Afrobasket masculin J-30 : les équipes Africaines encore confrontées aux assurances de la NBA

Pour un problème d'assurance, Salah Mejri  n'a toujours pas pris part à un match de préparation de la Tunisie pour L'Afrobasket 2017 qui se déroulera à Dakar et à Tunis du 8 au 16 septembre. C'est également le cas pour toutes les stars africaines évoluant en NBA comme le sénégalais Gorgui Dieng, les camerounais Luc Mbah A Moute, Pascal Siakam, le nigérian Al-Farouq Aminu et les congolais Bismack Biyombo et Emmanuel Mudiay pour ne citer que ceux là...

Une situation loin d'être inhabituelle

Pour son match de préparation à l'Afrobasket 2017, l'équipe nationale Tunisienne s'est inclinée logiquement mardi soir face à l'Espagne (45-71). Une rencontre qui s'est une nouvelle fois disputée sans le pivot des Dallas Mavericks Salah Mejri, qui rejoindra le groupe seulement après le 15 août, date de sa visite médicale en Allemagne.  Le joueur de 31 ans n'est pourtant pas blessé, suspendu ou à court de forme. En réalité, il est empêché de jouer dans l'attente d'une validation administrative concernant l'assurance de son contrat avec les Dallas Mavericks. Ce problème est si récurrent dans ce sport qu'il en est presque un marronnier d'été. Il suffit de retracer la carrière internationale du français d'origine sénégalaise Boris Diaw pour s'en rendre compte.

À l'occasion de l'Euro 2007, lui, ses sponsors et la Fédération avaient dû payer un demi-million d'euros de prime d'assurance pour que Phoenix le laisse évoluer sous le maillot bleu. Il n'avait pas réussi en revanche à régler ces mêmes problèmes lors des qualifications aux Championnats d'Europe 2009.

 Une autorisation pour jouer en sélection

En fait, il se trouve que les joueurs et les sélections nationales sont à la merci des franchises américaines de la NBA et de leurs assureurs. Il faut dire que les acteurs de la plus prestigieuse ligue de basket au monde font tout pour préserver le spectacle et, surtout, les centaines de millions de dollars en jeu. Les contrats signés en NBA vont donc évidemment dans ce sens.

Assurés sur l'ensemble des matches de la saison mais aussi sur la totalité de la durée de leur contrat, les joueurs sont en principe sûrs de toucher leur dû. Le nouveau bail de Bismack Biyombo signé l'été 2016 avec l'Orlando Magic lui garantit ainsi 70 millions de dollars sur les quatre saisons.

Afrobasket masculin J-30 : les équipes Africaines encore confrontées aux assurances de la NBA

En contrepartie, les joueurs sont soumis à des clauses strictes leur interdisant par exemple de pratiquer leur sport favori ailleurs que pour le compte de leur club. Et pour jouer avec sa sélection nationale, une autorisation doit être délivrée par le club et la NBA. Il faut cependant que des garanties d'assurances complémentaires soient signées et payées par le joueur et sa fédération nationale afin de dédommager la franchise américaine pour le temps passé sur les parquets avec la sélection et également couvrir les risques de blessures. Les basketteurs de la NBA qui sont sans contrat et en statut de «free agent» (agent libre) doivent également être assurés en vue d'une éventuelle signature avec un nouveau club.

Un budget pour les fédérations nationales

Mais ces feux verts ne sont pas toujours accordés, comme le montre le récent exemple de Manu Ginobili. L'arrière des Spurs, qui souffre d'une fracture de fatigue au péroné, n'a pas obtenu la possibilité de rejoindre l'Argentine pour la Coupe du Monde 2014 en Espagne. Les mêmes Spurs qui, en 2009, avaient obligé Tony Parker à rater un match des Bleus pour aller faire constater une blessure à San Antonio. Alors qu'au football, à titre de comparaison, les clubs sont tenus de laisser leurs vedettes à disposition des sélections lors des rassemblements officiels organisés aux dates prévues par la Fifa. Du coup, à chaque compétition internationale, les différentes Fédérations nationales africaines de basket comme toutes les autres fédérations nationales au monde, doivent négocier pour leurs expatriés et prévoir un certain budget. Par exemple, en 2011, dans un contexte encore plus complexe à cause du lock-out de la NBA, la FFBB s'était heurtée à une facture de 1,5 million d'euros pour les joueurs qu'elle voulait convoquer à l'Euro alors que son budget était de 22 M€. Elle avait alors soumis à la Fiba, l'instance internationale du basket, l'idée d'une mutualisation des contrats d'assurance des joueurs européens par une seule et même compagnie. Grâce à cela, la FFBB avait finalement déboursé 450.000€ pour pouvoir jouer, entre autres, avec Noah, Parker et Diaw…

Voilà ce que les Fédérations nationales africaines devraient faire rapidement pour permettre à leurs différentes stars NBA de rejoindre leurs équipes respectives. Car la présence de ces nombreuses stars apportent plus de visibilité à la compétition et renforce ainsi le niveau de la concurrence. 

Romain Sato, champion d'Espagne 2017 avec Valencia Basket

Romain Sato, champion d'Espagne 2017 avec Valencia Basket

Une casse tête également pour certains calibres évoluant en Europe

Il faut savoir que les joueurs évoluant en NBA ne sont pas les seuls dans cette situation, car des joueurs évoluant au haut niveau en Europe (Euroleague et Eurocup) comme la star centrafricaine de Valencia Basket Romain Sato sont dans le même cas. Pour permettre à Sato de jouer avec la sélection nationale centrafricaine, la fédération de son pays doit effectuer les démarches nécessaires auprès de son club espagnol et garantir également de frais d'assurances en cas où il venait à se blesser durant sa présence en équipe nationale. Une fois que l'assurance est payée par la fédération, la copie de celle-ci doit être envoyée dans un bref délai auprès de son club afin de valider sa libération.

Voilà une petite casse tête que certaines Fédérations nationales africaines ont du mal à résoudre pour la plupart du temps par manque de professionnalisme de certains dirigeants. Espérant que l'histoire ne va pas se repérer car tous les africains veulent voir des stars en septembre prochain à Dakar et à Tunis pour cette grande fête du basketball continental. 

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