsheider, considéré comme étant l'un des meilleurs meneurs de sa génération sur le continent. MVP du camp NBA en Australie et de la NBA Without Borders Africa Camp cette année à Johannesburg en Afrique du Sud, Wegsheider a déjà mis tous les observateurs d'accord, sauf chez lui en République Centrafricaine où l'on attend encore de le voir grandir un peu plus pour faire sa première apparition avec les Fauves. Un choix étonnant, quand on sait que de nombreuses sélections qualifiées à l'Afrobasket 2017 vont se présenter avec des jeunes. C'est notamment le cas de l'Angola et de la Tunisie avec trois jeunes de la promotion de Privat Koyamba.

Axel Weigsheider et Privat Koyamba font partie de bon nombre de jeunes talentueux comme Freddy Indrise Fanamby, Baigo Dann, Daniel Wazoua (Sénégal),  Pentelic Kokonendji (Ghana), Francky Naguibede (16 ans, 2.00 m) mis de côté par la Fédération Centrafricaine de Basketball. Ces nombreux jeunes délaissés finiront t-ils un jour par jouer pour d'autres nations de basket africain ou européen ? Une chose est sûre, l'avenir du basket centrafricain sera meilleur si les dirigeants décident enfin de donner la chance aux jeunes qui ne manquent pourtant pas de talents à faire valoir. Sinon, les fans centrafricains pourront dire définitivement adieux au "Yassitoungou" (trophée du championnat d'Afrique).

La France, une destination à déconseiller fortement aux jeunes pépites 

Ce n'est pas un secret, la France est le pays dans lequel on retrouve de nombreux basketteurs centrafricains qui pour la plupart ne parviennent pas à intégrer des clubs professionnels et à avoir une carrière au haut niveau européen ou américain. Ces nombreux jeunes basketteurs centrafricains choisissent la France dans l'espoir d'avoir une meilleure carrière, mais une fois arrivés dans l'hexagone, ils sont confrontés à des difficultés administratives, et finissent par évoluer en 4ème division pour la plupart d'entre eux. Ce choix hypothèque non seulement leur carrière mais détruit également au passage l'avenir du basket centrafricain. Ainsi depuis deux décennies, l'on a vu de nombreux jeunes talentueux arrivés en France, mais rare sont ceux qui ont réussi à intégrer une équipe professionnelle. Nous pouvons citer là de nombreux exemples comme les défunts Stéphane Larma et Christian Malibangar sans oublier Donatien Laguerre, Alban Ludovic Moundy, Guy Kodjo, Davy Kpossa, Johan Grebongo, Igor Yarisse, Patrick Doubro, Alban Yabanda, Martial Gotagni et Amadou Sissoko pour citer que ceux là..

Un manque de professionnalisme et de projets ambitieux  qui pourraient coûter très cher au basket centrafricain 

Justement, l'une des raisons qui poussent ces jeunes à prendre le chemin de la France, est le manque de projets ambitieux des dirigeants du Basketball centrafricain qui brillent souvent par leur incapacité à tisser des partenariats avec des clubs professionnels espagnols ou des High school et universités de renommée aux États-Unis. Pendant que l'on continue de dormir dans un sommeil profond en République Centrafricaine, de nombreux pays africains comme le Sénégal, le Mali, le Cameroun, le Gabon, la RDC, le Congo Brazzaville, la Tunisie et l'Angola sont entrain de passer à la vitesse supérieure, en misant sur la jeunesse pour préparer l'avenir.

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